Le manque d'inspecteurs
qualifiés met en danger les résidents des foyers de soins
22 juin 2012
Selon le SEFPO, les inspecteurs que le
ministère de la Santé et des Soins de longue durée envoie dans les foyers de
soins ne sont pas qualifiés pour faire leur travail. On expose les résidents
des foyers de soins à des risques juste pour économiser sur l'inspection.
Le SEFPO dit qu'avant le 20 juillet 2010,
date à laquelle les nouvelles lois sont entrées en vigueur, les inspecteurs
des foyers de soins enquêtaient sur les plaintes et les incidents critiques,
y compris les questions d'abus ou d'activités de la vie quotidienne, telles
que les soins aux incontinents, l'hygiène, la gestion des comportements, le
traitement des plaies et les chutes. L'inspection des foyers de soins
exigent un examen des dossiers cliniques, des notes d'évolution, des
dossiers de médicaments et du diagnostic médical des résidents.
Les deux autres types d'inspecteur, qui
s'occupent de l'alimentation et de l'environnement, ne devraient se
concentrer que sur les questions liées à leur domaine de formation.
« Les inspecteurs de l'alimentation et de
l'environnement sont désormais chargés d'évaluer les dossiers de soins des
résidents – ce qui n'est pas du tout de leur ressort », nous dit Warren
(Smokey) Thomas, le président du SEFPO. « Pire encore, ces inspecteurs n'ont
pas reçu de formation sur les différents logiciels qu'utilisent les foyers
de soins pour passer en revue les dossiers de santé des résidents. Ils n'ont
aucune idée, ou très peu, de la pertinence de ce qu'ils examinent.
Les inspecteurs environnementaux sont des
inspecteurs de la santé publique certifiés, spécialistes en matière de
prévention et de contrôle des infections. Ils examinent des choses telles
que l'entretien, les pratiques environnementales, le contrôle des
infections, la sécurité, la sécurité des bâtiments et le contrôle des
insectes nuisibles.
Les inspecteurs de l'alimentation sont
des diététistes agréés, qui possèdent de l'expérience en soins de nutrition
et en besoins d'hydratation, en production alimentaire, planification des
menus et examen des dossiers cliniques liés au poids, ainsi qu'en
consommation d'aliments et de liquides, par exemple.
Entre temps, on demande à des infirmières
de s'occuper d'inspections qui incluent des choses comme le contrôle des
insectes nuisibles, la sécurité aux portes, l'entretien et la prévention des
infections environnementales – un domaine de spécialisation normalement
couvert par les inspecteurs environnementaux.
Les inspecteurs disent qu'ils doivent
souvent demander à leurs collègues spécialisés de les aider à remplir leurs
rapports d'inspection, afin de s'assurer de ne rien oublier. Après tout, les
inspecteurs finissent par être responsables de leurs rapports.
« Le gouvernement essaie d'épargner de
l'argent en recourant à des inspecteurs qui ne sont pas qualifiés pour les
inspections qu'on leur demande de faire », a ajouté Thomas. « Ça fragilise
le processus. »
L'an dernier, on a compté près de 6 000
plaintes et incidents critiques sur lesquels les inspecteurs ont dû
enquêter. Et ça, c'est en sus des inspections annuelles plus détaillées
qu'ils doivent effectuer – que l'on appelle parfois inspections de la
qualité de vie des résidents, lesquelles prennent plus de deux semaines.
Avec le nombre limité d'inspecteurs disponibles, beaucoup de foyers de soins
devront attendre des années avec d'être soumis à une telle inspection
minutieuse. La plupart des foyers de soins en Ontario ont été soumis à leur
dernière inspection complète avant 2010.
La semaine dernière, le SEFPO a rapporté
que le manque d'inspecteurs suffisamment qualifiés avait contribué à de
longs retards dans les enquêtes des rapports de plaintes et d'incidents
critiques.
La nouvelle législation promulguée au
mois de juillet 2010 exige des foyers de soins qu'ils signalent de nombreux
types d'incident critique différents, comme les abus et les blessures – qui
doivent tous faire l'objet d'une enquête. Avec l'augmentation du nombre de
plaintes relatives aux problèmes de soins aux résidents, le nombre
d'inspecteurs n'a pas suivi la charge de travail.