Reconnaître la vérité sur la démission du premier ministre de
l’Ontario
16 octobre 2012
Lundi soir, le premier ministre Dalton McGuinty a pris la
population de l'Ontario par surprise en annonçant sa démission comme chef du
parti libéral. Bien que le moment précis de son annonce soit inattendu, nous
devons être honnêtes et nous poser la question suivante : Est-ce que quelqu’un
est vraiment surpris ?
Ce qui a vraiment pris la plupart des gens au dépourvu, c’est
que McGuinty a également annoncé qu'il a demandé la prorogation de l’Assemblée
législative jusqu'à ce qu'un nouveau chef du parti soit élu. Et, dans
l’intervalle, il continuera à occuper le poste de premier ministre de
l’Ontario. Il est douteux qu’un nouveau chef puisse être élu avant le printemps
prochain.
Je vais sauter les mots de gentillesse et laisser tous les
compliments fleuris sur le dévouement de McGuinty en matière de services publics
aux politologues. L'essentiel, c'est que ce premier ministre n’assume plus la
responsabilité de l’échec des politiques et des programmes de son gouvernement.
McGuinty est TOUJOURS le grand chef qui dirige la province,
mais dorénavant il pourra continuer de le faire sans tenir compte des idées et
des opinions des partis d'opposition à Queen's Park.
En prorogeant l'Assemblée législative, McGuinty pourra
joyeusement continuer sur sa lancée, sans obligation de rendre compte. Il
n'aura plus besoin de répondre à des questions difficiles au sujet du scandale
Ornge. Les audiences pour outrage contre le ministre de l'Énergie, Chris
Bentley, n’auront pas lieu. Mais plus important encore, il arrive à esquiver sa
responsabilité de l'un des plus grands complots politiques en Ontario – le
fiasco de l’usine à gaz.
Voici un gouvernement qui a dépensé près d'un milliard de
dollars de l'argent des contribuables pour une raison, et pour une seule raison
: obtenir suffisamment de sièges pour former un gouvernement majoritaire. Mais
les libéraux ont échoué. L'utilisation de fonds publics à des fins politiques
est l'un des plus grands tabous au sein du gouvernement ... et maintenant
McGuinty tente de sortir indemne de cette conduite scandaleuse.
Le gouvernement McGuinty a montré son arrogance véritable en
exigeant que les travailleurs paient de l'argent qu'ils en ont à peine. Il veut
geler leurs salaires et réduire leurs avantages sociaux sous prétexte de réduire
le déficit. Il veut aussi faire adopter un projet de loi pour dénier aux
enseignants leurs droits de négocier collectivement. Et il s'apprête à faire
exactement la même chose à plus d’un demi-million de travailleurs du secteur
public. Ce n'est pas un gouvernement démocratique ... c'est une dictature qui
fait reculer les droits des travailleurs de près de 50 ans.
Où en sommes-nous ? La prorogation de l’Assemblée
législative, c’est un geste inutile, et, à mon avis, lâche. Au cours des quatre
à six prochains mois, la démocratie à Queen’s Park est morte. La seule chose
que le gouvernement ne puisse pas faire pendant ce temps là est de faire adopter
une nouvelle loi. Cela signifie que la « Loi protégeant les services publics »
entre dans l'histoire, du moins, pour le moment.
Cela signifie que nous pouvons maintenant aller de l'avant
sur les négociations contractuelles de la Fonction publique de l’Ontario et du
secteur parapublic sans avoir une guillotine suspendue au-dessus de nos têtes.
Nous pouvons présenter des propositions visant à protéger les services publics
et faire en sorte que ceux qui les fournissent peuvent le faire efficacement.
Soyons clairs ... ce ne sera pas une tâche facile. Il faudra de la créativité
à la table de négociation et de l’appui sans réserve des membres pour atteindre
cet objectif.
Mis à part tout le drame qui se déroule dans la vie politique
de l'Ontario, nous allons maintenant nous concentrer sur deux choses. Nous nous
préparons pour ce qui sera certainement une élection décisive en Ontario au
printemps prochain. Et, ce qui est plus important pour nos membres, c’est que
nous devons continuer à revitaliser les services publics, une convention
collective à la fois. Nous devons faire nos efforts en matière de
communication, éducation et mobilisation. C'est ce que nous avons toujours fait
au SEFPO. Et c'est ce qui contribue à notre succès.
Warren (Smokey) Thomas,
Président
Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario
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