Les soins de santé sont viables, mais pas les
réductions d’impôts
25 janvier 2010
À quel point les soins de santé sont-ils
viables? Les opposants du régime d’assurance maladie
remettent régulièrement en question la capacité du secteur public de payer les
factures au fur et à mesure que les soins de santé prennent une part plus grande
des budgets de la province. De nouvelles données fournies par l’Institut
canadien d’information sur la santé (ICIS) suggèrent que les coûts des soins de
santé pourraient être plus viables qu’il n’y paraît.
L’abordabilité est mieux déterminée si l’on
examine les coûts des soins de santé en tant que pourcentage par rapport à
l’économie dans son ensemble et non pas en fonction de l’importance du
gouvernement. Les données ICIS suggèrent que les coûts des soins de santé ont
augmenté à peu près dans la même proportion que l’économie, alors que
l’importance du gouvernement a diminué de façon importante.
Les soins de santé comptaient pour 10 pour
cent de l’économie en 1992 – année de la dernière période de récession. En 2009,
on prévoit que les soins de santé vont atteindre 11,9 pour cent en raison
notamment d’un produit intérieur brut (PIB) qui diminue, pas de l’augmentation
des coûts. En 2008 le montant des coûts des soins de santé était de 10,8 pour
cent, c'est-à-dire moins de un pour cent par rapport au niveau de 1992. Ce qui
ne prouve aucunement un manque de viabilité.
Il n’y a aucun doute que nous vivons plus
longtemps et dans de meilleures conditions en raison des investissements que
nous avons faits. De 1996 à 2006 la moyenne de notre espérance de vie a été
prolongée de trois ans – le progrès le plus significatif en matière de taux de
mortalité depuis que l’on conserve les statistiques à ce sujet.
Les sommes consacrées aux délais d’attente
produisent leur effet, particulièrement pour le remplacement des hanches et des
genoux ainsi que les opérations de la cataracte. Ce sont des interventions que
tous les canadiens ont convenu de vouloir et dont ils sont prêts à assumer le
coût.
Selon l’ICIS, des sommes ont été investies
également dans des thérapies aux médicaments personnalisés, de la technologie de
diagnostics, des cours de formation pour professionnels de soins de santé et
afin d’augmenter les effectifs des salles de classe dans les écoles de médecine
et d’infirmiers et infirmières. Ces derniers investissements sont nécessaires si
nous espérons remplacer bientôt les légions de professionnels de la santé
appartenant à la génération de baby boomers qui travaillent dans notre système
de soins de santé et qui vont prendre leur retraite.
Alors que les dépenses en termes de
pourcentage de notre économie ont progressé au cours des 20 dernières années,
cela ne s’est pas fait entièrement de concert avec la croissance de l’économie.
Au cours des années 1990 les gouvernements ont sabré considérablement le
financement des soins de santé, laissant les gouvernements actuels avec un
déficit d’infrastructure important. Cela coûte nettement plus cher de faire du
rattrapage que de faire en sorte que le système soit financé de façon équilibrée
en tout temps. Le ministre des Finances, Dwight Duncan a lui même admis cela
lors d’une allocution faite au congrès de l’Association des hôpitaux de
l’Ontario à l’automne dernier.
Les hôpitaux semblent toujours être la cible
des restrictions, mais pourtant ce ne sont pas eux qu’il faut blâmer pour les
hausses de coûts des soins de santé. En fait, pour ce qui est de la part du
gâteau de la santé en général, celle des hôpitaux a plutôt diminué. En 1975
les dépenses des hôpitaux atteignaient 44,7 pour cent des dépenses de la santé.
Aujourd’hui elles ne sont plus que de 27,8 pour cent.
En 2009, on prévoit que les canadiens vont
dépenser 5 452 $ par tête pour les soins de santé – assurés à la fois par les
secteurs public et privé. C’est un peu moins que la France, l’Allemagne, la
Suisse et la Belgique. C’est nettement moins que les États-Unis, où l’on dépense
presque le double par tête, malgré qu’il y ait 45 millions d’Américains qui ne
soient pas couverts par un régime d’assurance santé et de nombreux autres
couverts par des assurances insuffisantes. Pour tout critère objectif évalué,
les Canadiens s’en sortent mieux avec leur santé que les américains, du niveau
de mortalité infantile jusqu’à notre espérance de vie en général.
Au cours de l’année écoulée il y a eu une
tentative de diviser la communauté progressiste en représentant le régime de
santé comme un monstre insatiable qui absorbe toutes les ressources au détriment
de l’éducation, du logement, des transports et même de la réduction de la
pauvreté.
Le gouvernement de McGuinty continue de
réduire la part de gâteau et se réjouit de nous voir tous disputer les miettes.
Le montant total des dépenses du secteur public consistait habituellement a
environ la moitié du coût de l’économie. Aujourd’hui il approche seulement le
tiers de ce montant.
Alors que le gouvernement fait valoir qu’il
n’a pas de ressources, il va néanmoins de l’avant, à toute vapeur, avec une
série de réductions d’impôts, y compris 5 milliards de dollars de réductions aux
entreprises de l’Ontario.
Il nous faut défendre nos services sociaux, y
compris le régime de soins de santé. Si nous commençons à inciter nos secteurs
d’activités les uns contre les autres, nous allons tous être perdants.
En toute solidarité,
Warren (Smokey) Thomas
Président
Pour le dernier rapport sur le financement
des écoles en Ontario (en anglais seulement),
cliquez ici. Pour voir comment l’économiste des Métallurgistes unis Erin
Weir explique (en anglais seulement) la privatisation de la LCBO est une
mauvaise idée,
cliquez ici.
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