AVIS

« Votre gouvernement ne manifeste aucune intention de protéger les services publics dont nos communautés ont tant besoin. »


3 octobre 2012

Dans une lettre adressée au Premier ministre de l’Ontario, Warren (Smokey) Thomas, président du SEFPO, dit à Dalton McGuinty que la législation proposée par son gouvernement, en ce qui concerne la négociation collective, menace de mettre un terme à toute négociation collective véritable au sein du secteur public.

Lisez la lettre en entier :

 

Le 3 octobre 2012

L'Honorable Dalton McGuinty
Premier ministre de l'Ontario
Salle 281, Édifice de l'Assemblée législative
Queen's Park, Toronto (Ontario)
M7A 1A1

Monsieur le Premier ministre McGuinty,

Je vous écris pour exprimer les préoccupations profondes des membres du Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario (SEFPO). Et ces préoccupations viennent de l'intention de votre gouvernement d'introduire la Loi de 2012 respectant la négociation collective dans le secteur public.

Nous croyons que l'adoption de cette loi va à l'encontre de droits protégés par la Charte canadienne des droits et libertés. Dans notre démocratie, la Charte empêche les gouvernements de légiférer pour retirer des droits individuels et collectifs. En conséquence, le SEFPO enjoint votre gouvernement d'obtenir une décision des tribunaux relativement à la légalité de cette proposition de législation avant sa mise en œuvre.

Cette mesure est justifiée par le fait que l'objet de la législation proposée, comme vous l'avez dit vous-même, est d'imposer un gel salarial et d'autres coupures pour près de 500 000 travailleurs du secteur public.

Nous notons également que le ministre des Finances Duncan a dit que ce projet de loi pouvait être inconstitutionnel. « Une telle mesure comporte des écueils constitutionnels, il va sans dire » (traduction libre), avait déclaré Duncan après avoir révélé les détails de l'avant-projet de loi.

Le SEFPO estime que chaque citoyen en Ontario, syndiqué ou non, est en droit de craindre vivement un gouvernement qui essaie d'adopter une loi qu'il admet lui-même pouvoir être inconstitutionnelle. Cet avant-projet de loi est une véritable atteinte aux fondements démocratiques sur lesquels repose notre province, et il indique que notre premier ministre, vous-même, et le ministre des Finances êtes prêts à votre gouvernement au-dessus des lois.

Ce n'est pas ainsi que le peuple de l'Ontario souhaite voir agir son gouvernement. Nos dirigeants ne devraient pas jouer l'avenir de nos institutions démocratiques, de nos traditions et de nos droits garantis par la Charte. Si après que cette mesure législative soit adoptée, promulguée et contestée, on la déclare inconstitutionnelle, les Ontariens devront dépenser des millions de dollars en frais juridiques et dommages. 

Cette action présente toutes les caractéristiques du désespoir si l'on tient compte du fait que ce projet de loi rétrograde est présenté avant même que les syndicats n'aient demandé quoi que ce soit en matière d'augmentations salariales ou de prestations. Où est la menace qui justifie une telle action? Les membres du SEFPO sont tout à fait conscients de la situation économique dans laquelle se trouve notre province. Aucun d'entre eux ne présente de demandes extravagantes.

En dépit de vos promesses et protestations, la réalité des compressions, mises à pied et privatisation constantes décidées par votre gouvernement ne manifeste aucune intention de protéger les services publics dont nos communautés ont tant besoin.

Et voilà que, avant même que des négociations n'aient été entamées, votre gouvernement présente une loi antidémocratique pour s'arroger des pouvoirs sans précédent quasi illimités pour geler les salaires ou réduire les congés de maladie et autres prestations acquises. Cet avant-projet de loi limite le droit légitime de faire grève et permet que des conventions collectives négociées librement soient annulées et remplacées par des contrats gouvernementaux unilatéraux. Vos actions menacent de mettre un terme à toute négociation collective véritable au sein du secteur public, suscitant des incertitudes pour les employeurs, les travailleurs et les communautés de tout l'Ontario. 

Franchement, cela devrait donner la frousse à quiconque qui vit ou qui fait des affaires dans cette province.

Nous attendons votre réponse.

Veuillez agréer, Monsieur le premier ministre, nos salutations distinguées.

 

Warren (Smokey) Thomas

Président

 

copie : Tous les députés provinciaux

 

 


Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario, 100, chemin Lesmill,  Toronto (Ontario) M3B 3P8  (416) 443-8888

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