- BÉNÉFICES DES SOCIÉTÉS EN 2009 OU POUR L’ANNÉE FISCALE LA PLUS RÉCENTE
- Banque Royale du Canada 3,858 milliards $ - - - - Banque de Nouvelle-Écosse 3,547 milliards - - - - $ La Banque Toronto-Dominion 3,120 milliards $ - - - - Research In Motion Ltd. 2,731 milliards $ - - - - EnCana Corp. 2,124 milliards $ - - - - Canadian National Railway Co. 1,854 milliard $ - - - - Teck Resources Ltd. 1,831 milliard $ - - - - Banque de Montréal 1,787 milliard $ - - - - BCE Inc. 1,738 milliard $ - - - - Great-West Lifeco Inc. 1,699 milliard $ - - - - Canadian Natural Resources Ltd. 1,580 milliard $ - - - - Compagnie Pétrolière Impériale Ltée 1,579 milliard $ - - - - Enbridge Inc. 1,562 milliard $ - - - - Rogers Communications Inc. 1,478 milliard $ - - - - Power Financial Corp. 1,439 milliard $ - - - - Husky Energy Inc. 1,416 milliard $ - - - - Financière Manuvie 1,402 milliard $ - - - - TransCanada Corp. 1,380 milliard $ - - - - Banque Canadienne Impériale de Commerce 1,174 milliard $ - - - - Suncor Energy Inc. 1,146 milliard $ - - - - Potash Corp. of Saskatchewan Inc. 1,127 milliard $ - - - - Cameco Corp. 1,099 milliard $ - - - - George Weston Ltd. 1,035 milliard $ - - - - TELUS Corp. 998 millions $ - - - - Fairfax Financial Holdings Ltd. 977 millions $ - - - - Thomson Reuters Corp. 963 millions $ - - - - Banque Nationale du Canada 854 millions $ - - - - Bombardier Inc. 786 millions $ - - - - Power Corp. of Canada 682 millions $
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« Avez-vous déjà fait
votre don pour gonfler les bénéfices des sociétés ? »
Foire aux questions sur le
projet de gel salarial du gouvernement de l’Ontario pour les travailleurs de la
fonction publique
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1.
Qu'est-ce qu'un gel des salaires?
Un gel
des salaires ou gel salarial résulte du refus d'un employeur d'accorder des
augmentations salariales à ses employés.
2.
Les salaires restent-ils au même niveau après un gel des salaires?
En
situation de gel salarial, un travailleur qui gagne (disons) 22 $ de l'heure
pourrait continuer de gagner 22 $ de l'heure pendant une période de plusieurs
années. Toutefois, avec l'inflation, son pouvoir d'achat diminuerait. Ainsi, en
réalité, un gel salarial est une réduction de salaire égale au taux d'inflation.
3.
Quel est le taux d'inflation actuel?
L'inflation varie de mois en mois et d'une province à l'autre, mais conformément
aux politiques de la Banque du Canada, le taux d'inflation ne devrait pas
dépasser deux pour cent par année. L'inflation est restée stable aux alentours
de deux pour cent au Canada pendant de nombreuses années.
4.
Quand le gouvernement de l'Ontario a-t-il annoncé qu'il envisageait d'introduire
un gel des salaires?
Le
projet de gel salarial a été annoncé par le ministre des Finances, Dwight
Duncan, le jour du dépôt du budget, le 25 mars 2010.
5.
Quels milieux de travail sont touchés par le projet de gel salarial du
gouvernement?
La
politique de gel salarial du gouvernement couvre la Fonction publique de
l'Ontario, tous les organismes de la Couronne et entités couvertes par les
paiements de transfert, comme les hôpitaux, les conseils scolaires, les
commissions d'hygiène (y compris les commissions d'hygiène municipales), les
collèges, les universités, les organismes qui offrent des services spécialisés
aux personnes ayant une déficience intellectuelle, Hydro One, Ontario Power
Generation, toutes les maisons de soins de longue durée (à but lucratif, sans
but lucratif et dirigées par la municipalité) et d'autres organismes, conseils
et commissions provinciaux.
6.
Est-ce que le gel salarial touche les travailleurs municipaux?
La
législation provinciale qui couvre les travailleurs non syndiqués n'affecte pas
les travailleurs municipaux. Pour ce qui est des travailleurs syndiqués, la
province n'a pas exigé des municipalités qu'elles imposent un gel des salaires.
7.
