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Remarques de Ted Montgomery, président de l’équipe de négociation du SEFPO pour le personnel scolaire des collèges, lors d’une conférence de presse tenue le 10 mars 2006 Je m’appelle Ted Montgomery. Je suis le président de l’équipe de négociation pour le personnel scolaire des collèges communautaires. La grève se poursuit ce matin. Il y a deux raisons pour lesquelles nous sommes ici aujourd’hui. La première, c’est parce que nous avons décidé de déposer une plainte formelle pour défaut de négocier de bonne foi contre le comité de négociation des collèges. Plus précisément, le 6 mars, au cours de la dernière heure des négociations, n’ayant rien mis sur la table depuis cinq jours de négociations, l’équipe de négociation de la direction a présenté une position à cet étape vitale qui constituait une offre qu’ils savaient qu’elle ne conduirait nulle part et n’aboutirait pas à un règlement. Elle ne visait pas à aboutir à un règlement, pas à progresser, mais plutôt à forcer et provoquer la grève qui a été déclenchée et qui se déroule en ce moment. Les dispositions de la Partie 2, article 5 de la Loi sur la négociation collective dans les collèges exigent que les parties négocient de bonne foi et qu’elles fassent tous les efforts raisonnables possibles pour parvenir à une entente. En définitive, les collèges sont allés dans la direction contraire. Ce qu’ils ont présenté à la table, dans la soirée du 6 mars, était une demande qui avait été retirée de leur offre précédente après que cette offre ait été rejetée par plus de 96 pour cent des membres du personnel scolaire au mois de novembre 2005. L’exigence qu’ils ont présentée consistait à éliminer les limites sur le nombre de cours qu’un enseignant peut enseigner en une semaine. Cette limite est actuellement de six cours différents par semaine – jusqu’à 18 heures, pour chacun de ces cours – et la proposition de la direction était de supprimer ce plafond afin de pouvoir enseigner un nombre illimité de cours. Ils savaient d’avance que c’était une offre qui ne pourrait aboutir à un règlement. En fait, qu’elle augmenterait l’écart entre les parties. Ils avaient un ordre du jour très différent. Un ordre du jour consistant à provoquer la grève qui a été déclenchée. La seconde raison pour laquelle nous nous retrouvons ici, c’est parce que le syndicat est en train de rédiger une lettre à Dalton McGuinty dès aujourd’hui, pour lui demander d’intervenir – pas pour simplement souhaiter que la grève se termine, mais pour faire ce qu’il faut pour y mettre un terme. Nous ne voulons pas de législation de retour au travail obligatoire. Nous pensons que ce n’est pas la bonne façon de faire. Nous sommes persuadés que les mesures que M. McGuinty devrait prendre devraient consister à encourager ses représentants à la table des négociations, en fait exiger de ceux-ci qu’ils mettent sur la table une offre sérieuse et responsable. Jusqu’ici, ce que nous avons constaté de la part de la direction c’est simplement la répétition de la même offre qu’ils avaient déjà mis sur la table avant, avec des changements mineurs, au mois d’août 2005. Cette offre a été rejetée au mois de novembre. Cette offre a été le facteur qui a produit le résultat du vote de grève avec plus de 80 pour cent des voix au mois de février de cette année, le 7 février pour être précis. À un mois du début de la grève, tout ce que l’employeur a fait c’est de rendre même pire l’offre qu’il avait présentée. Ils savaient alors que cette offre ne pouvait aboutir à un règlement du conflit, et ils n’ont jamais présenté une autre offre. Ils ont continué de dire simplement qu’il s’agissait d’une bonne offre. Qu’ils le veulent ou non, il est clair que cette offre ne peut constituer un point de départ pour un règlement. M. McGuinty doit être conscient de cela et prendre les mesures pour y remédier. Les revendications que le syndicat et le personnel scolaire ont présentées, visent à la qualité de l’éducation. Le personnel scolaire ne se met pas en grève à la légère, et la direction a suggéré que cette grève vise à obtenir des compensations monétaires, ils ne savent parler que d’argent. Dans ce conflit, ce n’est pas la revendication essentielle. Ce qui est en jeu ici c’est la qualité de l’éducation. Le problème, ce sont les priorités des collèges. La façon dont ils ont réparti leur financement, ils n’ont pas réparti le financement de façon assurer la qualité de l’enseignement. Nous leur avons dit à la table des négociations que nous ne voulons pas de réduction de charge de travail. Ce n’est pas ce que nous recherchons. Notre charge de travail