Division du personnel scolaire des CAAT

Numéro 3 – le 23 juin 2009
Les négociations
sont en cours
Conformément aux exigences législatives le syndicat signifiait le 3 juin dernier un avis de
négociation au Conseil, qui agit au nom des collèges. Le lundi 8 juin, l'équipe
de négociations du syndicat rencontrait l’équipe de négociations de l'employeur.
Les négociations
ont bel et bien commencées. Les dates des négociations ont été fixées pour les
mois de juin, juillet et août.
Le groupe de
négociations de l'employeur est présidé par Rachael Donovan, vice-présidente
directrice au collège Fleming. Les autres membres du groupe de négociation de
l'employeur sont :
·
George Burton, vice-président, Direction de
l'inscription et services aux étudiants, au collège Loyalist;
·
Nancy Hood, directrice des Ressources humaines, à
George Brown;
·
Renee Kenny, vice-présidente associée, Expansion, au
collège Centennial;
·
Glenn Toikka, vice-président, Finances et
administration, au collège Cambrian;
·
Don Sinclair, directeur général, au Conseil;
·
Morris Uremovich, directeur associé, au Conseil;
·
Christiane Émond, conseillère, au Conseil.
Le groupe de
négociation de l'employeur bénéficie de l'aide de Wallace Kenney, de la société
d'avocats Hicks Morley.
L'employeur a
présenté son approche pour cette ronde de négociations en déclarant qu'elle
serait guidée par un ensemble de valeurs. L'employeur a déclaré :
Nous déploierons
tous les efforts possibles pour maintenir et améliorer la qualité du milieu de
travail de notre personnel scolaire, de façon à lui permettre de contribuer au
maximum à la réussite de nos étudiants. Nous reconnaissons que les collèges sont
des établissements publics et qu'il est important que nous soyons responsables
et imputable envers le public que nous servons. Nous devons nous assurer que les
étudiants ont facilement accès à nos programmes quand et où ils en ont besoin.
Nous devons favoriser l'excellence scolaire pour nos apprenants. Nous appuyons
l'innovation et la créativité lorsqu'il s'agit de résoudre les problèmes qui se
présentent. Nous nous engageons à maintenir le plus haut niveau d'intégrité.
Nous travaillerons en vue d'établir une relation de négociations durable et
positive avec le syndicat et ses membres, en collaborant et en traitant les
problèmes avec l'agent de négociations des employés.
(Traduction
libre)
Le temps
permettra de dire si le style de négociation de l'employeur respecte vraiment
les valeurs énoncées. Les revendications du syndicat, et plus particulièrement
celles qui touchent les améliorations à la charge de travail et à la liberté
académique, correspondent à ces valeurs et les supportent. Le syndicat déposera
des propositions reliées à la charge de travail qui sont conformes aux
recommandations unanimes du Groupe de travail sur la charge de travail (voir
ci-dessous).
Les
recommandations du Groupe de travail entraîneront des discussions sur la façon
de calculer la charge de travail. Le syndicat s’engage à n'accepter aucune
concession à la table de négociations; aussi, il faut noter que le Rapport du
Groupe de travail contient des recommandations qui donnent au personnel scolaire
une plus grande latitude sur le calcul de la charge de travail.
Dans son rapport,
le Groupe de travail (voir encadré) reconnaît le besoin de nouvelles
dispositions visant à améliorer tant la collégialité que la liberté académique.
Le Groupe de travail a clairement reconnu les préoccupations du personnel
scolaire à cet égard.
Le Rapport du
Groupe de travail sur la charge de travail : son lien avec les négociations
Suite à la ronde
de négociations de 2006, l'arbitre William Kaplan établissait le Groupe de
travail sur la charge de travail pour faire des recommandations sur les
questions liées à la charge de travail dans le cadre des négociations du
personnel scolaire des CAAT. En mars 2009, le Groupe de travail soumettait son
rapport unanime.
Monsieur Kaplan
nommait alors l'arbitre Wesley Rayner, ancien professeur et doyen à la faculté
de droit de l'Université Western Ontario, pour présider le Groupe de travail.
Morris Uremovich, employé du Conseil et membre de l'équipe de négociation de
l'employeur en 2003 et en 2009, était nommé pour représenter les collèges.
Marcus Harvey, Ph.D., qui est agent professionnel (Politiques et recherche) à
l'Association canadienne des professeures et professeurs d'université (ACPPU),
représentait le SEFPO.
