L'employeur continue de bétonner sa
position. Dans une quinzaine de jours, il risque de
plonger le système collégial dans une grève évitable -
mais seulement s'il négocie de façon responsable.
Les 15 et 16 février derniers, l'équipe
du personnel scolaire a présenté deux revendications
différentes sous toutes réserves. En parlant de ces
propositions, dans son bulletin de février,
l'employeur les a qualifiées à juste titre « d'options
concevables en vue d'un règlement ».
Dans ce même bulletin, l'employeur fait
valoir que « le Syndicat n'a pas bougé en ce qui
concerne ses revendications sur la charge de travail
et la rémunération ». Je peux vous assurer que les
suggestions du syndicat du personnel scolaire à ce
sujet contenaient des changements à notre prise
de position sur les salaires et des modifications
considérables à nos revendications sur la charge de
travail. Étant donné que les discussions sont sous
toutes réserves, je ne suis pas en mesure de dresser
un rapport relativement aux prises de position de
l'employeur, et encore moins de vous dire s'il a, oui
ou non, pris position. Des rapports ont été remis aux
présidents des sections locales par les intermédiaires
de l'équipe de négociation.
Prétendre que l'offre courante est
adéquate relève d'une indifférence obstinée face à la
réalité. Cette offre a poussé le personnel scolaire à
voter à plus de 80 % en faveur d'une grève. Nous
constatons désormais une tendance récurrente dans la
prise de position de l'employeur : il tient à ce que
l'argent du Fonds pour l'amélioration de la qualité
soit dépensé uniquement au cas par cas. C'est la
raison pour laquelle il ne tient pas à se mettre
d'accord sur les changements systémiques proposés. Bob
Rae avait déjà découvert des problèmes systémiques au
sein du système. Bob Rae savait que des solutions
appliquées au cas par cas ne feraient que nous ramener
au bon vieux modèle d'efficience dans le secteur
public. Le déclin soutenu de la qualité dont Bob Rae a
parlé n'est rien de moins que le legs de la dernière
décennie.
C'est pourquoi l'employeur refuse de
négocier et, dans un langage orwellien ambigu, se
plaît à prétendre que le personnel scolaire n'a pas
bougé. Le personnel scolaire ne peut qu'espérer que
les présidents des collèges et les porte-parole du
ministère ne seront pas gavés et ne se laisseront pas
embobiner par les mêmes demi-vérités et la même
intoxication. Il est impératif qu'ils sachent que
l'équipe du syndicat du personnel scolaire a fléchi et
a déposé devant l'employeur des options de règlement
réfléchies, à l'échelle du système.
En ce qui concerne la question de la
rémunération, l'employeur continue de comparer son
offre à celle qu'il a faite au personnel de soutien
des collèges et aux autres travailleurs de la fonction
publique. Il continue de négliger la juste valeur des
ententes actuelles qui ont été conclues au
secondaire. Les ententes conclues avec les universités
- notre autre groupe de référence – ne sont même pas
mentionnées par l'équipe de négociation de
l'employeur. Rien d'étonnant quand on sait que ces
ententes sont supérieures.
Fait intéressant, les fiduciaires de
retraite des CAAT nous ont appris que l'employeur
avait fait campagne énergiquement pour une
augmentation supplémentaire de 1,5 % cette année sur
nos cotisations au régime de retraite. Cela signifie
que les collèges s'apprêtaient déjà, dans les
coulisses, et étaient prêts à ajouter un autre 1,5 % à
leur cotisation de contrepartie. Les fiduciaires et
les promoteurs du régime, du côté du syndicat, ont mis
un frein à cette initiative et les cotisations
n'augmenteront pas cette année ni l'année prochaine.
[Nous pouvons toutefois nous attendre à une
augmentation dans un avenir pas si lointain que ça.]
Ainsi …les collèges étaient prêts à rajouter 1,5 % de
la masse salariale de tous les employés admissibles à
une pension à leur cotisation, mais ils ne sont pas en
mesure, comme ils semblent l'affirmer, de répondre à
nos revendications salariales. On peut alors se
demander où va finir ce 1,5 %.