hebdomadaire est actuellement de 18 heures d’enseignement et va jusqu’à 44 heures de travail lorsque l’on prend en compte toutes les heures de préparation, évaluation, rétroaction et aide aux étudiants en dehors de la salle de classe. Ce que nous voulons c’est moins d’étudiants par enseignant. C’est une question de qualité. Un enseignant avec 240 étudiants ne peut pas assurer le même niveau de qualité à tous ces étudiants que le même enseignant peut assurer à seulement 150 étudiants. Cela demande l’embauche de plus d’enseignants et, ce qui est plus important encore, de convertir les postes d’enseignants à temps partiel en postes à temps plein. Nous voulons que les étudiants recueillent les fruits des études auxquels ils ont droit et qui étaient dans les conclusions du rapport de Bob Rae sur l’enseignement post-secondaire. Nous voulons que les étudiants partagent les buts et les objectifs que M. McGuinty a spécifié le 13 mai lorsqu’il a annoncé un financement de 6,2 milliards de dollars au cours des prochaines quatre années en faveur des collèges (à l’origine sur cinq ans, mais il ne reste que quatre ans depuis l’annonce). Six milliards et deux cents millions de dollars pour les collèges afin de financer la qualité de l’enseignement! Toutefois, ce qui nous a été dit à la table des négociations par le président de leur équipe de négociation c’est que cet argent serait dépense pour les installations, les services aux étudiants, le coût du carburant, mais que toute embauche de nouveaux enseignants ne concernerait que des effectifs de nouveaux étudiants et de nouveaux programmes. [Ce financement] ne serait pas dépensé en faveur du personnel scolaire existent, ni des étudiants d’aujourd’hui. Nous pensons que cela est totalement inacceptable. C’est une violation du principe que Rae a recommandé d’appliquer. C’est une violation des principes que le ministre et le premier ministre ont mentionné le 13 mai. La grève se poursuit. Nous voulons y mettre un terme. Mais nous voulons y mettre un terme par une entente et cette entente maintenant dépend de l’implication du gouvernement provincial afin qu’il exerce sa pression sur ses représentants de son côté de la table [et] dire aux collèges de présenter une offre sérieuse à la table – une offre qui peut mener à des négociations, pas une offre qu’ils savent d’avance qu’elle ne peut que mener à une grève. C’est le seul résultat qu’ils obtenu jusqu’ici par cette méthode. Il est temps pour M. McGuinty d’agir. La grève se poursuit et les rapports de chaque collège de l’Ontario nous indiquent que le personnel scolaire demeure déterminé à ce que nos efforts ne soient pas vains. Nous avons entrepris cette bataille pour protéger et améliorer la qualité de l’éducation dans les collèges de cette province. Nous n’abandonnerons pas le champ de bataille sans des gains. Nous sommes préoccupés au sujet de nos étudiants et nous voulons que le gouvernement agisse de façon à en venir à une résolution équitable de ce conflit. Nous avons été déçus et insultés par les négociations de mauvaise foi dont a fait preuve cette équipe de négociation de la direction. Aujourd’hui je suis accompagné par Peter McKeracher, qui a été membre de plusieurs équipes de négociation avec moi par le passé – quatre consécutivement. Ensemble, nous sommes parvenus à en régler trois de ces quatre rondes de négociations. Les autres personnes qui m’accompagnent aussi sont : Damian Wiechula qui a été membre des équipes de négociation qui ont obtenu des ententes lors des anciennes rondes de négociation, sans grève ainsi que Bobbi Wagner qui enseigne au Sheridan College. La raison de la présence de Bobbi ici, c’est parce que Bobbi enseigne à nos étudiants et en même temps est artiste elle-même et après que nous ayons fini la conférence dans cette pièce je vous invite dans le corridor où l’une des oeuvres d’art de Bobbi est représentée. Il s’agit d’un tableau qui exprime de façon abstraite ce qu’est la vie dans les collèges aujourd’hui. Le modèle boîte de sardine. Le président du collège où j’enseigne – Rick Miner – a jugé cela comique. Mais en fait, si Rick Miner visitait les salles de classe il constaterait lui-même que les enseignants comme les étudiants ne trouvent pas cela drôle du tout. Nous sommes préoccupés par la surpopulation. Nous sommes préoccupés par le fait qu’il y a trop d’étudiants mais pas assez d’enseignants pour satisfaire leurs besoins d’apprendre. La qualité a décliné. Rae l’a réalisé, Rae l’a fait remarquer, Rae a indiqué quel pouvait être la solution pour y remédier. Maintenant McGuinty a mis en place le financement pour remédier au problème constaté.