Comment le gel salarial fonctionne-t-il?
De deux
façons : les travailleurs non syndiqués sont couverts par le projet de loi 16,
qui interdit aux employeurs de hausser la rémunération de leurs employés pendant
deux ans, soit entre le 25 mars 2010 et le mois d'avril 2012. Les travailleurs
syndiqués peuvent encore négocier, mais le gouvernement dit que les employeurs
de la fonction publique provinciale ne recevront pas d'argent pour les hausses
de rémunération des deux premières années de leur prochaine convention
collective.
7.
Qu'est-ce que le gouvernement veut dire par « restriction salariale »? Le gel
salarial ne s'applique-t-il qu'aux salaires?
« Restriction salariale » est un terme que le gouvernement utilise pour décrire
le gel des salaires et ce qu'il couvre. Ce terme implique que le gel salarial va
au-delà des salaires, affectant aussi les améliorations au niveau des pensions,
des prestations et des autres articles négociés qui ne font pas partie des
salaires. Toutefois, le gouvernement a indiqué que les coûts qui augmentent pour
garder une prestation particulière au même niveau ne seront pas limités par le
gel salarial.
8.
Quels travailleurs non syndiqués sont couverts par la loi sur le gel des
salaires?
La loi
couvre tous les travailleurs non syndiqués payés par la province, soit environ
250 000 personnes en Ontario. Elle couvre les travailleurs de première ligne,
ainsi que les cadres à tous les niveaux.
9.
J'ai entendu dire qu'un grand nombre de dirigeants, comme les PDG d'hôpitaux,
continueront de recevoir des primes selon le rendement, en dépit du gel
salarial. Est-ce vrai?
Oui,
c'est vrai. Le gouvernement explique cette décision en disant que ces personnes
ont un contrat qui inclut de telles primes et, par conséquent, les PDG et autres
dirigeants ont droit à ces primes lorsque leur rendement le justifie.
10.
Comment fonctionne le gel des salaires pour le personnel syndiqué?
Le
gouvernement a dit qu'il respecterait les conventions collectives actuellement
en vigueur. Aux dires du gouvernement, on continuera de négocier de nouveaux
contrats. Toutefois, on rappellera à tous les employeurs qu'aucun fonds
supplémentaire ne sera versé pour les hausses de rémunération des deux premières
années de toute nouvelle convention collective.
11.
Pourquoi négocier alors?
Les
employeurs sont de tous temps entrés dans les négociations en disant que les
« réserves étaient vides », mais ce n'est pas parce qu'ils le disent qu'il est
impossible de négocier de meilleurs salaires ou autres conditions de travail.
Les gouvernements, comme les employeurs, répondent aux changements observés au
niveau des attitudes du public, du paysage politique et d'autres facteurs, et
les travailleurs sont capables d'influencer ces variables. En outre, certaines
dispositions du contrat peuvent être très avantageuses pour les travailleurs
sans comporter de coût direct important pour l'employeur, comme par exemple les
protections contre la violence en milieu de travail.
12.
Admettons qu'une convention collective permette à un groupe de travailleurs de
monter dans la grille de salaires, et que celle-ci reste en place, pourront-ils
monter dans la grille de salaires même si le contrat suivant inclut deux années
sans hausse de rémunération?
Oui, le
gouvernement dit qu'ils pourront.
13.
Qu'advient-il de l'équité salariale?
L'équité salariale est protégée en vertu de sa propre législation et par la
Charte des droits et libertés. Selon la politique du gouvernement, le gel des
salaires ne s'applique pas aux règlements de parité salariale.
14.
De nombreuses conventions collectives sont établies par une décision arbitrale,
et plus particulièrement dans les secteurs où les travailleurs ne sont pas
légalement autorisés à tomber en grève. Qu'est-ce que le gouvernement a dit à
propos de l'arbitrage?
Selon
la législation dans un secteur particulier, l'arbitrage se produit
habituellement lorsqu'une des parties le demande. Le gouvernement a demandé que
les employeurs et les syndicats cessent d'envoyer les questions de négociation
non résolues à l'arbitrage pendant qu'il consulte avec les deux parties à propos
du gel des salaires (voir ci-dessous l'information sur la consultation).
15.
Est-ce que les employeurs et les syndicats ont cessé d'envoyer les questions de
négociation non résolues à l'arbitrage?
Certains employeurs ont demandé de suspendre l'arbitrage des questions non
résolues. Le SEFPO a continué d'envoyer ses questions à l'arbitrage, comme il
l'a fait jusqu'à présent.
