Mettons fin à la collusion entre les entreprises et
le gouvernement!
25 novembre 2011
Chers amis,
Les membres du SEFPO ont de quoi
s'inquiéter en voyant approcher l'hiver 2011. Nous savons que le prochain
budget provincial sera crucial pour de nombreuses personnes. Les membres ont
travaillé avec acharnement cette année pour exprimer leurs préoccupations et
préparer l'avenir. Ce travail a pris la forme de pressions politiques, de
campagnes et de négociations collectives. Au cours des quelques prochains
mois, de nombreux groupes entreront en négociations et devront une fois de
plus faire face aux concessions de l'employeur.
La minorité riche n'a pas chômé elle non
plus. Banquiers, experts de la finance, médias, associations de l'industrie
et commerciales, et employeurs clés ont fait un lobbying intense pour faire
avancer leurs propres intérêts. Tandis qu'ils se font concurrence à portes
closes, ils ont trouvé une cible commune pour les mois à venir -- le
secteur public et le gouvernement. Ils décrivent les membres du SEFPO comme
des travailleurs indûment privilégiés.
Vous pensez peut-être que le gouvernement
de l'Ontario, élu de façon démocratique, protégerait l'intérêt public en
repoussant le puissant lobbying des plus riches au sein de la société. Mais
non! Au lieu de cela, les politiciens acceptent, voire même, encouragent les
points de vue droitistes qui vont à l'encontre des meilleurs intérêts des 99
pour cent. Il est évident que l'union entre les entreprises et le
gouvernement a été consommée. Et la preuve de cette union secrète est facile
à trouver.
Un élément de preuve essentiel est le
choix sur lequel s'est arrêté notre gouvernement pour présider la Commission
sur la réforme des services publics de l'Ontario, chargée d'examiner les
services publics et le déficit. Et ce choix, c'est un banquier du nom de Don
Drummond. Pour mieux comprendre ce que Drummond manigance, regardez la
nouvelle vidéo de Operation Maple intitulée « Demolition
Don ».
On a compris au fil du temps qu'il était
bon de séparer les pouvoirs de l'Église et de l'État. Nous l'avons appris au
travers de nombreuses révolutions, guerres et douleurs. Nous devons
aujourd'hui séparer les pouvoirs du monde des affaires et du profit des
pouvoirs du gouvernement. Les profits découlant d'intérêts privés peuvent
être en conflit avec les intérêts communautaires et le bien du public. Il
est temps de revenir à la réalité et de nous réveiller!
Examinons rapidement ce qu'offre la
Commission sur la réforme des services publics de Drummond.
·
Le mandat de la commission est
fondamentalement vicié. Il consiste à examiner les dépenses sans tenir
compte des revenus. La Commission peut ainsi ignorer les irresponsables
réductions d'impôts accordées aux entreprises par le gouvernement de
l'Ontario.
·
Il est évident qu'en choisissant Don
Drummond, un banquier, le gouvernement nous a montré que les grosses banques
et grandes sociétés étaient son principal souci.
·
La commission agit de manière secrète. Elle
choisit ses acolytes avec soin et est loin d'être transparente en ce qui
concerne le poids qu'elle accorde à leur apport. C'est simple, le public a
le plus à perdre mais n'est pas invité à participer!
·
La commission a pour impératif prioritaire
de réduire le déficit. Et des citoyens tout à fait ordinaires sont pénalisés
par des coupures au niveau de services publics dont ils dépendent.
·
La commission n'aborde pas le problème
croissant de l'inégalité des revenus. De la table des négociations aux voix
du mouvement de l'occupation, les puissants et les privilégiés, qui
représentent 1 % de la population, continuent de regarder les 99 % de haut.
·
La commission n'examine que le coût des
services publics, sans reconnaître qu'un grand nombre de personnes dépendent
de ces services pendant cette période de ralentissement économique.
