17 juillet 2012
TORONTO – Avec
la nouvelle législation fédérale sur la criminalité, le personnel des
établissements correctionnels provinciaux de l'Ontario se prépare à
affronter des problèmes de surpopulation encore plus graves.
Dans sa
législation budgétaire omnibus adoptée à la Chambre des communes le
printemps dernier, le gouvernement conservateur a inclus des changements
majeurs dans la façon dont les criminels sont punis. Le projet de loi C-10,
aussi appelé Loi sur la sécurité des rues et des communautés,
comprend certaines dispositions pour des peines minimales obligatoires, un
moins grand nombre de peines avec sursis et des peines plus sévères pour les
jeunes délinquants. Le projet de loi éliminera également le crédit double
pour le temps déjà passé en prison. Ces changements contribueront à ajouter
des prisonniers dans des prisons déjà surpeuplées. Les criminologues
prédisent des coûts plus élevés pour les contribuables, sans réduction de la
criminalité. Les agents de correction craignent une escalade de violence et
de tension.
« Les agents
de correction acceptent un certain niveau de stress dans le cadre de leur
travail », a dit Warren (Smokey) Thomas, le président du SEFPO. « Avec des
unités surpeuplées, le niveau de stress décuple. »
Dans les
prisons fédérales, la double occupation des cellules permet de faire entrer
davantage de prisonniers dans des prisons conçues pour accommoder un détenu
par cellule. Dans les prisons ontariennes, la plupart des cellules ont été
modifiées pour loger deux détenus, et il arrive même qu'on en trouve trois,
voire même quatre.
« La
surpopulation contribue à un niveau de violence sans pareil dans nos
prisons », a déclaré Dan Sidsworth, le président provincial de la Division
des services correctionnels du SEFPO. « L'an dernier, le SEFPO a enregistré
485 agressions de prisonniers dirigées contre des agents de correction
membres du SEFPO, un problème qui est aggravé par la surpopulation
carcérale. Nous craignons que cette tendance se poursuive et qu'elle
s'ajoute aux autres problèmes rencontrés, tels que le gel de deux ans imposé
par la province sur l'embauche des agents de correction et la hausse de
l'activité des gangs à l'intérieur des prisons. »
Avec les
changements apportés par le projet de loi C-10, le problème de la
surpopulation carcérale ne fera qu'empirer d'ici 2020. « Le ministère de la
Sécurité communautaire et des Services correctionnels (MSCSC) n'a dressé
aucun plan pour composer avec une telle situation », a ajouté Sidsworth.
« Les deux nouvelles prisons qu'on prévoit d'ouvrir dans les deux prochaines
années ne feront qu'accroître légèrement la capacité carcérale, mais ne
parviendront toutefois pas à répondre aux prévisions en matière de
population carcérale totale d'ici là. »