Numéro 1, 2 septembre 2011
Tard dans la soirée du mercredi 31 août, alors que l'horloge
se rapprochait inéluctablement du délai de grève de minuit, les négociateurs
de l'employeur nous ont dit qu'ils n'avaient rien d'autre à nous proposer.
Ils n'étaient pas prêts à faire un pas de plus pour se rapprocher d'une
entente. Il restait encore sur la table quelques-unes de nos revendications
non encore abordées et un certain nombre de modifications proposées par
l'employeur qui auraient contribué à éliminer des droits dont vous jouissez
actuellement.
Au cours des prochains jours, vous entendrez sans doute dire
combien nous sommes avides de gains et que nous devrions nous considérer
chanceux d'avoir ce que nous avons. Mais en attendant, soyons réaliste et
séparons nos faits de leur fiction.
Salaires
Les collèges offraient 1,5, 1,5 et 1,75 pour les trois années du contrat.
L'inflation annuelle à elle seule est actuellement à 2,7 pour cent par année.
Nous étions prêts à négocier, mais pas un taux salarial qui nous ferait
tomber sous le taux d'inflation.
Allocation spéciale
En vertu de votre contrat actuel, les collèges doivent payer l'allocation
spéciale chaque année le 1er septembre ou la période de paie précédente.
L'employeur veut faire passer la date du paiement à la première période de
paie APRÈS le 1er septembre. 1.
Aperçu du contexte Au mois d'août, le Conseil des employeurs
des collèges a conseillé aux collèges de NE PAS nous payer l'allocation
spéciale cette année. Pourquoi? Nous estimons qu'ils cherchaient par ce
geste délibéré à vous intimider davantage en supprimant des fonds qui
pourraient vous être utiles en cas de grève. Lorsque nous avons demandé à
l'employeur à la table de négociation pourquoi il demandait ce changement,
il a répliqué que le 1er septembre ne tombait pas nécessairement sur une
journée de paie et donc que ça pouvait compliquer le traitement de la paie.
Alors pourquoi n'a-t-il pas proposé la première journée de paie en août? Ou
encore en juillet? Nous pensons que c'est parce qu'il ne veut PAS mettre de
fonds supplémentaires dans votre poche, parce qu'en cas de grève, si vous
avez moins d'argent, vous serez davantage tenté de décider de ne pas appuyer
la grève.
Initiatives/possibilités
Au cours de la dernière ronde de négociations, cette question avait déjà
prêté à controverse. Nous avions éventuellement accepté de garder le
protocole d'entente, estimant qu'il pouvait permettre de créer de bonnes
possibilités de perfectionnement professionnel si utilisé à bon escient.
Néanmoins, les collèges ont abusé de ce protocole. Le résultat est que très
peu de gens sont embauchés à de tels postes pour se perfectionner.
L'employeur demande maintenant que la lettre fasse désormais partie
intégrante de notre convention collective.
Horaire variable
Les négociateurs de l'employeur ont affirmé qu'ils n'avaient pas assez de
temps avec deux semaines et qu'ils voulaient un préavis plus long pour
choisir de ne pas participer à l'horaire variable - même si vos
circonstances spéciales requièrent un changement d'horaire.
Semaines de travail comprimées – C'était un aperçu des intentions de
l'employeur qui affectent votre vie professionnelle. D'un côté, l'employeur
a enfin abordé la question des semaines de travail partagées. De l'autre
côté, l'employeur n'a pas parlé des changements de quart éventuellement
nécessaires ou des changements qui pourraient devoir être apportés à vos
horaires de travail. Les négociateurs de l'employeur n'ont pas abordé la
façon dont ils s'occuperaient des iniquités possibles, comme par exemple si
certains membres se voient accorder le droit à la semaine de quatre jours
alors qu'on le refuse à d'autres. En vertu de la proposition de l'employeur,
les travailleurs aux premières lignes n'auraient jamais droit à la semaine
de quatre jours. L'employeur n'a pas dit que si vous aussi vouliez avoir
droit à la semaine de quatre jours, votre seule option était de faire
pression auprès de votre supérieur.
Congés du Comité de négociation du syndicat
Nous pensons que l'employeur veut semer la pagaille entre votre équipe de
négociation et vous en essayant de vous faire croire qu'en fait, dans ce
conflit, ce sont les dirigeants syndicaux qui veulent plus, pas les membres,
qui, eux, sont prêts à accepter le statu quo.
Congés autorisés
Afin de bien servir les besoins de nos membres, vos représentants élus ont
besoin de congés. Ce n'est peut-être pas un gros problème pour les membres,
mais c'est une autre façon pour l'employeur de causer la discorde entre les
membres et vos représentants syndicaux élus.
Congés pour la représentation syndicale
Un autre exemple de la façon dont l'employeur cherche à nuire à votre droit
à une forte représentation syndicale et à l'exécution du contrat.
Plaintes/griefs
C'est une proposition en fait tout à fait décente sur laquelle les deux
parties ont réussi à s'entendre. L'employeur a proposé un processus interne
plus rapide et nous avons proposé d'adresser les plaintes et les griefs à un
seul arbitre plutôt qu'à une commission. Cette modification pourrait
permettre aux collèges et au syndicat d'économiser des centaines de milliers
de dollars chaque année. Malgré tout, l'employeur cherche encore à limiter
les pouvoirs de l'arbitre.
Travailleurs et travailleuses d'été
Nous tenons à ce que les collèges paient ces étudiants à un taux évalué de
façon appropriée – et non pas au salaire minimum réduit réservé aux
étudiants.
Période d'essai
Il y a quarante-deux ans, en vertu de notre première convention collective,
notre période d'essai était de six mois. Qu'est-ce qui a changé au cours de
ces 42 années? Pourquoi estime-t-on qu'il est tout à coup urgent de modifier
la durée de notre période d'essai? De nouveau, l'employeur tente de
compromettre nos bons emplois et d'abuser des nouveaux employés. Nous
estimons que l'objectif véritable de l'employeur est d'embaucher de nouveaux
employés et de les laisser aller avant la fin de leur période d'essai, pour
ainsi créer une main-d'œuvre temporaire.
Cela fait 32 ans que le personnel de soutien des CAAT n'a
pas fait grève, mais le 1er septembre, nous avons résisté à l'employeur pour
exiger le respect qu'il nous doit. Nous nous sommes défendus pour nous
protéger contre l'érosion des bons emplois et pour faire en sorte que nos
enfants aient de bons emplois dans l'avenir.
Enfin, et je vous quitte sur cette pensée, le personnel de
soutien forme l'ossature du réseau collégial; nous sommes l'infrastructure
des collèges de l'Ontario et nous assurons leur bon fonctionnement.