L’obstacle, le mur, provident de la direction des collèges qui a
essayé de vilipender et de dénigrer le personnel scolaire en suggérant
que nous faisons la grève pour une toute autre raison que celle que
nous leur avons donné en public, en privé, à la table de négociation,
en dehors de la table des négociations, sur les lignes de piquetage,
partout nous avons été en mesure de passer ce message. Notre message
est cohérent – nous voulons améliore la qualité de l’éducation pour
les étudiants du réseau des collèges en Ontario. C’est notre message
aujourd’hui, ce sera notre message demain. Ce sera notre message quand
nous reviendrons à la table des négociations et nous espérons que ce
sera bientôt. Merci de votre attention. Question : Combien de temps cela va durer avant que l’année d’études soit en danger pour les étudiants? Allez-vous étendre l’année d’études au cours de l’été? Ted Montgomery : L’année scolaire va continuer pendant un certain temps encore. Il y a différents calendriers selon les collèges. Certains collèges ont quatre semaines qui restent, d’autres huit semaines. Au cours des deux grèves ayant eu lieu dans les collèges dans le passé, toutes deux au cours des années 1980, le calendrier de travail avait été prolongé – les enseignants compensèrent leurs temps de cours perdu. Avec deux semaines de grève environ il y a encore du temps pour compenser pour tous les cours qui n’auraient pas eu lieu. Les enseignants ne demanderont pas mieux que d’effectuer ce travail. Question : Comment expliquez-vous que la direction a déclaré des effectifs d’étudiants aussi réduits par classe, en moyenne 23 personnes par classe? Ted Montgomery : La direction pour parvenir à ces chiffres a compté chaque membre du personnel scolaire qui se trouve dans l’unité de négociation. C,est à dire y compris chaque conseiller pédagogique, bibliothécaire, chaque personne en conge sabbatique, celles en conge d’invalidité à long terme ou à court terme ou en congé de maternité, en prêt de services dans d’autres collèges. Contrairement aux écoles secondaires, où le ratio étudiant/enseignant porte sur le nombre véritable d’enseignants dans les salles de classe ainsi que du nombre d’étudiants dans ces classes, le chiffre que les collèges utilisent est relativement faux et la direction sait parfaitement que ce chiffre est faux. Question : (pas clair sur la bande magnétique) en ce qui concerne une déclaration d’un collège sur le fait que le syndicat n’avait pas proposé des réductions des effectifs des classes jusqu’au 6 mars? Ted Montgomery : J’ai à peine écrit à ce sujet aujourd’hui. C’est encore un mensonge. Dans des discussions sans préjugés les 15 et 16 février, le syndicat a mis sur la table une proposition pour limiter les effectifs dans les salles de classe, pour abaisser la moyenne des effectifs des étudiants en sale de classe. Normalement ce qui se passe au cours de discussions sans préjugés n’est pas porté à la connaissance du public. Mais puisque les collèges ont sorti ce mensonge, nous n’avons pas le choix et devons rétablir la vérité. Nous avons fait cette proposition le 16 février et cela était une réponse à une déclaration de la direction faite le 24 janvier de cette année qu’ils ne changeraient pas les facteurs qui sont dans notre formule de charge de travail. Ils nous ont demandé de présenter une solution créative pour traiter des questions de charge de travail autres que le changement des facteurs de celle-ci. Nous avons donc fait cela et répondu les 15 et 16 février derniers. Ils disent maintenant qu’ils ont pris connaissance de cela seulement le 6 mars. Tout simplement, une déclaration fausse, c’est tout! Question : J’ai parlé avec des étudiants de collège qui disent ce qui suit : a) il sont préoccupés de perdre leur année, et b) ils craignent – comme me disait l’une d’elles hier – le fait qu’ils ne peuvent pas gagner leur vie, dans son cas par exemple, elle suit les cours de chef de cuisine de George Brown. Elle ne voit pas l’heure que les cours soient finis afin de pouvoir gagner sa vie. C’est une étudiante qui n’a pas d’argent, elle souffre de ne pas avoir un revenu correct, malgré cela vous affirmez que vous vous préoccupez de la situation des étudiants. Ce n’est pas son avis à elle. Ted Montgomery : C’est compréhensible que les étudiants qui sont dans les collèges aujourd’hui ou qui sortent des collèges aujourd’hui, en raison de cette grève qui nous a été imposée à nous comme à eux par la direction, se sentent frustrés. Il en va de même pour nous. Que ce soit les étudiants ou le personnel scolaire, nous sommes tous deux des pions dans un jeu que la direction des collèges est en train d’orchestrer afin de retirer plus d’argent du gouvernement. Ils prétendent qu’ils n’ont pas d’argent pour satisfaire les revendications du personnel scolaire. Ils n’ont pas, pour autant, jamais présenté des propositions qui injectent de l’argent dans le réseau de collèges, rien à aucun moment. En fait, ils ont présenté des propositions pour économiser de l’argent sur les questions de charge de travail de qualité de l’éducation. Nous sommes concernés par les préoccupations de ces étudiants et nous pensons que nous devons retourner à la table des négociations et nous avons besoin de recevoir une offre sérieuse afin de commencer à négocier sérieusement. Aux étudiants, nous disons ceci, leur année sera complétée, il va y avoir du temps perdu, ça c’est aussi arrivé dans le passé. Nous voulons qu’ils reviennent en classe et je les encourage à continuer à travailler à leurs études, à se tenir au courant. Je reçois des milliers de courriels par des étudiants. Je ne peux de toute évidence les lire tous, mais j’en lis une grande quantité. Les étudiants sont frustrés et préoccupés. Certains d’entre eux sont trompés par les prises de position de la direction qui déclare que tout ce que nous cherchons c’est obtenir plus d’argent, mais un grand nombre d’entre eux; de plus en en plus nombreux je dois dire, sont ceux qui partagent notre point de vue, notamment en ce qui concerne la surpopulation dans les salles de classe. Eux aussi, au fond, veulent que plus de personnel scolaire soit engagé. Une des associations étudiantes dans l’un des collèges a été très claire en affirmant qu’elle assurait le syndicat de son soutien quant la prise de position syndicale en ce qui concerne l’embauche de plus de personnel scolaire. Question : D’après vos normes quel est l’effectif moyen d’une salle de classe et que souhaitez-vous obtenir comme réduction? En d’autres termes, combien de membres du personnel scolaire devront-ils engager, et quel en sera le coût en dollars? Ted Montgomery : La direction des collèges a prétendu à la table des négociations que l’effectif d’une classe moyenne était de 29 étudiants et c’est sur cet effectif qu’Ils se sont basés pour établir les coûts en personnel scolaire. Plus récemment, j’ai lu dans la presse que selon M. Miner le président du collège Seneca, que l’effectif moyen d’une classe était de 28. Nous ne savons pas de quel chapeau d’illusionniste ils sortent ces chiffres. Nos derniers calculs nous indiquent que l’effectif d’une classe est de 29,1 étudiants. Nous avons donc proposé que les effectifs moyens d’une classe soient abaissés à 25 étudiants. Ainsi de leur dernier chiffre, 28 nous leur demandons d’abaisser les effectifs à 25. Les coûts de cette réduction des effectifs des salles de classe ne sont pas faciles à déterminer pour bien des raisons, notamment la capacité des collèges à convertir des emplois à temps partiel et à charge de travail partielle en postes à temps plein pour le personnel scolaire. Leur calcul des coûts (ils nous indiquent des chiffre différents), ils parlent de 150 millions de dollars et ensuite nous disent que c’est sur quatre ans. Nous n’acceptons pas ces coûts. Notre calcul indique des coûts considérablement plus bas, bien en dessous des leurs, et flexibles car la direction a la capacité de les réduire ou de les augmenter selon la méthode qu’ils utilisent pour la mise en vigueur de ce changement. Je peux vous dire ceci : ils évaluent le coût de l’embauche d’un nouveau membre du personnel scolaire à 74 000 $. Nous avons examiné les états que nous recevons de leur part. Nous ne trouvons aucun membre du personnel scolaire qui est embauché à ce niveau de coût. Le salaire moyen d’un membre du personnel scolaire est de 76 000 $. Je parle ici des postes de membres du personnel scolaire existants, bon nombre desquels a atteint l’échelon de salaire maximum et plafonnent.