Le Groupe de
travail sur la charge de travail a vite réalisé que les parties devraient
prendre en considération les manques et les faiblesses au sein du système
collégial ayant trait à la liberté académique, à la collégialité et au respect
du professionnalisme.
Dans son rapport,
le Groupe de travail conclut entre autres que la structure de base de la formule
est adéquate pour la majorité des programmes et du personnel enseignant.
Toutefois, il estime que l’application de cette formule est problématique et
fait des recommandations pour y remédier.
Même si le
rapport n'est pas parfait, il aborde quand même un certain nombre des questions
contenues dans les revendications du personnel scolaire des collèges. Le Rapport
du Groupe de travail souligne plus particulièrement sept domaines :
·
flexibilité;
·
préparation;
·
évaluation;
·
fonctions complémentaires;
·
perfectionnement professionnel;
·
mécanismes de règlement des différends sur la charge
de travail; et
·
normes et relations professionnelles.
Flexibilité
La recommandation
(i) examine la question de flexibilité dans l'intention de «… trouver un
mécanisme ou une structure permettant aux parties de déterminer quand et comment
la formule devrait être modifiée ». Le Groupe de travail inclut un sous-ensemble
de recommandations pour limiter l'application de la recommandation de base dans
la convention collective.
Préparation
Le Groupe de
travail reconnaît qu'il existe une distinction entre le développement du
curriculum et la préparation des cours. Les membres sont d'avis que lorsque « …
la modification atteint un certain degré (touchant au moins 20 % du contenu du
cours), le temps consacré à la conversion devrait être traité comme du temps de
développement du curriculum et être ajouté au FCT, selon la disposition 11.01 D3
(ix) de la convention collective. »
Évaluation
Le Groupe de
travail insiste pour dire que « la détermination des méthodes d'évaluation
devrait résulter de consultations entre les [enseignants ou enseignantes]
chargés de donner les cours et le gestionnaire responsable du programme dans son
ensemble. Lorsque le personnel enseignant et les gestionnaires ne peuvent
s'entendre sur les méthodes d'évaluation, leur différend devrait être réglé
selon les mécanismes d'appel en place et une décision du Groupe de révision de
la charge de travail[1]
(ou de l'arbitre de la charge de travail[2]). »
D'autre part,
« Sur le plan pratique, la question sous-jacente est de savoir comment on décide
d'adopter une méthode d'évaluation particulière…. [c]ette question pratique
cache les autres questions plus fondamentales de la liberté académique, du
savoir-faire professionnel et de la collégialité. »
La recommandation
du Groupe de travail, en ce qui concerne l'évaluation, est la suivante : « Nous
recommandons que pour chaque programme et/ou cours, les méthodes d'évaluation
soient établies selon un processus consultatif par le groupe d'enseignants et
enseignantes touché ainsi que par le gestionnaire scolaire, et que l'approbation
du gestionnaire soit inscrite dans le plan de cours. Tout le personnel
enseignant doit se soumettre à ce plan de cours. Tout différend entre le
personnel enseignant et le gestionnaire émanant de ce processus consultatif doit
être soumis à la procédure normale de règlement des différends (Groupe de
révision de la charge de travail et arbitre de la charge de travail).
Fonctions complémentaires
Le Groupe de travail fait la recommandation d'examiner le
lien entre le nombre total d'heures de contact avec les étudiants et les
pressions qu'exercent les étudiants sur l'emploi du temps des membres du
personnel enseignant. Cette question était à l'ordre du jour du personnel
scolaire dans plusieurs rondes de négociations. La recommandation (iv) est la
suivante : « Nous recommandons que les parties négocient un mécanisme pour
répondre aux préoccupations concernant le temps accru nécessaire pour l'aide aux
étudiants et étudiantes en dehors de la classe lorsque le nombre total
d'étudiants et d'étudiantes auxquels on enseigne atteint un niveau supérieur à
la norme. Nous avons adopté la notion du nombre total d'étudiants et
d'étudiantes comme base la plus pratique de ce mécanisme. Pour mettre en œuvre
ce mécanisme, les parties devraient négocier les composantes suivantes : nombre
seuil fondé sur le nombre total d'étudiants et d'étudiantes auxquels on enseigne
et tenant compte des quatre heures d'aide en dehors de la classe actuellement
prévues ainsi qu’une échelle mobile permettant d'affecter des heures
additionnelles pour l'aide aux étudiants et étudiantes dans le cadre des
fonctions complémentaires. »
Perfectionnement
professionnel
Le Groupe de
travail parle du besoin de perfectionnement professionnel et de son importance.
