Le Wisconsin en Ontario
23 février 2011
Chers amis,
Récemment, le magazine The Economist a
mis en demeure les gouvernements de partout de déclarer la guerre aux
employés de la fonction publique et à leurs syndicats.
« Les vacances sont absurdement
généreuses. »,
disait le rédacteur du magazine.
« Beaucoup trop de travailleurs [du gouvernement] peuvent prendre leur
retraite vers le milieu de la cinquantaine avec une paie presque complète. »
Ce genre de déclaration nous ferait rire
si les gens n'y croyaient pas. Toutefois, nombreux sont ceux qui y croient.
La classe dominante globale pointe son arme sur nous et, comme on dit
souvent, « La vérité est la première victime d'une guerre ».
Voici la vraie vérité : Les PDG des
sociétés ont fait dégringoler les salaires du secteur privé avec des choses
comme le libre-échange, les réductions au niveau de l'assurance-emploi, des
faillites bidon, et j'en passe. Et maintenant, ils ont trouvé une nouvelle
façon d'augmenter leurs profits : s'accaparer l'argent des employés de la
fonction publique.
Les travailleurs du secteur public
sont-ils privilégiés par rapport aux travailleurs du secteur privé? Certains
le sont, oui. En tant que syndicat, nous travaillons dur pour gagner des
salaires et avantages sociaux décents. Mais ce n'est pas toute l'histoire.
Comme une
étude effectuée en 2009 le démontrait, la
grosse différence entre les salaires dans les secteurs public et privé a
trait à la discrimination de genre. Dans le secteur public, les femmes sont
bien plus souvent payées équitablement par rapport aux hommes. Dans le
secteur privé, la discrimination salariale fondée sur le sexe est courante,
et plus particulièrement dans les emplois tertiaires moins bien payés. En
d'autres termes, l'attaque contre les salaires dans le secteur public est
réellement une attaque contre des salaires équitables pour les femmes.
Depuis mars dernier, notre syndicat parle
de la façon dont les réductions salariales imposées à nos membres profitent
aux grandes sociétés. La politique de gel salarial de McGuinty fait sortir
de l'argent de nos poches; les réductions d'impôts des sociétés canalisent
cet argent vers des sociétés comme la RBC, Rogers, l'Impériale, et consorts.
Non loin d’ici, au Wisconsin, un
phénomène similaire se produit. Là-bas, le gouverneur Scott Walker s'est
carrément dit en faveur de l'élimination de l'impôt des sociétés. Du côté
des travailleurs, en plus d'imposer des réductions salariales, il veut aussi
proscrire la négociation collective.
Au Canada, une telle action serait en
violation de la Charte des droits et libertés. Mais nous ne devrions pas
pour autant nous reposer sur nos lauriers.
Les salaires et les avantages sociaux
dans le secteur public semblent se dessiner comme un enjeu des élections
provinciales du mois d'octobre. Le chef du PC, Tim Hudak, proposera, je le
crois, d'importantes coupures sur les emplois et les salaires. Pour ne pas
être en reste, les Libéraux de Dalton McGuinty essaient déjà de
couper 1 400 emplois au sein de la Fonction
publique de l'Ontario, juste à temps pour les élections.
Rien dans un déficit budgétaire n'exige
d'un gouvernement qu'il fasse passer l'argent des pauvres et des
travailleurs dans les poches de l'élite patronale. Toutefois, c'est
exactement ce qui se passe. Le parti élu, quel qu'il soit, continuera de se
soumettre aux ordres des grandes sociétés. Et les grandes sociétés se
mettent sur le pied de guerre.
« Il est essentiel que la guerre contre
les syndicats du secteur public se gagne de la bonne façon », écrivait le
magazine The Economist. Mon mot à moi, c'est : « Dans la guerre contre les
syndicats du secteur public, les syndicats doivent gagner. »
Solidairement,
Warren (Smokey) Thomas, président
Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario
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