Dans TUAC,(Travailleurs
et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce),section locale 1518, c. K-Mart,
une décision rendue par la Cour Suprême du Canada le 9 septembre 1999, le syndicat
tentait de manière paisible, de distribuer des tracts dans des lieux de travail
secondaires de manière à encourager un boycott des consommateurs. La Cour a maintenu que
ceci était acceptable. La Cour Suprême du Canada commentait sur l'importance de la
liberté d'expression des syndicats et de leurs membres. Par exemple, la Cour
dit:
- «Pour les employé-e-s, la liberté d'expression devient non seulement une composante
importante mais essentielle des relations de travail. C'est par la liberté d'expression
que des travailleurs-euses vulnérables sont capables de recruter l'appui du public dans
leur quête pour obtenir de meilleurs conditions de travail».
- «Pour les travailleurs-euses, une forme d'expression qui traite de leurs conditions de
travail et du traitement par leur employeur est une déclaration à propos de leur mileu
de travail. De cette manière, elle se rattache à leur bien-être et à leur dignité
dans le lieu de travail».
- «Il est évident que la liberté d'expression dans le contexte des relations de travail
est fondamentalement importante et essentielle pour les
travailleurs-euses. Dans tout
conflit de travail, il est important que le public soit au courant des
problèmes».
En maintenant le droit du syndicat à s'engager dans la distribution de tracts aux
consommateurs-trices, la Cour distingue la distribution de tracts du piquetage
conventionnel. La Cour suggère qu'il peut être raisonnable de mettre des restrictions
sur le piquetage secondaire, si l'on tient compte de la «composante
coercitive»
habituellement associée au piquetage. Par contraste, la distribution secondaire de tracts
aux consommateurs-trices est acceptable parce que son seul but est de persuader les
membres du public à travers une divulgation rationnelle et bien
renseignée. La Cour
évalue qu'il s'agit de l'essence même de la liberté d'expression.
La Cour a noté que les interdictions à la distribution de tracts aux
consommateurs-trices pourraient indûment transférer la balance du pouvoir aux employeurs
lors d'un conflit de travail, qui sont, de manière plausible, plus capables d'avoir les
ressources nécessaires pour payer un espace publicitaire dans les journaux ou des
panneaux publicitaires ou pour payer du temps d'antenne à la radio ou à la
télévision.
La Cour Suprême du Canada a maintenant confirmé le droit à la distribution de tracts
aux consommateurs-trices. Toutefois, la distribution de tracts doit être faite avec
précautions sil elle veut être légale. Voici la démarche à
suivre:
Quels sont les lieux de travail secondaires acceptables?
- Les exemples de lieux de travail secondaires acceptables incluent d'autres magasins
exploités par l'employeur, d'autres divisions exploitées par
l'employeur, ou d'autres
commerces qui vendent ou distribuent des produits de l'employeur.
Comment la distribution de tracts doit-elle se faire?
- Les tracts peuvent être distribués par un petit groupe de personnes qui se tiennent
près de l'entrée du lieu de travail secondaire.
- La distribution de tracts ne doit pas impliquer un grand nombre de personnes de manière
à créer une atmosphère d'intimidation.
- Les distributeurs-trices de tracts ne doivent pas bloquer l'entrée et ne doivent pas
empêcher les clients ou fournisseurs d'entrer ou de quitter les
lieux.
- La distribution de tracts doit se faire de manière paisible. Il ne doit pas y avoir
d'intimidation physique ou verbale ou de violence.
- Les distributeutrs-trices ne doivent pas tenir d'affiches.
Qu'est-ce qui peut être dit dans les tracts?
- Les tracts peuvent avec précision donner des renseignements
tels:
- La nature du conflit de travail du syndicat avec l'employeur
primaire;
- La position du syndicat dans le conflit de travail;
- La nature des termes et conditions de l'employeur primaire;
- La nature des pratiques déloyales présumées menées par
l'employeur;
- Les tracts peuvent demander aux consommateurs-trices de boycotter l'employeur et de
magasiner ailleurs.