Le 11 mars 2005 LETTRE OUVERTE
L’honorable Mary Anne Chambers
Ministre de la Formation
et des Collèges et Universités
3e étage, édifice Mowat
900, rue Bay
Toronto (Ontario) M7A 1L2
Madame la Ministre,
Je vous écris pour solliciter une rencontre avec vous à propos d’une question de grande importance, non seulement pour mes membres, mais aussi pour la communauté francophone de Toronto.
Voilà plus de trois ans maintenant, votre ministère a approuvé la fermeture de l’un des trois collèges de langue française qui existaient alors dans notre province, soit le Collège des Grands Lacs (CGL). À la différence des deux autres collèges francophones, le CGL desservait une
clientèle composée environ de 50 à 70 pour cent d’étudiant(e)s de couleur, reflétant ainsi la diversité culturelle de la région. Et, contrairement aux deux autres établissements, le CGL n’a jamais bénéficié d’un soutien suffisant de la part du ministère. Faute de pouvoir compter sur un collège digne de ce nom, comme Boréal et la Cité collégiale, les
locuteurs francophones de la grande région de Toronto – 40 000 selon Statistique Canada – se sont vus offrir un « collège sans murs ». On s’interroge si cette clientèle étudiante n’a pas fait l’objet d’un traitement différent, voire discriminatoire.
À la fermeture du CGL, le personnel scolaire et de soutien, membres du SEFPO, ont perdu leur emploi, et la communauté francophone a perdu son collège. Le SEFPO a déposé des griefs; la plupart n’ont pas encore été réglés. Nous avons réclamé une injonction des tribunaux pour
empêcher la fermeture du CGL. Puis, nous avons déposé une requête en révision en tenant compte des principes afférents aux droits des minorités inscrits dans la Charte canadienne des droits et libertés, tels qu’établis dans la cause de l’Hôpital Montfort d’Ottawa. Nous sommes en attente d’une décision.
Lorsque les libéraux ont pris le pouvoir à l’automne 2003, nous n’aurions alors jamais pensé qu’ils continueraient d’appuyer la décision funeste du gouvernement Harris de fermer le CGL. Nous n’avions pas prévu non plus que votre gouvernement avaliserait une deuxième décision
historique préjudiciable aux droits des francophones de l’Ontario, lorsqu’il a défendu en anglais ce jugement dont les effets ont été si néfastes pour les groupes en quête d’équité.
Votre ministère a beau vouloir « vendre » le nouveau campus de Boréal dans le sud, il n’empêche que sa présence envoie un signal troublant, soit que le ministère n’estime pas la communauté francophone de la région capable de pouvoir gérer son propre collège.
Des membres de la communauté francophone ont pris récemment contact avec le SEFPO dans l’espoir que nous puissions travailler ensemble avec vous, dans le but de réparer cette injustice. C’est dans cet esprit que j’espère pouvoir vous rencontrer dans un avenir rapproché.
Agréez, Madame la Ministre, l’assurance de ma très haute considération.
Leah Casselman, présidente
Syndicat des employé(e)s de la fonction publique de l’Ontario
c.c. : Paddy Musson, présidente, conseil exécutif de la division du personnel scolaire des CAAT;
Janice Hagan, présidente, conseil exécutif de la division du personnel de soutien des CAAT;
Suresh Paul, comité provincial des droits de la personne du SEFPO;
Garner Liverpool, caucus des travailleurs de couleur du SEFPO;
Gilles Bisson, député provincial, Timmins-Baie James;
Darnace Tourou, CAAFT;
Mikhael Missakabo, groupe Notre Collège;
Julie Gigliotti, SEFPO, section locale 272 du SEFPO;
Fernand Bégin, caucus francophone du SEFPO;
Miriam Edelson, unité d’équité