Bien qu'il ne fasse aucune recommandation précise à cet égard, le Groupe de
travail mentionne que « … il faut prévoir du temps de perfectionnement
professionnel pour divers éléments -- formation, réseautage, recherche et
apprentissage des changements touchant la technologie existante -- si l'on veut
que le système collégial reste dynamique. ». Un certain nombre de prises de
position adoptées à la réunion d'établissement des revendications abordent la
question.
Différends sur la
charge de travail
En ce qui a trait
à la question du mécanisme de règlement des différends sur la charge de travail,
le Groupe de travail a tiré deux conclusions positives : 1) le nombre total de
plaintes ne semble pas excessif et 2) le système semble bien fonctionner. Il
note plus précisément que si ses recommandations portant sur la flexibilité sont
acceptées, il s'ensuit que le syndicat aurait qualité d’intervenant devant
l'arbitre de la charge de travail.
Normes et
relations professionnelles
Le thème dominant
dans le Rapport du Groupe de travail c’est que la collégialité, la liberté
académique et le perfectionnement professionnel constituent des objectifs
importants pour assurer le dynamisme du système collégial.
La septième et
dernière recommandation du rapport est la suivante : « Par conséquent, nous
recommandons que les parties prennent en considération des mécanismes qui
renforcent la collégialité, le perfectionnement professionnel et la liberté
académique. ».
L'équipe de
négociations utilisera le Rapport du Groupe de travail sur la charge de travail
pour aborder un certain nombre de questions que les membres ont soumises dans le
but d'apporter des améliorations à la convention collective.
L’importance du « principe de précaution »
pour la santé et la sécurité au travail
Les collèges
communautaires sont des établissements publics grands et complexes. Afin
d'assurer la santé et la sécurité de nos étudiants, du personnel de soutien, du
personnel administratif et du personnel scolaire, l'équipe de négociations a
proposé d'apporter des changements à l'article 24.02A de la convention
collective, afin d'enchâsser dans la convention le « principe de précaution »
comme philosophie directrice des comités sur la santé et la sécurité.
Le principe de
précaution est une approche visant à éliminer les risques avant qu'ils ne
causent des dommages, et qui est généralement définie comme suit : Le principe
de précaution a pour but de mettre en place des mesures pour prévenir des
risques reliés à la santé et à la sécurité, sans preuve au-delà de tout doute
raisonnable.
Le principe de
l'action préventive est composé de quatre éléments :
·
Nous avons le devoir de prendre les mesures qui
s'imposent pour prévenir les dommages. En cas de soupçon raisonnable d'un
éventuel événement malheureux, nous sommes alors dans l'obligation d'essayer de
le prévenir.
·
Le fardeau de la preuve du caractère non dangereux
d'une nouvelle technologie, d'un nouveau procédé, d'une nouvelle activité ou
d'un nouveau produit chimique incombe à ceux et celles qui désirent l'utiliser
ou le ou l’introduire.
·
Avant d'utiliser une nouvelle technologie, un nouveau
procédé, un nouveau produit chimique ou d'entreprendre une nouvelle activité,
nous avons l'obligation d'examiner une gamme complète de solutions de rechange,
y compris celle de ne rien faire.
·
Les décisions qui s'appliquent au principe de
précaution doivent être ouvertes, éclairées et démocratiques, et doivent inclure
les parties concernées.
Les adages tels
que « préférer la sécurité au regret », « mieux vaut prévenir que guérir » et
« regarde avant de sauter » parlent de l'approche du gros bon sens du principe
de précaution. Malheureusement, la société est toujours lente à adopter de tels
principes. Par exemple, dans les années 1920, les sociétés de produits
pétrochimiques et de l'automobile avaient annoncé qu'elles allaient ajouter du
plomb dans l'essence. Les responsables de la santé publique avaient fait valoir
qu'il faudrait d'abord étudier les répercussions potentielles d'une telle
mesure. Les sociétés gagnèrent leur cause en cour et il fallut près de 60 ans
pour retirer ce dangereux additif de l'essence.
