Les entreprises maltraitent les Canadiens
9 juillet 2012
La semaine dernière, dans un moment
d'apparente prise de conscience, Margaret Wente, du Globe and Mail,
critiquait le comportement inadéquat des entreprises. On parle ici de la
même Margaret Wente qui fréquemment profère des invectives contre les
syndicats et entretient leur fin tragique. Elle n'a pas encore compris que
les syndicats servent de dernière ligne de défense contre des entreprises à
l'appétit insatiable et leurs partisans politiques.
Récemment, j'ai demandé que notre
gouvernement sépare ses intérêts des intérêts des entreprises canadiennes.
Cette relation dangereuse éclaire le chemin de l'austérité, de l'oppression
et de la disparité salariale. Soyons réalistes, les entreprises n'ont qu'une
chose en tête, celle de gagner plus d'argent pour leurs actionnaires.
Les salaires coûtent cher. La conception
et l'innovation coûtent cher. La recherche et les technologies nouvelles
visant à améliorer la productivité des travailleurs coûtent cher. Ce sont
des investissements à long terme que la culture d'entreprise actuelle a
rejetés. Pourquoi? Parce qu'ils restreignent les profits immédiats.
Il y a une dizaine d’années environ,
certains grands manipulateurs du monde des affaires ont avancé la notion que
« le gouvernement devrait être dirigé comme une entreprise ».
Vraiment? Comment alors? Comme
GlaxoSmithKline, le géant pharmaceutique qui a préféré camoufler les effets
secondaires potentiellement graves de son médicament contre le diabète?
Comme Facebook, dont le cours de l'action a reculé immédiatement après une
offre surévaluée sur les marchés publics? Comme la Banque Barclay, qui s'est
récemment fait amender pour avoir manipulé les taux d'intérêt pratiqués sur
le marché interbancaire? Ou comme les fameux Enron, RIM ou Frères Lehman? Ou
devrait-on plutôt parler du dirigeant de la société Maple Leaf Foods, avec
ses aliments infestés de listeria, que le premier ministre a nommé au
« Conseil pour l'emploi et la prospérité »?
Et comment la droite répond-elle?
Démolissons les syndicats, réduisons les salaires, détruisons les fonds de
pension et investissons encore plus à l'étranger.
C'est clair et simple, la cupidité
détruit le tissu de notre province et de notre nation. Le capitalisme et la
démocratie ne font pas bon ménage semble-t-il; en effet, de nombreux
politiciens sont issus du monde des affaires ou en sont tellement proches
qu'ils n'osent pas dire la vérité sur l'influence néfaste des entreprises.
À quand remonte la dernière fois qu'un
politicien a essayé de rebâtir plutôt que de démolir, de former un consensus
plutôt qu'une crise et de diriger plutôt que de suivre? Ça fait longtemps et
nous en payons le prix.
Il suffit de regarder autour de nous.
Notre infrastructure tombe en ruine. Les programmes pour aider les pauvres
disparaissent plus rapidement que les calottes de glace polaires. Plutôt que
d'investir dans l'avenir, on coupe dans le camp des 99 pour cent, qui ont
déjà du mal à joindre les deux bouts.
Et d'une manière ou d'une autre, les
entreprises canadiennes continuent de prospérer. Et afin de mieux
culpabiliser la population en ce qui concerne la crise actuelle, on possède
les médias de communications. Après tout, nous devons faire plus avec moins,
réduire, demeurer concurrentiels, travailler fort, respecter les règles du
jeu et souscrire aux convictions des Tim Hortons' d'aujourd'hui.
Mais voici la vérité. Les entreprises
canadiennes nous maltraitent.
Le krach financier de 2008 fut la plus
grande crise montée de toutes pièces de tous les temps. C'était une combine
à la Ponzi qui a profité aux entreprises et aux banques aux dépens des
générations de Canadiens présentes et futures. Le résultat est clair. Nous
écopons en payant des impôts et en subissant de nombreuses coupures à des
services publics importants. Nous en payons le prix avec une infrastructure
paralysée par un manque d'entretien et avec des coupures dans nos pensions
et des mises à pied.
Mais ça suffit maintenant! Il est temps
de se lever et d'exposer le coupable.
Les grandes sociétés n'ont pas leur place
au gouvernement. Il est temps qu'elles soient dirigées comme un syndicat,
respectant des principes tels que la démocratie, la transparence et
l'engagement envers la dignité humaine.
Solidairement,
Warren (Smokey) Thomas, président
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