Question :
(pas clair sur la bande magnétique) en ce qui concerne le moment
choisi pour la plainte au sujet des négociations de mauvaise foi? Question : (pas clair sur la bande magnétique) exercer de la pression sur l’employeur ? Ted Montgomery : Absolument, il ne s’agit pas d’un effort pour rester loin de la table des négociations. Ce serait plutôt le contraire : c’est un effort pour remettre les négociations sur les rails, remettre la direction sur les rails aussi, et les tenir éloignés de leurs prises de positions ridicules qui ont provoqué la grève et de les inciter à prendre des positions qui en fait tentent d’atteindre un règlement qui soit conforme à la Loi sur la négociation collective dans les collèges. Question : Maintenant que la plainte a été déposée combien de temps le processus va-il prendre? Ted Montgomery : La Commission des relations de travail dans les collèges se saisit de la plainte et convoque une audience afin d’entendre la preuve au sujet de cette plainte. Question (pas clair sur la bande magnétique) demander quel résolution le syndicat demande –t-il ? Ted Montgomery : La résolution est rédigée par la Commission des relations de travail des collèges. Je ne peux pas spéculer quelle sera la décision à laquelle la Commission va parvenir. Question : Qu’est-ce que vous espérez obtenir alors? Ted Montgomery : Nous espérons que la Commission des relations de travail dans les collèges rende une décision qui reconnaisse que les collèges ont en fait enfreint la Loi sur la négociation collective dans les collèges et ordonne à ces derniers de se conformer à ladite loi en présentant une offre qui constitue une tentative de parvenir à un règlement et une entente de principes. Car c’est là leur obligation aux termes de la Loi sur la négociation collective dans les collèges. Question : C’est plutôt tiré par les cheveux ne trouvez-vous pas? Ted Montgomery : Oui, c’est la raison pour laquelle il revient à la Commission des relations de travail dans les collèges de rendre sa décision sur cette plainte. Question : Est-ce qu’il y a des limites de temps pour restreindre ce processus? Ted Montgomery : Non pas à ma connaissance. La Commission va déterminer ses propres échéances. Question : Cette plainte sera-t-elle déposée aujourd’hui ou la semaine prochaine? Ted Montgomery : Elle va être déposée aujourd’hui. Elle est rédigée en ce moment même. Question : Dalton McGuinty et M. Bentley n’ont pas été très disposes à s’impliquer dans aucun conflit du travail, ils disent que c’est votre affaire – les comités de négociation doivent traiter avec les conflits de travail, le gouvernement ne s’implique pas dans ces affaires là. Ils disent qu’ils observent à distance, et ils veulent que vous traitiez cette question. Qu’est-ce qui vous fait penser que ce type d’action va engendrer une réponse du gouvernement dans le sens de s’impliquer directement dans vos négociations? Ted Montgomery : Le ministre de l’Éducation [Gerard] Kennedy s’est impliqué dans les négociations au niveau élémentaire et secondaire et je dois dire avec un certain succès. Nous disons qu’il vaut mieux que le gouvernement évite d’être impliqué mais dans ce cas cela est devenu nécessaire. Ainsi, nous demandons au ministre et au premier ministre de prendre les mesures nécessaires pour résoudre ce conflit. Question : Est-ce que vous voulez qu’ils sonnent un peu les cloches aux collèges? Qu’est-ce vous attendez du gouvernement exactement? Ted Montgomery : Ce sont là vos propres mots, leur sonner les cloches, ce n’est pas ce que j’ai dit. Mais je pense que le premier ministre et le ministre devraient dire deux mots aux représentants du gouvernement et probablement aux représentants du syndicat aussi, car je pense que le genre de mauvaise communication provenant de l’équipe de négociation des collèges a incité les représentants du syndicat à se méprendre sur ce qui est disponible en matière de règlement. Les méprises dont je parle concernent la question à laquelle j’ai répondu plus tôt, lorsque les collèges ont répandu la rumeur fausse au sujet de ce que le syndicat avait proposé et quand il l’avait fait. Question : (pas clair sur la bande magnétique) en ce qui concerne la question de savoir si les collèges ont assez d’argent pour financer un règlement? Ted Montgomery : Oui, il y a assez d’argent pour parvenir à financer un règlement du conflit Question : (pas clair sur la bande magnétique) combien environ de nouveaux membres du personnel scolaire le syndicat s’attend à voir embaucher? Ted Montgomery : Notre position consiste à revendiquer dix pour cent de plus de membres du personnel scolaire jusqu’à ce que les objectifs dont j’ai parlé ci-dessus en termes d’effectifs moyens d’étudiants par classe soient atteints. Question : Quelle serait la durée de votre contrat? Dix pour cent sur combien d’années? Ted Montgomery : Le syndicat a présenté une offre, maintenant nous l’avons révisée et dimanche nous avons change la durée de deux à trois ans. La direction s’est montrée intéressée à accepter un contrat de plus longue durée et nous sommes tombés d’accord qu’un contrat de trois ans était possible. Actuellement 7 sur les 24 collèges connaissent des effectifs moyens par classe de 25 étudiants ou moins. Ça c’est une autre question au sujet du coût : certains collèges ont des effectifs supérieurs à 25 étudiants par classe et d’autres inférieurs. Donc pour certains collèges il n’y aurait aucun coût supplémentaire. Pour d’autres, avec de plus gros effectifs il aurait des coûts. Laissez moi ajouter un autre commentaire sur les effectifs par classe. Les cours dans les collèges ne sont pas comme ceux de l’université où vous pouvez suivre Psychologie 100 avec 300 étudiants et leur faire des conférences en utilisant les services de professeurs auxiliaires puis en les aidant é comprendre les séminaires après coup. L’enseignement dans les collèges est un enseignement pratique, c’est un enseignement d’arts appliqués et c’est important pour les étudiants des collèges qu’ils aient un rapport direct avec les professeurs qui enseignent leurs cours dans leurs programmes. C’est différent des cours d’université. Il y a très peu de cours qui ressemblent à ceux sur le modèle de conférence à un grand groupe et les collèges le savent bien. Il n’y a pas beaucoup de cours avec deux ou trois cent étudiants, nous avons surtout des cours avec des effectifs de 40, 50, 38, et c’est là les cours avec des effectifs trop importants pour être efficaces, des cours où les effectifs devraient être moindres. Question : Est-ce que le personnel scolaire a la volonté de rester en grève indéfiniment? C’est à dire jusqu’à ce que vos revendications aient été satisfaites? Ted Montgomery : Le personnel scolaire va rester en grève jusqu’à ce que nous soyons parvenus à une entente satisfaisante. Ce ne sera pas nécessairement en satisfaisant les revendications qui sont sur la table en ce moment. Nous les avons présentées dans un effort de faire avancer les négociations, de répondre à certaines exigences de la direction, mais nous n’avons pas affirmé aux collèges, «C’est notre position définitive ou rien». Nous n’avons certainement pas été jusque là et ce n’est pas notre intention de ce faire. Question : Pourquoi ne pas avoir attendu que l’année scolaire soit terminée? (autre question pas claire sur la bande magnétique) Ted Montgomery : Ce n’est pas ce que je suggère, je ne dis pas que les étudiants devraient finir leur études cet été mais plutôt durant ce trimestre. Ce trimestre peut être prolongé d’une semaine, en glissant la semaine d’examens sur une période plus courte, en utilisant les samedis, les dimanches même. Je sais très bien que cela n’arrange pas les étudiants mais c’est la même chose pour le personnel scolaire mais je ne suis pas en train de suggérer cela, je ne comprends pas que les collèges suggèrent des plans de prolonger les cours cet été. Il y aurait certainement une courte prolongation des cours et cela aura un effet que nous n’aimerions pas constater, mais nous avons été forcés dans cette situation. En ce qui a trait à la question, pourquoi ne pas attendre qu’il n’y ait plus d’étudiants dans les collèges, de nombreux cours sont donnés à l’année longue. Il y a des programmes d’été qui sont maintenant très importants, c’est notamment le cas au collège Seneca où ils sont très fréquentés et les inscriptions nombreuses, par conséquent il n’y a pas vraiment de temps sans étudiants. Si nous faisions cela de toute façon les collèges nous mettraient en lock-out jusqu’à ce que les étudiants reviennent au mois de septembre et alors nous nous retrouverions exactement dans