C'est une recette pour des coupures,
mises à pied et autres douleurs. Et ces douleurs iront du milieu de travail
à la communauté. Nous avons déjà été témoins de tentatives d'imposition de
limites aux salaires et avantages sociaux, de mises à pied à la FPO et de
réductions du financement dans de nombreux organismes du secteur parapublic.
Une étape majeure de ce processus sera le
budget 2012 de l'Ontario. Quels sont les facteurs qui ne manqueront pas de
former ce budget? D'un côté, le gouvernement libéral devra obtenir le
soutien des autres partis pour adopter le budget. Il peut tourner à droite
ou à gauche pour le faire. La commission dirigée par Don Drummond ne
manquera pas de produire un menu de compressions. En choisissant Drummond et
en lui donnant un mandat limité, le gouvernement a montré sa préférence :
couper les coûts et réduire le déficit; l'amélioration des services et
l'annulation des réductions d'impôts aux sociétés n'entrent pas dans
l'équation.
La voix des 99 % doit être entendue avant
qu'elle ne se noie dans les recommandations prébudgétaires de la Commission
Drummond et les coupures et conflits subséquents qui découleront du budget
provincial.
Le SEFPO lance une procédure d'audiences ouvertes
Pour garantir un bon éventail d'options,
le SEFPO travaillera avec d'autres groupes pour mettre en œuvre une
procédure d'audiences ouvertes complètes auxquelles chaque citoyen pourra
participer. La procédure d'audiences, qui débutera en janvier 2012, fournira
à nos membres, partenaires communautaires et autres Ontariens qui se
préoccupent de leur avenir, l'occasion de partager leur point de vue sur
l'avenir de l'Ontario. Contrairement au processus secret et mandat limité de
la Commission Drummond, notre procédure permettra à un large éventail de la
communauté de s'exprimer.
Le SEFPO rencontre la Commission Drummond le 1er
décembre
Le SEFPO a été invité à faire une
présentation à la commission le 1er décembre.
Cette brève rencontre nous permettra
d'essayer de faire pencher la balance de l'avenir de notre province de notre
côté. Et nous comptons bien y parvenir!
·
Nous disons la vérité en faisant remarquer
que les limites imposées au processus ne manqueront pas d'en compromettre
les résultats.
·
Nous mettrons Drummond au défi d'adopter
une procédure plus ouverte et lui demanderons de se joindre à nos audiences
en janvier.
·
Nous lui communiquerons les préoccupations
clés des membres du SEFPO, même si ces préoccupations tombent à l'extérieur
du mandat étroit de réduction des dépenses de la commission.
Nous sommes actuellement en consultation
avec tous les dirigeants et négociateurs des secteurs et divisions du SEFPO
afin d'obtenir une liste des recommandations clés pouvant nous aider à
relever au mieux les défis auxquels l'Ontario fait face. Nous ne nous
arrêterons toutefois pas à présenter ces recommandations le 1er
décembre. Nous continuerons de faire pression en ce qui les concerne dans
les semaines à venir. De nombreux membres feront des présentations dans le
cadre des audiences du SEFPO, en janvier prochain. Nous chercherons à
attirer davantage l'attention du public en ayant recours aux divers médias
et à des pressions politiques. Le rapport final de nos audiences fera
également l'objet d'une importante publicité.
Nos voix et celles de nos partenaires
communautaires doivent donner un équilibre aux recommandations de la
Commission Drummond. Les points de vue limités de la commission ne peuvent
dominer le discours public dans cette période prébudgétaire. Nous ferons
pression auprès du gouvernement pour qu'il fasse les bons choix pour
l'avenir.
Le SEFPO veillera à ce que les
communautés fassent entendre leur point de vue.
Nous exposerons l'union secrète des entreprises et du gouvernement et nous
battrons pour forcer un divorce. Ce n'est qu'ensemble que nous pourrons
défendre les intérêts des 99 %. Notre province dépend des services que nous
fournissons et nous ferons front uni pour les défendre.
Solidairement,
Warren (Smokey) Thomas
Président, Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario |