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Destinataires :   Présidents des sections locales du personnel scolaire des CAAT

Expéditrice :      L’équipe de négociation du personnel scolaire

Date :               Le 20 février 2006

Objet :              En attendant le 7 mars

L'employeur continue de bétonner sa position. Dans une quinzaine de jours, il risque de plonger le système collégial dans une grève évitable - mais seulement s'il négocie de façon responsable.

Les 15 et 16 février derniers, l'équipe du personnel scolaire a présenté deux revendications différentes sous toutes réserves. En parlant de ces propositions, dans son bulletin de février, l'employeur les a qualifiées à juste titre « d'options concevables en vue d'un règlement ».

Dans ce même bulletin, l'employeur fait valoir que « le Syndicat n'a pas bougé en ce qui concerne ses revendications sur la charge de travail et la rémunération ». Je peux vous assurer que les suggestions du syndicat du personnel scolaire à ce sujet contenaient des changements à notre prise de position sur les salaires et des modifications considérables à nos revendications sur la charge de travail. Étant donné que les discussions sont sous toutes réserves, je ne suis pas en mesure de dresser un rapport relativement aux prises de position de l'employeur, et encore moins de vous dire s'il a, oui ou non, pris position. Des rapports ont été remis aux présidents des sections locales par les intermédiaires de l'équipe de négociation.

Prétendre que l'offre courante est adéquate relève d'une indifférence obstinée face à la réalité. Cette offre a poussé le personnel scolaire à voter à plus de 80 % en faveur d'une grève. Nous constatons désormais une tendance récurrente dans la prise de position de l'employeur : il tient à ce que l'argent du Fonds pour l'amélioration de la qualité soit dépensé uniquement au cas par cas. C'est la raison pour laquelle il ne tient pas à se mettre d'accord sur les changements systémiques proposés. Bob Rae avait déjà découvert des problèmes systémiques au sein du système. Bob Rae savait que des solutions appliquées au cas par cas ne feraient que nous ramener au bon vieux modèle d'efficience dans le secteur public. Le déclin soutenu de la qualité dont Bob Rae a parlé n'est rien de moins que le legs de la dernière décennie.

C'est pourquoi l'employeur refuse de négocier et, dans un langage orwellien ambigu, se plaît à prétendre que le personnel scolaire n'a pas bougé. Le personnel scolaire ne peut qu'espérer que les présidents des collèges et les porte-parole du ministère ne seront pas gavés et ne se laisseront pas embobiner par les mêmes demi-vérités et la même intoxication. Il est impératif qu'ils sachent que l'équipe du syndicat du personnel scolaire a fléchi et a déposé devant l'employeur des options de règlement réfléchies, à l'échelle du système.

En ce qui concerne la question de la rémunération, l'employeur continue de comparer son offre à celle qu'il a faite au personnel de soutien des collèges et aux autres travailleurs de la fonction publique. Il continue de négliger la juste valeur des ententes actuelles qui ont été conclues au secondaire. Les ententes conclues avec les universités - notre autre groupe de référence – ne sont même pas mentionnées par l'équipe de négociation de l'employeur. Rien d'étonnant quand on sait que ces ententes sont supérieures.

Fait intéressant, les fiduciaires de retraite des CAAT nous ont appris que l'employeur avait fait campagne énergiquement pour une augmentation supplémentaire de 1,5 % cette année sur nos cotisations au régime de retraite. Cela signifie que les collèges s'apprêtaient déjà, dans les coulisses, et étaient prêts à ajouter un autre 1,5 % à leur cotisation de contrepartie. Les fiduciaires et les promoteurs du régime, du côté du syndicat, ont mis un frein à cette initiative et les cotisations n'augmenteront pas cette année ni l'année prochaine. [Nous pouvons toutefois nous attendre à une augmentation dans un avenir pas si lointain que ça.] Ainsi …les collèges étaient prêts à rajouter 1,5 % de la masse salariale de tous les employés admissibles à une pension à leur cotisation, mais ils ne sont pas en mesure, comme ils semblent l'affirmer, de répondre à nos revendications salariales. On peut alors se demander où va finir ce 1,5 %.

Sachant que cette ronde de négociations serait décisive, le personnel scolaire a envoyé une équipe de membres chevronnés à la table. Quatre des sept membres étaient au nombre des trois dernières équipes qui ont réussi à négocier des ententes approuvées et signées par les deux parties, sans recours à la grève. Deux autres de ces sept membres ont fait partie d'au moins une de ces équipes. Un seul membre de l'équipe de l'employeur a participé à une des rondes de négociations précédentes avec le personnel scolaire.

Dans le cadre d'un petit déjeuner d'affaires impromptu, un membre éminent de l'équipe de l'employeur s'est permis de dire à un des membres de l'équipe de négociation du personnel scolaire, à propos des négociations, « Ce n'est qu'un jeu. ». Ce n'est pas un jeu!  Cela n'a rien d'un jeu pour l'équipe de négociation du personnel scolaire et les quelque 9 000 membres du personnel scolaire prêts à déclencher une grève pour obtenir un contrat juste et raisonnable – un contrat qui prenne en compte les problèmes systémiques liés à la qualité et les besoins des étudiants des collèges. Le personnel scolaire ne permettra pas au système collégial de tomber plus bas.

En attendant la date fatidique du 7 mars, l'équipe encourage chaque membre du personnel scolaire à prendre rendez-vous avec son membre respectif de l'assemblée législative provinciale, à lui écrire par courriel ou à lui téléphoner. Que ce soit au gouvernement ou au parti de l'opposition, il est important que les décisionnaires nous entendent. Il est important qu'ils sachent ce qui se passe vraiment.

Il est important aussi qu'ils entendent les étudiants des collèges et les personnes qui s'intéressent à faire quelque chose pour améliorer la qualité au sein du système collégial.

Les revendications de ce genre sont fréquemment accompagnées de notes d'un conférencier. Je ne pense pas que le personnel scolaire des collèges ait besoin de telles notes. Notre expérience des problèmes est une expérience personnelle. Nous voulons ce que Bob Rae proposait pour remédier aux problèmes dans les collèges. Nous voulons ce que le gouvernement a financé : des améliorations à la qualité. Nous le savons bien, comme Bob Rae, en 2005, et Michael Skolnik, en 1985, l'ont affirmé : l’objectif de la qualité dans les collèges ne pourra être réalisé tant que la direction des collèges tient les rênes. Les gros bonnets des collèges estiment peut-être être les gardiens de la qualité – Michael Skolnik l’a mentionné – mais toutes les études indépendantes menées à date ont prouvé le contraire.

Dites à vos étudiants ce qu'ils ont à perdre. Voici quelques extraits de l'allocution du 13 mai 2005 de l'honorable Dalton McGuinty, premier ministre de l'Ontario, devant les étudiants et étudiantes de l'université Ryerson, en ce qui concerne l'éducation supérieure.

Je n'ai pas demandé à Bob Rae de préparer un rapport pour le mettre sur une tablette.

Par qualité, nous voulons dire un plus grand nombre de membres du corps professoral dans les collèges et universités pour tenir compte d’un plus grand nombre d’inscriptions et pour aider les élèves à réussir, plus de temps pour les élèves, plus d’étudiants et étudiantes qui termineront les études de premier cycle et qui feront des études supérieures et une circulation plus facile des étudiants entre les collèges et les universités.

Dans le récent budget, nous avons fait l’annonce de Vers des résultats supérieur qui est notre plan pour investir 6,2 milliards de dollars de plus dans nos universités, collèges et programmes de formation au cours des cinq prochaines années.

Il augmentera de 39 pour cent le financement annuel de l’éducation supérieure d’ici 2009-2010... Cette année, nous allons y ajouter 683 millions de dollars de plus et un milliard de dollars de plus l’an prochain.

Je sais que les personnes qui offrent les programmes de formation et d’apprentissage sont prêtes à relever ce défi et elles vont le relever.

Le personnel scolaire des collèges veut la même chose. Nous voulons plus de temps pour nos étudiants et étudiantes. Nous ne devrions pas avoir à déclencher une grève pour atteindre cet objectif commun. Mais nous sommes certainement prêts à le faire si c'est nécessaire.

Ted Montgomery, président de l'équipe de négociation du personnel scolaire


Personnel scolaire des CAAT
   

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