Après 20 ans, c’est du déjà vu
10 février 2009
C’était en 1989. Dans les établissements des
Services correctionnels en Ontario, les tensions débordaient. Les prisons dans
la province, surtout dans la région du grand Toronto, faisaient face à une
incroyable surpopulation de détenus qu’on n’a jamais vue. Les détenus ont été
rembourrés dans des cellules avec bien moins d’espace que pour les chiens dans
les abris pour les animaux. Les bagarres et les disputes se produisaient tous
les jours. Tout le personnel des prisons était l’objet d’assauts physiques au
jour le jour. Les conditions tant pour les détenus que pour le personnel
étaient intolérables.
Finalement, le personnel des prisons en a eu
ras le bol. Au cours d’une période de six jours, les agents des Services
correctionnels ont organisé une série de manifestations pour attirer l’attention
du gouvernement. Lorsque tout se clamait, il y avait une promesse de la
province de plus de lits, de meilleure récompense et des dispositions relatives
à la retraite anticipée pour les agents des Services correctionnels épuisés.
Marchons en avant vers 2009. Après 20 ans,
il y a le même nombre de lits dans le système qu’en 1989, en dépit d’un nombre
sans cesse croissant de détenus. Les agents des Services correctionnels, qui
avaient une espérance de vie moyenne de 58 ans, n’ont toujours pas d’option de
retraite anticipée. Les fermetures précédentes des établissements de sécurité
minimum et moyenne obligent tous les détenus de l’Ontario de rester dans les
mêmes établissements de sécurité maximum. Les conditions dans les
établissements sont toujours intolérables. Les détenus sont exposés aux
maladies telles que l’hépatite, le VIH et même le SIDA.
De nombreux établissements datent depuis plus
de 100 ans. La moisissure se trouve partout. Des problèmes de plombage sont
insupportables. Il n’y a presque pas de ventilation. Les rhumes et les grippes
se répandent dans les établissements tout simplement parce que vous ne pouvez
même pas ouvrir une fenêtre. Et bien sür … ce n’est pas tout.
En raison de la réduction en nombre et de la
fermeture des établissements de santé mentale, de nombreuses personnes ayant des
problèmes psychiatriques ont été mises dans les mêmes prisons que les détenus.
Dans la plupart des établissements, le nombre de détenus et de jeunes ayant des
problèmes de santé mentale se chiffre entre de 20 à 30 pour cent et quelquefois
plus élevé.
En dépit de tous ce obstacles, les agents des
Services correctionnels dans les établissements et les agents qui s’occupent des
jeunes contrevenants font un travail remarquable et essaient au jour le jour
d’assurer que le grand public vit en sécurité.
Alors 20 ans plus tard, où sommes-nous ?
C’est du déjà vu que nous connaissons si bien car les problèmes continuent
d’être ignorés. En 1989, nous avons eu de la chance qu’une émeute de grande
envergure ne s’est pas produite dans l’un des établissements. Nous osons
espérer que nous serons aussi chanceux que la dernière fois.
Mais notre système des Services
correctionnels, devrait-il dépendre uniquement de la chance ?
En toute solidarité,
Warren (Smokey) Thomas
Président
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