TORONTO- Des francophone du centre sud-ouest ont déposé une plainte formelle à la Commission des droits de la personne de l’Ontario, alléguant que le Ministère de la Formation et des Collèges et Universités a fait preuve de discrimination institutionnelle en autorisant la fermeture du Collège des Grands Lacs à l’automne 2001.
La présidente du Syndicat des employé-e-s de la fonction publique de l’Ontario, Leah Casselman, et le député provincial de Timmins-Baie James, Gilles Bisson, ont manifesté leur appui lors d’une conférence de presse à Queen’s Park, aujourd’hui.
Casselman a dénoncé le Ministère des Collèges pour le soutien qu’il continue d’accorder à la décision de l’ancien gouvernement conservateur, qui a eu un impact dévastateur sur les francophones, en particulier ceux des minorités visibles. Elle a endossé l’accusation de discrimination institutionnelle portée par les plaignants. «Il n’y a pas d’autre explication
pour le traitement cavalier affiché à l’égard des ex-employé(e)s et étudiant(e)s du Collège des Grands Lacs, et de toute la communauté francophone de la région.»
Mikhaël Missakabo, un ancien enseignant du Collège des Grands Lacs et l’un des membres fondateurs du mouvement Notre Collège qui vise au rétablissement d’un collège francophone entièrement autonome dans la région, a déposé la plainte. «Des trois collèges communautaires français en Ontario, un seul comptait majoritairement des étudiant(e)s de couleur, soit le
Collège des Grands Lacs, dont plus de la moitié étaient d’origine africaine et antillaise,», a-t-il déclaré, en ajoutant que près du tiers du personnel était également composé de personnes de couleur.
Bisson, qui a mené la lutte il y a trois ans pour empêcher la fermeture du collège, accuse pour sa part les Libéraux de manquer de leadership dans ce dossier.
Le Collège des Grands Lacs, qui a fonctionné pendant six ans (1995-2001), fut d’abord créé comme un «collège virtuel» expérimental, notamment à Toronto. Il a souffert d’une gestion maladroite et d’un financement inadéquat en comparaison des deux autres collèges communautaires francophones, la Cité collégiale d’Ottawa et le Collège Boréal de Sudbury.
Leah Casselman a été incapable d’obtenir une rencontre avec la ministre de la Formation et des Collèges et Universités, Mary-Anne Chambers, pour discuter de ce dossier.
La Cour supérieure doit rendre bientôt un jugement pour déterminer si la fermeture du CGL était illégale et inconstitutionnelle, comme le soutiennent le SEFPO et les défenseurs du collège.
Près de 500 personnes ont déjà signé la pétition en ligne pour appuyer le rétablissement d’un collège francophone autonome dans le centre sud-ouest. http://www.petitiononline.com/CGL2005/petition.html
-30-
Pour plus de renseignements :