16.
Les arbitres devraient se faire les juges indépendants de ce qui est juste et
équitable. Le gouvernement peut-il forcer un arbitre à imposer un gel salarial
dans une convention collective particulière?
Pas
sans compromettre l'indépendance de l'arbitre. C'est un problème compliqué pour
le gouvernement parce que les arbitres risquent d'ignorer le gel salarial dans
leurs délibérations et d'accorder des règlements salariaux supérieurs à zéro,
voire même supérieurs au taux d'inflation.
17.
Qu'arrive-t-il après les deux ans de gel salarial?
Selon
le plan financier du gouvernement, les dépenses continueront d'être limitées
entre l'année budgétaire 2012-2013 et 2016-2017, après quoi, le déficit
budgétaire devrait être éliminé. Le gouvernement a dit que les dépenses seraient
limitées à 1,9 pour cent par année, ce qui est actuellement inférieur au taux
d'inflation et le sera sans doute encore par la suite. Ce chiffre de 1,9 pour
cent ne tient pas compte de la croissance démographique, qui est typiquement de
1,2 pour cent par année. Si le plan du gouvernement se déroule comme prévu, les
Ontariens verront une réduction des services publics ou des salaires réduits du
taux d'inflation dans un avenir prévisible. Bien entendu, il reste encore du
temps jusqu'à 2017. Bien des choses peuvent – et vont – changer.
18.
Les syndicats peuvent-ils négocier des augmentations rétroactives après le gel
salarial de deux ans?
Le
gouvernement dit que ça irait à l'encontre du but recherché, qui est
(apparemment) d'entraîner une réduction permanente des taux de salaire dans
l'ensemble du secteur public de l'Ontario.
19.
Qu'entend-on par gel salarial « permanent »?
Imaginez qu'une travailleuse qui gagne 50 000 $ par année reçoive une hausse de
rémunération annuelle égale au taux d'inflation (actuellement de 2 pour cent)
pendant cinq ans de suite. Bien que le chiffre sur son chèque de paie
augmentera de deux pour cent chaque année, son pouvoir d’achat réel restera
exactement le même. (Ce sera toujours 50 000 $ aux termes des dollars de cette
année.) Maintenant, imaginez que la même travailleuse ne reçoive pas
d'augmentation salariale pendant deux ans, puis suivis de trois ans
d’augmentation salariale équivalant au taux d’inflation. Pour les deux
premières années, le chiffre sur son chèque de paie restera le même, mais son
pouvoir d’achat tombera. Aux termes des dollars d’aujourd’hui, son salaire
vaudra seulement 49 020 $ dans la première année et 48 059 $ dans la deuxième.
Au cours des trois années par la suite, avec l’augmentation salariale
équivalant au taux d’inflation, son salaire vaudra 48 059 $ aux termes des
dollars d’aujourd’hui. Le montant perdu au gel salarial s’élèvera donc à 920 $
+ 1 941 $ + 1 941 $ + 1 941 $ + 1 941 $, pour un total de 8 744 $ aux termes des
dollars de cette année. Son salaire sera toujours inférieur à ce qu'il aurait
été sans le gel salarial.
Exemple
de calcul salarial pendant cinq ans, avec et sans gel salarial de deux ans, pour
une travailleuse qui gagne 50 000 $ par année aux termes des dollars
d’aujourd’hui
|
Année |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
Totaux |
|
Revenu avec gel salarial les
deux premières années, puis augmentations égales au taux d'inflation,
aux termes des dollars d’aujourd’hui |
49 020 $ |
48 059 $ |
48 059 $ |
48 059 $ |
48 059 $ |
241 256 $ |
|
Reveuu avec augmentations
salariales égales au taux d'inflation pendant cinq ans (sans gel
salarial)aux termes des dollars d’aujourd’hui |
50 000 $ |
50 000 $ |
50 000 $ |
50 000 $ |
50 000 $ |
250 000 $ |
|
Perte de revenu due au gel
salarial, aux termes des dollars d’aujourd’hui |
980 $ |
1 941 $ |
1 941 $ |
1 941 $ |
1 941 $ |
8 744 $ |
20.
Au cours des dernières années, nous avons négocié de nombreux contrats avec des
hausses de rémunération supérieures au taux d'inflation. Pouvons-nous encore le
faire?