Sachant que cette ronde de négociations
serait décisive, le personnel scolaire a envoyé une
équipe de membres chevronnés à la table. Quatre des
sept membres étaient au nombre des trois dernières
équipes qui ont réussi à négocier des ententes
approuvées et signées par les deux parties, sans
recours à la grève. Deux autres de ces sept membres
ont fait partie d'au moins une de ces équipes. Un seul
membre de l'équipe de l'employeur a participé à une
des rondes de négociations précédentes avec le
personnel scolaire.
Dans le cadre d'un petit déjeuner
d'affaires impromptu, un membre éminent de l'équipe de
l'employeur s'est permis de dire à un des membres de
l'équipe de négociation du personnel scolaire, à
propos des négociations,
« Ce n'est qu'un jeu. ».
Ce n'est pas un jeu! Cela n'a rien d'un jeu pour
l'équipe de négociation du personnel scolaire et les
quelque 9 000 membres du personnel scolaire prêts à
déclencher une grève pour obtenir un contrat juste et
raisonnable – un contrat qui prenne en compte les
problèmes systémiques liés à la qualité et les besoins
des étudiants des collèges. Le personnel scolaire ne
permettra pas au système collégial de tomber plus bas.
En attendant la date fatidique du 7
mars, l'équipe encourage chaque membre du personnel
scolaire à prendre rendez-vous avec son membre
respectif de l'assemblée législative provinciale, à
lui écrire par courriel ou à lui téléphoner. Que ce
soit au gouvernement ou au parti de l'opposition, il
est important que les décisionnaires nous entendent.
Il est important qu'ils sachent ce qui se passe
vraiment.
Il est important aussi qu'ils entendent
les étudiants des collèges et les personnes qui
s'intéressent à faire quelque chose pour améliorer la
qualité au sein du système collégial.
Les revendications de ce genre sont
fréquemment accompagnées de notes d'un conférencier.
Je ne pense pas que le personnel scolaire des collèges
ait besoin de telles notes. Notre expérience des
problèmes est une expérience personnelle. Nous voulons
ce que Bob Rae proposait pour remédier aux problèmes
dans les collèges. Nous voulons ce que le gouvernement
a financé : des améliorations à la qualité. Nous le
savons bien, comme Bob Rae, en 2005, et Michael
Skolnik, en 1985, l'ont affirmé : l’objectif de la
qualité dans les collèges ne pourra être réalisé tant
que la direction des collèges tient les rênes. Les
gros bonnets des collèges estiment peut-être être les
gardiens de la qualité – Michael Skolnik l’a mentionné
– mais toutes les études indépendantes menées à date
ont prouvé le contraire.
Dites à vos étudiants ce qu'ils ont à
perdre. Voici quelques extraits de l'allocution du 13
mai 2005 de l'honorable Dalton McGuinty, premier
ministre de l'Ontario, devant les étudiants et
étudiantes de l'université Ryerson, en ce qui concerne
l'éducation supérieure.
Je n'ai pas demandé à Bob Rae de préparer un rapport
pour le mettre sur une tablette.
Par qualité, nous voulons dire un plus grand nombre de
membres du corps professoral dans les collèges et
universités pour tenir compte d’un plus grand nombre
d’inscriptions et pour aider les élèves à réussir,
plus de temps pour les élèves, plus d’étudiants et
étudiantes qui termineront les études de premier cycle
et qui feront des études supérieures et une
circulation plus facile des étudiants entre les
collèges et les universités.
Dans le récent budget, nous avons fait l’annonce de
Vers des résultats supérieur qui est notre plan pour
investir 6,2 milliards de dollars de plus dans nos
universités, collèges et programmes de formation au
cours des cinq prochaines années.
Il augmentera de 39 pour cent le financement annuel de
l’éducation supérieure d’ici 2009-2010... Cette année,
nous allons y ajouter 683 millions de dollars de plus
et un milliard de dollars de plus l’an prochain.
Je sais que les personnes qui offrent les programmes
de formation et d’apprentissage sont prêtes à relever
ce défi et elles vont le relever.
Le personnel scolaire des collèges veut
la même chose. Nous voulons plus de temps pour nos
étudiants et étudiantes. Nous ne devrions pas avoir à
déclencher une grève pour atteindre cet objectif
commun. Mais nous sommes certainement prêts à le faire
si c'est nécessaire.
Ted Montgomery, président de l'équipe
de négociation du personnel scolaire
Personnel scolaire des CAAT