|
12 novembre 2009
TORONTO – Le Conseil représentant les
collèges communautaires de l'Ontario refuse de négocier de bonne foi en jouant
une carte qui pourrait gravement nuire à quelque 200 000 étudiants à temps
plein, a déclaré le syndicat représentant les 9 000 membres du personnel
scolaire.
« Depuis que je suis activiste du travail, j'ai rarement vu un comportement
aussi arbitraire, hypocrite et franchement non démocratique de la part des
négociateurs des collèges communautaires », nous dit Warren (Smokey) Thomas,
président du Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario.
« Vu le refus des collèges de négocier de bonne foi, le syndicat n'a d'autre
choix que de demander un mandat de grève à ses membres. Nous ne voulons pas
perturber l'année scolaire; toutefois, c'est une gifle en pleine figure pour les
éducateurs. Du jamais vu auparavant. »
Les négociateurs du SEFPO disent que l'employeur du personnel scolaire – le
Conseil de la rémunération et des nominations dans les collèges (« le Conseil »)
- a manqué à sa promesse d'améliorer la qualité de l'éducation pour les
étudiants. Le Conseil était membre du groupe de travail sur la charge de
travail présidé par une personne de l'extérieur qui avait examiné la charge de
travail, la liberté académique et la qualité de l'éducation suite à une grève du
personnel scolaire de trois semaines en 2006. Le groupe a publié un rapport
unanime en mars 2009.
« Si ce soi-disant contrat nous est imposé, comme le Conseil dit qu'il va
l'être, un membre du personnel scolaire sur cinq en Ontario verra sa charge de
travail augmenter de façon invraisemblable. La qualité de l'éducation en
Ontario en souffrira énormément, à un moment où l'économie est tourmentée et où
nous avons besoin d'une main-d'œuvre mieux éduquée pour faire face aux défis
globaux », nous dit Ted Montgomery, président de l'équipe de négociation du
SEFPO et président de la section locale 560 du Collège Seneca, à Toronto.
En vertu de la nouvelle Loi sur les négociations collectives dans les collèges
(LNCC), le Conseil peut demander au personnel scolaire de voter sur son offre.
Les négociateurs du SEFPO ont invité le Conseil à le faire, mais leurs
négociateurs ont carrément refusé.
« Leurs négociateurs savent bien qu'une telle offre serait refusée par la
majorité », ajoute Ted Montgomery.
Le syndicat s'oppose également vivement à la décision arbitraire du Conseil de
retirer sa participation au sein des comités de consultation patronale-syndicale
provinciaux qui s'occupent des demandes de règlement des membres, des relations
avec les employés et de l'arbitrage des griefs, interrompant efficacement la
résolution ordonnée des différends opérationnels.
« Ces actes n'ont rien à voir avec la négociation collective ou la convention
collective. C'est de l'antisyndicalisme à son apogée », ajoute Thomas.
De son côté, le SEFPO cherchait simplement à aligner sa position sur les récents
règlements salariaux offerts aux autres éducateurs du postsecondaire..
|