Divison des employé(e)s de la régie
des alcools

Notes pour Vanda Klumper, présidente, équipe de négociation de la LBED

Conférence de presse pour l’annonce de la demande du vote de grève, en date du 8 mai 2009

Bon après-midi et merci d’être ici aujourd’hui.

Je m’appelle Vanda Klumper. Je suis la présidente de la Division des employés de la régie des alcools du Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario et je suis aussi la présidente de l’équipe de négociation du syndicat.

Dans la réalité, j’occupe un poste de représentante du service à la clientèle au magasin de vente au détail de la LCBO de Stratford.

Je suis aujourd’hui ici en compagnie de Smokey Thomas, président du SEFPO, de tous les membres de notre équipe de négociation et des membres de la direction de notre personnel syndical.

Comme vous le savez, nous avons demandé la tenue d’un vote de grève et nous demandons leur soutien à nos 6 000 membres de manière à pouvoir retourner à la table des négociations et obtenir la convention collective dont nous avons besoin.

Nous vous avons invités à nous rencontrer ici aujourd’hui afin de vous fournir un certain nombre d’informations sur l’historique de ces négociations et de faire une mise à jour sur ce qui s’est passé jusqu’ici à la table des négociations.

Tout d’abord, sachez que notre convention collective avec la LCBO a expiré le 31 mars de cette année. Nous avons commencé les négociations le 9 mars et depuis nous avons passé 25 jours à la table de négociations.

Malgré nos meilleurs efforts, il est maintenant clair que les deux parties ont des philosophies totalement différentes et qu’aucun progrès réel n’est possible sans une démonstration de soutien solide de la part de nos membres sous forme d’un vote de grève.

La revendication centrale de ces négociations se résume à une seule question : « Quel genre d’Ontario voulons-nous? »

Voulons-nous un Ontario avec de bons emplois permanents avec un salaire décent et des avantages sociaux afin que des personnes ordinaires aient des conditions de vie décentes, ou allons-nous accepter des emplois à temps partiel, sans sécurité d’emploi, des emplois jetables qui ne permettent même pas d’élever nos enfants correctement et qui n’offrent aucun espoir pour l’avenir?

La plupart des gens regardent la LCBO et s’imaginent, « Quelle chance d’avoir un tel emploi! –un employeur riche, de bons salaires et des avantages sociaux, un régime de pension – pas mal du tout!»

Mais la réalité de travailler à la LCBO est très différente en fait de cette perception par le public.

Il y a trente ans, chaque emploi auprès de la Régie était un emploi correspondant à la perception du public ci-dessus. Mais il y a eu bien des changements depuis.

En 1980, la LCBO a commencé a utiliser du personnel temporaire, emplois que nous appelons maintenant occasionnels.

Les employés occasionnels représentent maintenant plus de 60 pour cent de la main d’oeuvre de la LCBO. Les travailleurs occasionnels sont payés nettement moins que le personnel permanent, ils n’ont pas d’avantages sociaux et ne peuvent cotiser au régime de pension, en outre ils n’ont aucune garantie quant au nombre d’heures de travail.

La vie d’un employé occasionnel consiste à attendre que l’on vous appelle pour aller travailler.

C’est de ne pas être là pendant que vos enfants grandissent car vous êtes retenu tard au travail et durant les fins de semaine. C'est de ne pas être en mesure de planifier aucune activité parce que la LCBO exige que vous soyez disponible pour travailler à toute heure quand les magasins, les entrepôts et les bureaux sont ouverts.

Je le sais – j’ai été moi-même une employée occasionnelle pendant 15 ans.

En 1996, la LCBO a introduit un nouveau type de travailleur occasionnel appelé « à terme fixe ».

Tout comme les autres employés occasionnels, ces derniers n’ont pas d’avantages sociaux ni de nombre d’heures de travail garanties. Ils travaillent au mois de décembre et ils travaillent en été.

Cet été, la LCBO s’attend a employer environ 1 500 travailleurs à terme fixe. Ils sont payés10 $ de l’heure.

En 2002, la LCBO avait décidé que tout employé occasionnel engagé après le 31 août de cette année là n’aurait jamais l’occasion d’atteindre le sommet de la grille salariale.