la même situation excepté qu’en septembre les étudiants rateraient encore plus de cours, de quatre à six semaines ou même plus, car il y aurait plus de temps pour rattraper l’année. Question : Ne pensez-vous pas qu’il est raisonnable de penser qu’en septembre ou en octobre il y aurait beaucoup plus de temps à rattraper (en termes de cours)? Ted Montgomery : Je pense qu’il serait en effet raisonnable de penser cela. [Le fait d’être en grève maintenant] a un impact maximum et en déclenchant un grève à un moment crucial cela crée, de notre point de vue , de meilleures conditions pour qu’elle soit de plus courte durée, que les arrêts des travail et cours soient plus réduits notamment pour les étudiants. Cela exerce de la pression sur les deux parties afin qu’elles parviennent à un accord plus rapidement. En outre cela exerce de la pression sur le gouvernement aussi pour qu’il insiste auprès des ses représentants à la table des négociations pour qu’ils présentent une offre de règlement à la table. Question : Vous ne faites pas d’excuses de déclencher un grève au printemps, en mars plutôt que de la reporter à septembre ou octobre? Ted Montgomery : Non. Il y a un certain nombre de facteurs qui entrent en ligne de compte à ce sujet, l’un de ceux-ci est que le personnel de soutien étaient en train de négocier l’été dernier et ils prévoyaient, si nécessaire, de déclencher la grève en septembre ou en octobre – je crois que c’était leur intention à la mi-septembre. Nous avons alors pensé que de prévoir une grève du personnel scolaire à la suite immédiatement de celle du personnel de soutien occasionnerait encore plus d’inconvénients pour les étudiants. Nous avons pensé qu’il valait mieux ne pas prévoir de grève pour le mois d’octobre avec la possibilité du déclenchement d’une grève par le personnel de soutien le même semestre. Dans ce cas nous avons pensé que cet échéancier serait plus efficace. Question : Est-ce qu’il n’aurait pas mieux valu pour les étudiants que les deux grèves aient eu lieu en même temps? Ted Montgomery : D’un certain point de vue cela semblerait être le cas, mais nous n’avions pas vraiment le choix. En outre cela présente certains problèmes, car si une des deux grèves se termine par un règlement et l’autre conflit de travail se poursuit, cela crée des difficultés pour les étudiants dans les deux cas. Cela serait aussi plus difficile pour le gouvernement de régler des conflits de travail avec deux unités de négociation collective en même temps. Comme vous voyez il y a des avantages et des sérieux inconvénients aussi pour une telle proposition. Question : Il y aurait-il de bonnes raisons pour l’émission de la déclaration [ de l’employeur] ce matin à la onzième minute, avant votre annonce sur cette question, suggère que toute cette question d’effectifs des classes n’a été présentée à la table que le 6 mars? En fait vous avez dit l’avoir présentée un mois plus tôt. Pourquoi cette déclaration de leur part ce matin? Est-ce une autre manoeuvre tactique sur l’échiquier?. Ted Montgomery : Il faudra leur poser cette question. Question : Que pensez-vous peut-être de cette manœuvre astucieuse? Est-ce un bon moment pour une telle déclaration de leur part? Ted Montgomery : Je ne dirai pas que c’est une manoeuvre astucieuse, je dirai que c’est plutôt une tentative malheureuse et décevante de leur part étant donné que c’est une déclaration totalement fausse, de toute façon. Ils auraient mieux fait de garder le silence, étant donné que ceux qui ont émis cette déclaration savant très bien qu’elle est fausse. Je suppose que les représentants du Conseil de la rémunération et des nominations des collèges [l’employeur], ne devraient pas dire des choses qu’ils savent très bien ne pas être la vérité. S’ils avaient dit que le syndicat n’avait pas présenté sa position cela serait différent, mais de déclarer que nous n’avions pas fait cette proposition est une question entièrement différente. Ils savent très bien que nous avions fait cette proposition. Ils ont dû traiter avec. Ils avaient largement le temps de faire le nécessaire pour la satisfaire ce n’était pas une surprise pour eux.
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Syndicat des employé-e-s de la fonction publique de
l’Ontario, |
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