Bien
sûr, mais ça risque de prendre du temps avant que vous puissiez récupérer le
revenu perdu pendant le gel. Au début des années 1990, par exemple, les salaires
au sein du secteur public avaient baissé pendant plusieurs années de suite. Les
salaires moyens du secteur public ontarien ne sont revenus au niveau de 1992
qu'en 2008.
21.
J'ai appris que le gouvernement tenait des « consultations » sur le gel des
salaires avec les syndicats et employeurs du secteur public. Que sont ces
consultations?
Le
gouvernement conduit des séances de consultation de deux semaines avec plus de
deux douzaines de syndicats et associations d'employés de l'Ontario et leurs
employeurs de la fonction publique ontarienne. Ces séances ont débuté le 9 août
et les dernières prendront fin le 3 octobre.
22.
Qu'est-ce que le gouvernement essaie de faire exactement?
Il
semblerait que le gouvernement s'intéresse principalement à trouver des façons
d'obtenir la coopération des syndicats en ce qui concerne le gel salarial. Le
gouvernement veut conclure des « conventions collectives cadres » qui
s'appliqueraient à de larges groupes de travailleurs.
23.
A-t-on déjà conclu des conventions collectives cadres au sein de syndicats ou
groupes quelconques?
Au
meilleur de nos connaissances, le seul groupe à l'avoir fait est l'Association
of Law Officers of the Crown (ALOC), qui représente les avocats de la Couronne
au sein de l'organisation judiciaire. Même si ce n'est pas un syndicat, l'ALOC a
des négociations. Ils ont accepté un gel salarial de deux ans en échange d'une
convention collective cadre de 47 ans (non, ce n'est pas une faute de frappe)
qui leur donne (pour la première fois) le droit de négocier et d'accéder à
l'arbitrage exécutoire.
24.
Si le gouvernement est déjà capable d'obtenir des employeurs qu'ils ne négocient
aucune augmentation salariale dans le cadre de la négociation collective
normale, à quoi donc servent les conventions collectives cadres?
La
réponse semble être de nature politique. En forçant un million de fonctionnaires
à accepter une réduction salariale permanente sous forme de gel salarial, le
gouvernement espère gagner le soutien des électeurs droitistes qui ont voté pour
le parti libéral en octobre 2007, mais qui risquent de ne pas voter libéral en
octobre 2011. Les conventions collectives cadres pourraient aider à convaincre
les électeurs droitistes que les libéraux ont accompli leur objectif.
25.
Le SEFPO a-t-il participé aux consultations?
Une
délégation du SEFPO conduite par notre président, Warren (Smokey) Thomas, a
assisté à la première séance, laquelle a eu lieu le 9 août dernier, et a posé
plusieurs questions aux représentants gouvernementaux présents. Le 10 août, le
Conseil exécutif du SEFPO, les présidents de secteur et les présidents des
comités ministériels d'exécution et du renouvellement (CMER) se sont rencontrés
pour parler des étapes à suivre. On a décidé à cette réunion que le syndicat
n'avait (alors) pas le mandat de participer aux consultations. Le Conseil
exécutif a autorisé une réunion extraordinaire des présidents des sections
locales et principaux dirigeants des secteurs et comités du SEFPO pour parler
des options stratégiques du syndicat; cette réunion a eu lieu le 13 septembre
dernier à Toronto.
26.
Si le gouvernement peut imposer par voie législative un gel salarial pour les
travailleurs non syndiqués, pourquoi ne l'a-t-il pas fait pour les travailleurs
syndiqués?
Seul le
gouvernement connaît la réponse à cette question, mais deux explications
semblent plausibles. La première est que le gouvernement peut avoir craint
l'aptitude des syndicats à se défendre contre une telle attaque. La deuxième est
que la décision prise en juin 2007 par la Cour suprême du Canada a modifié la
façon dont le gouvernement peut légiférer en ce qui concerne la négociation. La
cour avait décidé que la négociation collective était un droit protégé en vertu
de la Charte canadienne des droits et libertés. La cour avait déclaré que le
gouvernement de la Colombie-Britannique avait violé la Charte en déchirant les
contrats des travailleurs des soins de santé.
27.
Cela signifie-t-il que le gouvernement de l'Ontario ne peut imposer par voie
législative un gel salarial aux travailleurs syndiqués?
Non, ce
n'est pas cela. La décision en 2007 de la Cour suprême expliquait spécifiquement
ce que le gouvernement de la C.-B. avait fait en violation de la Charte. Entre
autres, le gouvernement de la C.-B. n'avait pas fait l'effort de consulter les
syndicats avant de se substituer à leurs conventions collectives. Il est
possible que la ronde de consultations actuelles en Ontario fasse partie d'une
stratégie du gouvernement, qui lui permettra de défendre en cour toute loi sur
le gel salarial qu'il pourrait adopter. Quoi qu'il en soit, du point de vue de
la loi, chaque cas est unique, comme l'est d'ailleurs chaque cour. Tandis que
les cours peuvent invalider un gel des salaires pour les travailleurs syndiqués,
personne ne peut être certain des décisions qu'elles prendraient dans un cas ou
un autre.
28.
Combien le gouvernement envisage-t-il d'économiser en bloquant les salaires?
Dwight
Duncan, le ministre des Finances, a dit que les salaires forment 55 pour cent du
budget provincial. Il a dit que ces salaires valent plus de 50 milliards de
dollars par année. Si chaque lieu de travail provincial acceptait un gel
salarial de deux ans, les économies annuelles à la fin du programme
équivaudraient par conséquent à environ 2 milliards de dollars par année. Selon
l'augmentation des autres coûts (pensions et prestations, par exemple),
l'économie réelle serait sans doute légèrement inférieure.
29.
Qu'est-ce que le gouvernement envisage de faire avec cet argent?
Selon
le goût du jour, le gouvernement dit que l'argent servira à protéger les
services publics ou à réduire la dette provinciale ou (parfois) à conserver les
emplois du secteur public. Ce que le gouvernement ne dit pas, c'est que les deux
derniers budgets provinciaux ont inclus d'importantes réductions d'impôt pour
les sociétés ontariennes, avec l'introduction de la taxe harmonisée de vente,
l'élimination de l'impôt sur le capital, les réductions du taux d'imposition du
revenu des sociétés et d'autres détentes fiscales. Une fois entièrement en
place, les réductions du taux d'imposition du revenu des sociétés coûteront à
elles seules plus de 2,4 milliards de dollars par année à la province, selon les
chiffres du gouvernement. En d'autres termes, chaque dollar auquel renoncent les
travailleurs du secteur public en acceptant un gel salarial va droit dans les
coffres pour couvrir l'allègement fiscal accordé à des banques super riches
comme la Banque Royale du Canada, à des compagnies téléphoniques et entreprises
de câblodistribution comme les Entreprises Bell Canada Inc., aux sociétés
d'énergie telles que Suncor (qui possède désormais Petro-Canada), aux
entreprises médiatiques comme Thomson Reuters, aux compagnies d'assurances comme
la Manuvie, et à des milliers d'autres comme elles.
30.
Le gouvernement dit que le gel des salaires est justifié parce que les
travailleurs du secteur public ont reçu des hausses de rémunération plus
importantes que celles qui ont été accordées dans le secteur privé depuis 2004.
Est-ce vrai?
Les
salaires au sein du secteur public ont commencé à augmenter en 2004, mais
seulement après une chute de plus de 12 ans. Les salaires dans le secteur public
ont finalement atteint le niveau de 1992 (après inflation) en 2008. Mais les
règlements salariaux dans le secteur public étaient encore quatre pour cent
inférieurs aux règlements salariaux dans le secteur privé au cours de la période
de 16 ans entre 1992 et 2008.
31.
Les gouvernements ont-ils déjà imposé des gels salariaux en Ontario?
Oui,
mais pas souvent. Le gouvernement fédéral a imposé un contrôle des salaires et
des prix entre 1975 et 1978 en adoptant la Loi anti-inflation. Les directives
sur les salaires étaient obligatoires pour toutes les sociétés de plus de 500
employés, ainsi que pour tous les employés fédéraux et pour la plupart des
employés du secteur public, y compris les fonctionnaires de la province.
En
Ontario, la Loi sur la lutte contre l'inflation de 1982 avait entièrement
éliminé le droit de grève et prolongé les ententes d'une année supplémentaire.
La loi imposait des hausses de rémunération maximales de cinq pour cent pour
environ 500 000 travailleurs du secteur public. Une loi subséquente, adoptée
l'année suivante, la Loi sur la révision des prix et des rémunérations dans le
secteur public, exigeait des arbitres qu'ils tiennent compte de la « capacité de
payer de l'employeur » dans le cadre des procédures d'arbitrage et rendait
toutes les conventions collectives sujettes à la révision d'un Conseil de
restriction établi par la loi.
