Jour de deuil national – le 28 avril
13 avril 2010
Dans toute la province les membres du SEFPO
vont de nouveau marquer le 28 avril – comme Jour de deuil national. Cette
Journée internationale de deuil a été lancée par le mouvement syndical par
l’intermédiaire du Congrès du travail du Canada en 1984. Elle a été reconnue
par le gouvernement fédéral en 1991 et cette journée est maintenant commémorée
partout dans le monde dans plus de 80 pays.
Les membres du SEFPO marquent cette journée
avec tristesse et fierté : tristesse, parce que de si nombreux décès, de si
nombreuses blessures et maladies qui pourraient évités par la prévention
continuent de frapper mortellement les travailleurs; la fierté parce que les
membres du SEFPO ont aidé a faire apporter des changements significatifs à la
Loi sur la santé et la sécurité au travail par leur participation aux campagnes
antiviolence dans leurs secteurs au travail.
Cette année le SEFPO commémore notre confrère
Daniel Olushola Oluwaseun. Il était membre de la Section locale 573 qui
représente les travailleurs au Centre de traitement Muki Baum, un organisme de
services de développement. Daniel est décédé tragiquement le 5 juillet 2009
lors d’un accident dans une piscine alors qu’il était au travail. Notre
réflexion porte sur la perte de notre confrère Daniel et sur celle de tous les
travailleurs qui meurent au travail ou à cause de maladies causées par leur
travail.
Cette année nous célébrons qu’après des
années de pression politique exercée par les syndicats et leurs membres la Loi
sur la santé et la sécurité au travail a été finalement amendée pour identifier
que la violence est un danger dans tous nos lieux de travail et que cela
requiert la prise de mesures spécifiques afin d’avoir un tel risque de danger
sous contrôle. C’est certainement une victoire qui vaut la peine d’être
célébrée mais elle a été obtenue à un coût épouvantable. Cela a coûté des décès
de travailleurs brutaux, violents et qui auraient pu être évités par la
prévention comme celui de Lori DuPont.
Il faut noter que la perte de 26 mineurs lors
du désastre de Westray en 1992 avait mené à la mise en vigueur du Projet de loi
C45 en 2004. Ce Projet de loi C45 déclare clairement dans le Code criminel que
le mépris sans aucun égard ou irresponsable de la sécurité des travailleurs et
du public en général dans le cadre d’un lieu de travail constitue une infraction
criminelle et que les cadres de direction d’entreprise, les directeurs et les
gérants pourraient être tenus pour responsables du point de vue criminel. Au
cours des six années depuis la mise en vigueur du Projet de loi C45 en Ontario,
plus de 400 travailleurs ont été tués au travail. Nous constatons que pendant
six ans le Projet de loi C45 a accumulé la poussière sur une tablette en
Ontario. Il est évident que les corps de police et les procureurs de la
Couronne n’ont pas la formation, l’expertise ni les directives des superviseurs
pour porter des accusations criminelles en matière de crimes relatifs à la
santé et à la sécurité au travail quand cela est approprié. Mais cela est en
train de changer aussi et finalement cette année, des accusations criminelles en
vertu du Projet de loi C45 ont été portées lors du décès d’un travailleur de
l’Ontario tué par écrasement lors de la chute d’une grue.
Il faut noter que la tragédie arrivée la
veille de Noël et qui a coûté la vie de quatre travailleurs de la construction
et qui a causé de sérieuses blessures à un cinquième travailleur a incité le
gouvernement de l’Ontario à former un panel d’experts afin d’examiner pour
quelles raisons notre système de santé et de sécurité au travail ne fonctionne
pas. Il a été demandé à ce panel d’effectuer un examen très large de la
situation en se concentrant sur les travailleurs occupant des emplois non
syndiqués et précaires, qui craignent de perdre leur emploi s’ils se plaignent
au sujet des risques de danger. Nous apprécions la formation de ce panel mais
nous craignons que son champ d’action limité et les délais qui lui sont impartis
l’empêchent de trouver ce qui se trouve à la racine des problèmes et de
recommander des solutions aux défaillances du système de santé et de sécurité au
travail en Ontario. Nous exigeons que le gouvernement intervienne sérieusement
pour remédier à ces défaillances.
Il faut noter que les statistiques montrent
que la meilleure protection en matière de santé et de sécurité au travail qu’un
travailleur puisse avoir sur son lieu de travail est d’appartenir à un syndicat
où les travailleurs bénéficient de droits reconnus et de la protection contre
les représailles pour vouloir se prévaloir de ces droits.
Chaque jour des membres du SEFPO qui sont des
Inspecteurs du ministère du Travail sont sur le terrain et travaillent
d’arrache-pied pour essayer de faire en sorte que les lieux de travail de
l’Ontario soient plus sécuritaires pour tous les travailleurs et toutes les
travailleuses de l’Ontario, mais ils ne disposent pas de directives législatives
suffisamment impératives pour ce faire, telles qu’une réglementation relative à
l’ergonomie. Ils ne disposent pas d’une gamme appropriée de pénalités à
appliquer, comme l’imposition d’amendes administratives aux employeurs qui font
défaut d’observer les textes législatifs. Le ministère ne porte pas
suffisamment d’accusations formelles devant les tribunaux pour des infractions
aux textes de loi sur la santé et la sécurité au travail en Ontario. Ils n’ont
pas suffisamment de ressources techniques, telles que des ingénieurs, des
ergonomes et des hygiénistes industriels pour évaluer les risques de danger sur
le lieu de travail. Il n’y a tout simplement pas suffisamment d’inspecteurs pour
faire appliquer les lois de façon appropriée.
Il est temps de donner à ceux qui sont
chargés de l’application du Code criminel du Canada et des textes de loi sur la
santé et la sécurité au travail en Ontario les outils et les ressources dont ils
ont besoin pour effectuer le travail. Le moment est venu de prendre la mise en
application des lois au sérieux.
Comme l’a fait remarquer Sid Ryan, président
de la Fédération du Travail de l’Ontario – nous avons un message clair pour les
employeurs de l’Ontario : « Qui tue un travailleur, va en prison ! »
Pour tous les renseignements sur les
événements du Jour de deuil dans votre communauté, veuillez cliquer sur
l’hyperlien suivant :
http://www.whsc.on.ca/pdfs/ListOfEvents_
DOM10_webMar18upd.pdf
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