Les choses
prennent du temps à changer. En 1996, l'American Public Health Association a
adopté une résolution intitulée « The Precautionary Principle and Chemical
Exposure Standards for the Workplace » (le principe de précaution et les normes
d'exposition aux produits chimiques en milieu de travail). Cette résolution
reconnaît le besoin d'établir un principe de précaution et de considérer les
produits chimiques comme potentiellement dangereux jusqu'à ce que l'étendue de
leur toxicité soit connue.
En 1999, la
Fédération du travail de l'Ontario a adopté un énoncé de politique intitulé « Occupational
Disease: Shifting the Burden » (maladies professionnelles : déplacer le
fardeau), qui exigeait de la FTO et de ses affiliés qu'ils incorporent le
principe de précaution dans chaque lancement de nouvelles substances, nouveaux
procédés ou nouvelles conceptions des tâches en milieu de travail.
Plus récemment,
en janvier 2007, la Commission sur le SRAS, dirigé par l'honorable juge Archie
Campbell, de la Cour supérieure de justice, publiait son rapport final dans
lequel on insiste plus d’une fois sur la nécessité d'introduire et d'utiliser le
principe de précaution :
Que le principe
de précaution, qui stipule que l'absence de certitudes, compte tenu des
connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder
l'adoption de mesures visant à prévenir un risque, soit adopté en tant que
principe directeur dans tous les systèmes de santé, de santé publique et de
sécurité des travailleurs de l'Ontario, sous forme d'énoncé de politique, par
référence explicite dans toutes les normes et directives d'exploitation
pertinentes, et par inclusion, au moyen d'un préambule, d'une déclaration de
principe ou autre, dans la Loi sur la santé et la sécurité au travail, la Loi
sur la protection et la promotion de la santé et tous les autres lois et
règlements connexes...
Si la Commission avait un seul message à
communiquer, ce serait celui du principe de précaution, qui dit que la sécurité
prime et que l'absence de certitudes scientifiques ne doit pas retarder
l'adoption de mesures raisonnables visant à prévenir un risque...
La leçon
peut-être la plus importante tirée du SRAS est l'importance du principe de
précaution. Le SRAS a démontré l'importance de ce principe plus d’une fois et le
fait que nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre d'avoir des certitudes
scientifiques pour adopter des mesures raisonnables visant à prévenir le risque.
Ce principe devrait être adopté comme principe directeur dans tous les systèmes
de santé, de santé publique et de sécurité des travailleurs de l'Ontario….
…nous ne devrions
pas dépendre des dogmes scientifiques d'hier ou d'aujourd'hui. Nous devrions
être liés au principe de précaution, qui dit que l'absence de certitudes
scientifiques ne doit pas retarder l'adoption de mesures raisonnables visant à
prévenir un risque.
(Traduction libre)
En définissant le
principe de précaution, l'honorable juge Campbell s'est basé sur le rapport
d'une commission précédente, le Rapport Krever sur le système canadien
d'approvisionnement en sang, dans lequel l'honorable juge Krever disait :
Si on a des preuves raisonnables d'une menace
imminente à la santé publique, il ne faut pas attendre d'avoir des preuves
strictes de l'existence d'un rapport de cause à effet avant de prendre les
mesures nécessaires pour contrer ce danger.
Il serait décevant que l'employeur, pour une
raison ou une autre, rejette la recommandation d'ajouter le principe de
précaution dans la convention collective du personnel scolaire en Ontario.
[1]
Le Groupe de révision de la charge de travail (GRCT) est un groupe mixte
syndicat-patronat établi dans chaque collège en vertu de l'article 11 de
la convention collective entre le SEFPO et les collèges.
[2]
Conformément à l'article 11 de la convention collective, l'arbitre de la
charge de travail a le pouvoir de statuer sur les différends relatifs à
la charge de travail lorsque le GRCT est incapable de résoudre la
situation. La décision de l'arbitre a force de chose jugée et doit lier
le collège, le syndicat et l'enseignant concerné.
La distribution de Nouvelles de négociations
est autorisée par Ted Montgomery, président, de l’équipe de négociation du
personnel scolaire des CAAT et par Warren (Smokey) Thomas, président
Syndicat des employés de la fonction publique
de l’Ontario
100, chemin Lesmill, Toronto (Ontario) M3B
3P8
www.sefpo.org
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