
Succès énorme pour le symposium
Le vendredi 1er juin dernier, plus de 75 professeures et professeurs de
l’Ontario, du Manitoba et de la Colombie-Britannique se sont retrouvés à
l’Université Ryerson pour assister au « Symposium sur l’éducation de qualité et
la liberté académique dans les collèges de l’Ontario », co-organisé par le
Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO) et
l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU).
Après un accueil chaleureux de la part de James McKay, président de la section
locale 596 du SEFPO, Eduardo (Eddy) Almeida, premier vice-président/trésorier au
SEFPO, a félicité les participants pour le travail accompli par le personnel
scolaire dans les collèges. Almeida a fait remarquer que nous vivions à une
époque où l’on insinue qu’une éducation de qualité devrait seulement être
disponible pour ceux qui ont les moyens de se la payer. « L’enseignement de
qualité est un droit humain fondamental », a déclaré Almeida, « et en tant que
syndicalistes, nous avons le devoir d’intervenir et de lutter pour l’obtenir.
[Le personnel scolaire des collèges] bénéficie du soutien sans réserve du SEFPO
en ce qui concerne leur quête d’un enseignement de qualité et de liberté
académique. Nous sommes avec vous jusqu’au bout... pas seulement pour nous, mais
aussi pour les générations à venir, pour nos enfants, pour vos enfants, pour les
enfants de nos voisins. »
La liberté académique au premier plan
Le conférencier principal était Marcus Harvey, directeur exécutif de
l’Association du personnel scolaire de l’Université Trent et expert en matière
de liberté académique. « L’expertise du personnel scolaire est le véritable
produit que les collèges ont à offrir », a dit Harvey, « et l’exercice du
pouvoir discrétionnaire du personnel scolaire est ce que les étudiants des
collèges viennent chercher ». La liberté académique est essentielle à l’exercice
de ce pouvoir discrétionnaire.
Harvey dit qu’il faudrait féliciter les membres du personnel scolaire des CAAT
qui, dans cette ronde de négociations, ont mis à l’avant-plan la liberté
académique, car un langage contractuel sur la liberté académique mènera à la
création d’un langage adressant la gouvernance collégiale. Harvey estime que la
priorité accordée à la liberté académique dans le cadre des négociations des
collèges et universités américains est liée à une gouvernance solide au sein de
ces établissements (c.- à-d., le personnel scolaire à son mot à dire dans la
gouvernance de ces institutions) et à la syndicalisation du personnel scolaire.
L’étape suivante logique dans l’évolution des collèges en Ontario consiste à
utiliser un libellé solide sur la liberté académique, négocié collectivement,
pour contribuer à l’enseignement de qualité offert par nos membres
professionnels du personnel scolaire. Selon Harvey, la liberté académique
bénéficie tant au personnel scolaire qu’aux étudiants et à la société : elle
permet aux membres du personnel scolaire de baser leur enseignement sur leur
expertise et leurs connaissances, et sert le bien commun, permettant à ceux à
qui l’on a confié la tâche de diffuser des connaissances de le faire sans
pressions extérieures.
\L’enseignement de qualité
dépend de la liberté académique
Dans la discussion de l’après-midi, animée par Margaret Visser, auteure et
universitaire, les conférenciers ont établi des liens entre l’histoire et
l’importance de la liberté académique aux États-Unis et au Canada, en général,
et en Ontario et en Colombie-Britannique, en particulier. Chaque intervenant a
mis l’accent sur le lien qui existe entre la liberté académique des membres du
personnel scolaire et leur aptitude à fournir un enseignement de qualité à leurs
étudiants. Angela Regnier, agente des communications à l’ACPPU, George Davison,
de la Fédération des éducateurs du postsecondaire de la Colombie-Britannique, et
Penni Stewart, professeure à l’Université York, spécialisée dans les problèmes
liés à la liberté académique, ont tous renforcé le besoin d’inclure un libellé
sur la liberté académique dans les conventions collectives. Ce libellé est
essentiel parce que la loi ne prévoit pas cette protection et parce que les
collèges se battent activement contre. Stewart a fait valoir que « La liberté
académique ne nous est jamais donnée ou offerte, nous devrons toujours nous
battre pour la garder, parce que si nos employeurs peuvent trouver quelque part
où couper, ils n’hésiteront pas à le faire. »
Davison a ajouté que ce libellé ne doit pas être limité aux guides du personnel
scolaire ou politiques générales des collèges, mais qu’il doit entrer dans les
conventions collectives du personnel des collèges. Il a mentionné le libellé des
collèges de la Colombie-Britannique, en grande partie basé sur des clauses de
prestations sociales, qui dit que « le bien commun de la société dépend de la
quête de la connaissance et de sa libre exposition ».
Jonathan Singer, professeur au Collège Seneca à Toronto, a souligné le besoin de
communiquer plus efficacement à nos collègues les problèmes qui menacent la
liberté académique. La liberté académique, a-t-il fait valoir, « c’est le droit
d’assumer nos responsabilités face à nos étudiants : ce n’est pas une question
d’exercer nos pouvoirs sans assumer de responsabilités. Les décisions d’ordre
académique doivent être prises par le personnel scolaire, qui a la capacité de
les prendre et qui est responsable de les mettre en oeuvre dans la salle de
classe. La liberté académique n’autorise pas le personnel scolaire à faire ce
qu’il veut ou à écarter la direction des décisions académiques ». Il a ajouté
que le choix du matériel de cours, la conception du programme et les méthodes de
prestation et d’évaluation font partie de « la liberté d’être enseignant — de
considérer la prestation d’un enseignement de qualité non pas comme une question
d’excellence, mais comme une question de nécessité ».
Cindy Brownlee, diplômée du Collège George Brown et actuellement commissaire
pour les étudiants adultes et à temps partiel auprès de la Fédération canadienne
des étudiantes et étudiants, chapitre de l’Ontario, a souligné que l’Ontario a
le financement par étudiant le plus faible au Canada, devant seulement l’Alabama
dans toute l’Amérique du Nord. Elle a conclu avec un appel à l’établissement
d’une coalition entre les étudiants, le personnel scolaire et le personnel,
ingrédient essentiel d’un enseignement de qualité. « Les coalitions entre
étudiants, personnel scolaire et personnel font peur à l’administration, qui
bénéficie des divisions. Profitez de notre journée ensemble pour semer les
graines de la formation de vastes coalitions dans chaque établissement local.
Les étudiants appuient les travailleurs et sont prêts à marcher main dans la
main. »
Les participants ont participé à des discussions dynamiques et réfléchies toute
la journée. Il était clair, à la fin du symposium, que la liberté académique est
un défi crucial que le personnel scolaire des collèges ontariens se doit de
relever, et que la seule façon de garantir ce droit essentiel est d’inclure un
libellé sur la liberté académique dans les conventions collectives. Le personnel
scolaire des collèges convient que la liberté académique est à l’avant-plan des
revendications dans le cadre de ces négociations.
Ce symposium fut un important forum d’échange d’idées et de renforcement de la
solidarité. Les membres du personnel scolaire de toute la province, les
étudiants et autres alliés du monde du travail conviennent que les gains sur le
plan de la liberté académique doivent être réalisés à la table des négociations.
Et le gagnant du Concours de
vidéo sur l’enseignement de qualité est...
Peter Biesterfeld, membre du personnel scolaire d’Algonquin College! Vous pouvez
regarder sa vidéo à l’adresse suivante :
http://youtube/4CWjwSyooDE. Nous remercions tous les membres du personnel
scolaire et tous les étudiants qui ont participé à ce Concours!
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