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Délestage du Centre d’études indépendantes

Le 29 janvier 2001

L’honorable Janet Ecker, ministre de l’Éducation
22e étage, Édifice Mowat
900, rue Bay
Toronto (Ontario)
M7A 1L2

Madame la ministre,

Des centaines de milliers de citoyens et citoyennes de l'Ontario comptent sur le Centre d'études indépendantes (CEI) pour poursuivre leurs études élémentaires et secondaires. Le CEI fournit des services éducatifs vitaux depuis sa création, il y a 75 ans. La proposition de transfert du CEI à TVO/OTÉO a été annoncée le 4 janvier 2001. Or dans ce document, aucun engagement à conserver ces services n'est mentionné. Par conséquent, de très importantes questions se posent auxquelles les Ontariens et Ontariennes, y compris les employées et employés dévoués du CEI, se doivent de recevoir des réponses.

La récente annonce survient à un moment où l'éducation pour adultes en Ontario soulève de sérieuses inquiétudes. Sous les gouvernements de Monsieur Harris, les centres d'éducation pour adultes ont pour ainsi dire disparu. Les élèves ont donc besoin du CEI plus que jamais.

Le Centre d'études indépendantes a littéralement sauvé la vie de nombreux Ontariens et Ontariennes. Le CEI offre aux élèves un choix vital d'options leur permettant d'intégrer leurs études à leurs conditions de vie quelles qu'elles soient : commencer un cours à n'importe quel moment de l'année, l'étudier à leur propre rythme, l'étudier au travail pendant le repas de midi ou sur la table de la cuisine pendant la sieste des enfants. Nous sommes inquiets et inquiètes parce que, dans l'annonce du transfert du CEI, il n'est nullement mentionné aux Ontariens et Ontariennes que ces choix seront maintenus. De plus, aucune preuve n'a été avancée démontrant qu'un meilleur service serait fourni en dehors du ministère de l'Éducation.

Les élèves du CEI viennent de toute la province de l'Ontario : habitants de la grande région torontoise et de la zone 905, personnes éparpillées dans les nombreuses petites communautés de la province et même dans les régions extrêmement éloignées. Ils viennent de toutes les couches de la société. Certains élèves essayent de sortir de conditions difficiles ou de reprendre leur éducation afin de conserver leur emploi ou de l'améliorer. D'autres ont besoin des cours du CEI parce qu'ils ou elles sont en formation, participent à des compétitions sportives à l'étranger ou à des spectacles internationaux. Quelques familles ontariennes comptent sur le CEI parce qu'elles résident temporairement à l'étranger ou voyagent pendant de longues périodes.

De nombreux Ontariens et Ontariennes peuvent difficilement faire connaître leurs opinions sur les changements annoncés. 66 p. 100 des élèves du CEI sont des femmes qui font leurs études tout en élevant leurs enfants. Certaines vivent dans des régions isolées, travaillent par roulement ou sont, d'une manière ou d'une autre, incapables de se rendre à l'école de jour. Il y a aussi les récents immigrants et immigrantes impatients de suivre les cours de l'Ontario tout en commençant leur nouvelle vie.

La population francophone de l'Ontario compte sur le CEI qui offre ses cours en français et en anglais. Or dans l'annonce, il n'est nullement fait mention d'une obligation de continuer à servir les francophones, et rien n'indique en quoi les services seraient meilleurs si on faisait appel à des fournisseurs ne faisant pas partie du ministère de l'Éducation.

En ce moment, 18 p. 100 des élèves du CEI ont des besoins spéciaux. Les personnes à mobilité réduite ou très sensibles à l'environnement, par exemple, n'ont qu'une seule option : l'éducation à distance. Le CEI a créé des services souples pour aider ces élèves à atteindre leurs buts scolaires.

Les cours du CEI sont utilisés également par les conseils scolaires et d'autres organismes qui mettent leur confiance dans la grande qualité des matériaux des programmes offerts par le CEI. Les élèves qui étudient à la maison peuvent se servir de ces matériaux. Les cours et les services du CEI sont utiles à de nombreuses organisations communautaires comme les centres d'alphabétisation, les centres d'accueil autochtones et les centres desservant les élèves handicapés. De même, les élèves des institutions correctionnelles, des hôpitaux, des refuges pour femmes, des foyers de transition, des institutions psychiatriques, etc. se servent des cours du CEI.

L'éducation à distance a un avenir important. C'est souvent l'unique choix valable pour les élèves adultes. Or, dans l'annonce récente, seuls les

« nouveaux médias » sont mentionnés comme faisant partie d'un avenir qui paraît excitant. Mais, sans le mandat de fournir des cours disponibles sur papier, nous pensons malheureusement que de nombreux élèves se verront privés de l'occasion de terminer leurs études. Les textes imprimés sur papier sont mobiles, c'est-à-dire facilement transportables d'un endroit à un autre, et sont accessibles au moment voulu par l'élève. Est-ce que le plan de fusion du CEI au OTÉO prévoit un service direct dans ces deux types de cours : les nouveaux médias et ceux qui ont fait leurs preuves?

Radiodiffusion, télédiffusion, cédéroms et technologies de l'Internet, tous ces nouveaux médias apportent beaucoup à l'éducation à distance, tout comme les cours imprimés. Nous nous devons de répondre aux besoins de tous les élèves qui profitent des services du CEI. Mais, dans l'annonce ministérielle, il n'est nullement démontré que cela serait mieux fait en dehors du ministère. On n'indique pas non plus la manière dont la fusion proposée répondrait à ces besoins ni si des engagements quels qu'ils soient seraient pris.

Le mandat du Centre d'études indépendantes dépasse largement le choix des médias dans lesquels les cours sont offerts. L'annonce faite reflète si peu l'obligation de répondre aux besoins des élèves ni celle d'offrir la variété des services du CEI, que nous sommes très inquiets et inquiètes.

Le CEI accorde des crédits pour des cours et remet des diplômes d'études secondaires. Est-ce que cette capacité sera transférée? De plus, le CEI est le distributeur attitré des examens du GED en Ontario. La demande pour ce service croît rapidement. Qu'a-t-il été prévu pour continuer à offrir ce service? Cette obligation serait-elle mieux respectée si le service était offert en dehors du ministère?

Depuis dix ans, les services du CEI ont été peu à peu érodés alors que les besoins existent toujours pour des cours offerts sur un support mobile et avec des services directs à l'appui. Sans la gamme des services du CEI, de nombreux citoyens et citoyennes de l'Ontario se verront refuser l'occasion de terminer leur éducation secondaire. Le coût social serait alors très élevé.

Le SEFPO représente 55 membres au CEI, des membres qui sont fiers et fières des services qu'ils et elles rendent. Ces membres comprennent très bien les besoins de leurs élèves et sont sensibles aux engagements pris par ces élèves pour atteindre leurs buts scolaires. Ils s'inquiètent des omissions décelées dans l'annonce du transfert du CEI. C’est de leur part et de la part de nombreux Ontariens et Ontariennes qui dépendent du CEI, que j'espère vous rencontrer dès que possible. Comme ni le comité MERC ni les autres moyens de communication n'ont été suffisants et n'ont permis de préciser les modalités d'une proposition de transfert, tout retard apporté à notre rencontre ne fera qu'exaspérer considérablement les préoccupations.

Je vous prie d'agréer, Madame la ministre, mes salutations distinguées.

Leah Casselman

Présidente du SEFPO

c.c. – Diane Cunnigham, ministre de la Formation et des Collèges et Universités

   

Syndicat des employé-e-s de la fonction publique de l’Ontario,
Son siège social est situé au 100, chemin Lesmill, North York (Ontario) M3B 3P8  (416) 443-8888 
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