En
1993, le gouvernement de l'Ontario a adopté la Loi sur le contrat social. Cette
loi imposait un gel des salaires et des journées de congé obligatoires non
payées aux fonctionnaires provinciaux et municipaux. Elle était plus restrictive
que le gel salarial proposé par le gouvernement McGuinty. Par exemple, les
travailleurs ne pouvaient pas monter dans leur grille salariale ou accumuler des
crédits de congé supplémentaires. Durant cette période, de nombreux employeurs
refusaient de négocier avec les syndicats sur les questions monétaires et non
monétaires.
32.
Pendant le contrat social, on avait accordé une dérogation au titre des
dispositions du programme de restrictions salariales aux travailleurs dont le
revenu était inférieur au seuil de faible revenu (SFR). Le gouvernement McGuinty
a-t-il proposé quelque chose de similaire?
Pendant
le contrat social, le gouvernement Rae avait établi un seuil de 30 000 $ par
année (appelé le seuil de faible revenu ou SFR) et une dérogation au titre des
dispositions de la loi et de son programme de restrictions salariales avait été
accordée à tous les travailleurs dont le revenu était inférieur à ce seuil. Le
gouvernement McGuinty n'a rien proposé de tel, même si des centaines de milliers
de fonctionnaires, et plus particulièrement les employés à temps partiel,
gagnent de très faibles revenus.
33.
Qu'est-ce qu'un salaire de 30 000 $, en 1993, vaudrait en 2010?
Le SFR
utilisé pendant le contrat social de 1993 correspondrait à peu près à 41 400 $
par année aujourd'hui. Plus de 63 000 membres du SEFPO gagnent moins que ça
chaque année.
34.
En termes de restrictions salariales, que se passe-t-il ailleurs au Canada?
À part
l'Ontario, le seul gouvernement qui ait une loi de contrainte salariale est le
gouvernement du Canada, qui a adopté la Loi sur le contrôle des dépenses dans
son budget 2009. La loi fixe des hausses de rémunération pour les employés du
gouvernement fédéral et de ses conseils et organismes. En général, les hausses
de rémunération imposées sont supérieures à zéro mais inférieures au taux
d'inflation.
La
Colombie-Britannique a négocié un gel salarial de deux ans avec divers syndicats
du secteur public, encore qu'il ait ajouté des améliorations au niveau de la
sécurité d'emploi et de certaines prestations. D'autres provinces font face à
divers degrés de négociation, avec des règlements inférieurs et supérieurs au
taux d'inflation, mais leurs gouvernements n'ont pas imposé de gel salarial. Le
gouvernement du Manitoba, par exemple, demande un gel salarial temporaire, mais
est ouvert à d'importantes augmentations à l'issue du gel.
35.
Comment le SEFPO a-t-il répondu à la loi sur le gel des salaires depuis son
annonce dans le budget 2010?
Le 8
avril dernier, le Conseil exécutif du SEFPO s'est rencontré dans le cadre d'une
réunion d'urgence. Le Conseil a autorisé une campagne qui exposerait les liens
entre le projet de gel salarial, les réductions d'impôt des sociétés et l'argent
versé par les sociétés pour financer le parti libéral. Les délégués au Congrès
du SEFPO ont voté à l'unanimité en faveur de cette campagne syndicale et ont
appuyé une résolution exigeant une meilleure éducation politique et économique
pour les sections locales du SEFPO.
Entre
avril et le mois d'août, les membres du Conseil exécutif ont organisé et dirigé
d'innombrables manifestations dans plusieurs régions de la province à l'occasion
d'activités organisées par le parti libéral pour lever des fonds. Le syndicat
s'est également servi de la réunion du Groupe des Vingt pour s'opposer à
l'imposition de mesures d'austérité par les gouvernements du monde et par notre
gouvernement, ici au Canada.
En plus de la réunion du 13
septembre, qui visait à rassembler les présidents des sections locales du SEFPO
et d'autres dirigeants dans le cadre de la discussion stratégique du syndicat,
plusieurs régions du SEFPO ont également prévu des conférences des présidents
régionaux. Ces conférences sont conçues pour aider les sections locales à mieux
comprendre les forces, tant globales que provinciales, qui agissent sur le
programme en Ontario aujourd'hui, pour améliorer les aptitudes des membres à
parler de ces questions et pour discuter davantage des stratégies et tactiques
qui pourraient être mises en œuvre aux niveaux local et régional. |