Le membre du SEFPO type engagé depuis ce jour là gagne 2 $ de moins de l’heure que les employés qui ont été engagés avant cette date.

À l’heure actuelle, en ce moment même, nous avons en place une structure salariale à quatre niveaux dans nos magasins de vente au détail et des problèmes similaires dans nos entrepôts et au Siège social de la LCBO sur la rue Lakeshore.

Au niveau supérieur nous avons encore des emplois relativement bons. Il s’agit d’emplois à temps plein, permanents, avec un salaire décent et avec avantages sociaux et des régimes de pension.

Comme pour les employés occasionnels, les employés à temps plein ont à faire face aux défis de travailler pour la LCBO.

Pour la plupart d’entre nous, il est normal de charger 800, ou un millier ou 1 300 cartons de bouteilles dans un camion ou de les décharger d’un camion en une seule journée. Les stocks de tous ces cartons de bouteilles doivent être placés sur des étagères et ils sont comptabilisés sur les caisses enregistreuses une fois vendus.

Au cours de notre journée de travail, nous devons à faire avec des personnes sous l’effet de la boisson, des voleurs et des personnes mineures qui veulent se procurer des boissons alcoolisées.

Ce n’est pas toujours facile. D’une façon ou d’une autre, si vous avez un emploi permanent auprès de la LCBO, vous pouvez tirer votre épingle du jeu.

Mais voilà, la LCBO veut abolir de tels emplois.

Lors des négociations la semaine dernière, notre employeur a présenté une proposition à la table des négociations qui sonnait le glas pour les emplois restants annuels et permanents et à temps plein qu’occupent nos membres en ce moment dans les magasins, les entrepôts et les bureaux.

Aux termes de cette proposition de la LCBO, chaque emploi permanent à temps plein serait assujetti à des mises à pied pour des périodes allant jusqu’à 90 jours et cela pourrait arriver plus d’une fois par an.

Chaque poste permanent à temps plein deviendrait un emploi saisonnier assujetti à des périodes prolongées de revenu réduit ou sans revenu du tout.

Cette destruction d’emplois permanents à temps plein n’a rien à voir avec la disponibilité de travail à temps plein.

La LCBO a eu des emplois permanents à temps plein dès le début. Nos magasins et nos entrepôts fonctionnent avec des horaires d’ouverture plus longs que jamais auparavant.

Donc, quel est le problème?

Le problème c’est une société qui s’entête à poursuivre un but unique, réaliser des profits – même si cela signifie de détruire l’existence des gens qui gagnent leur vie en lui procurant ces profits.

Les profits réalisés par la LCBO étaient de 1,345 milliards de dollars l’an passé, sans compter les 382 millions de dollars en taxes remis au gouvernement provincial.

Pour placer ceci en perspective, les profits de la LCBO par travailleur sont d’environ 200 000 $ par an. Cela représente en gros 30 fois le profit par travailleur réalisé par Wal-Mart. Malgré cela, quelques 60 pour cent des membres du SEFPO travaillant à la LCBO sont des travailleurs occasionnels qui gagnent en moyenne moins de 20 800 $ par an. Sans avantages sociaux. Sans régime de pension. Sans garantie aucune qu’ils vont travailler l’an prochain, le mois prochain ou même la semaine qui s’en vient.

Nous n’acceptons pas cet état de faits. Nous sommes persuadés que de bons emplois qui permettent aux gens d’avoir des conditions de vie décentes, d”élever leurs enfants correctement et de prendre leur retraite avec dignité sont à la base des économies locales qui se portent bien.

Lorsque les travailleurs sont bien traités, les affaires prospèrent.

La vision de la LCBO d’un monde parfait en est une où les clients sont tous riches et les employés sont tous pauvres.

Nous ne partageons pas cette vision. Elle ne cadre pas avec la réalité. Elle ne satisfait pas les besoins de nos familles. Elle n’est pas efficace pour nos communautés. Elle ne correspond pas à ce que souhaite l’Ontario.

Nous sommes prêts à nous battre pour notre vision de l’Ontario. Cette lutte commence aujourd’hui.

Index de négociation collective 2009

Index de négociation collective 2009

 


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