Il faut contrôler les collèges
Chères consœurs, chers confrères,
Les collèges de l'Ontario sont hors de
contrôle.
Avec toute l'attention que portent les médias
sur les scandales à CyberSanté et à l'OLG cette année, les singeries
outrancières du Conseil de la rémunération et des nominations dans les collèges
– le groupe d'employeurs des collèges – sont passées quasi inaperçues. Les
projecteurs étant braqués ailleurs, le Conseil en a profité pour entraver la
démocratie, tromper ses employés et gaspiller l'argent du contribuable tout au
long de 2009. Et M. McGuinty les a laissé faire.
Quelques faits fondamentaux :
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En 2008, le gouvernement a adopté une loi pour
permettre aux travailleurs à temps partiel et de session des collèges de se
syndiquer.
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L'an dernier, des milliers de membres du
personnel scolaire à temps partiel et de session ont signé des cartes
syndicales. Ils voulaient voter pour se joindre éventuellement au SEFPO.
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La Commission des relations de travail de
l'Ontario a ordonné un vote. Le vote a eu lieu dans les 24 collèges entre le 19
janvier et le 6 février.
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Les présidents des collèges et le Conseil ont
vivement recommandé au personnel scolaire à temps partiel et de session d'aller
voter. Plus de 3 600 personnes l'ont fait.
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Tout de suite après le vote, les collèges ont
commencé à recourir à toutes les manœuvres dilatoires inimaginables à leur
disposition. Et chaque jour que les collèges se plaignent à la Commission des
relations de travail coûte au moins 5 000 $ aux contribuables de l'Ontario en
honoraires d'avocats.
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Les bulletins sont encore dans les urnes.
Les avocats des collèges disent que le
syndicat n'a pas obtenu que 35 pour cent des membres de l'unité de négociation
signent des cartes syndicales, le nombre exigé par la loi pour déclencher un
vote. Le nombre de cartes signées représentait bien plus de 35 pour cent, mais
les collèges ont fait en sorte qu'on ne puisse le prouver. Ils ont « noyé » la
liste en ajoutant des milliers de noms (sur papier) à la main-d'œuvre à temps
partiel. Ces employés sur papier sont d'anciens employés qui ne travaillaient
pas au moment de la campagne de syndicalisation. Évidemment, ils n'ont pas pu
signer de cartes syndicales.
Pour ajouter à la confusion, les dossiers des
employés des collèges sont de véritables méandres d'informations manquantes et
incomplètes. En vertu des procédures courantes à la Commission des relations de
travail, il faudrait sans doute au moins deux ans de plus pour démêler tout ça,
avant de pouvoir obtenir une réponse.
Le 23 novembre dernier, nous avons eu notre
première réunion à la Commission des relations de travail pour discuter de
l'ouverture des urnes du vote du personnel de soutien à temps partiel qui a eu
lieu en octobre. Malheureusement, on dirait bien que les collèges ont
l'intention d'utiliser le même stratagème qui a retardé la justice pour le
personnel à temps partiel et de session.
En tout, plus de 7 500 membres des personnels
de soutien et scolaire à temps partiel ont signé les cartes syndicales du SEFPO.
Ils attendent encore qu'on leur rende justice.
Entre temps, dans ce qu'on ne peut qu'appeler
une duplicité, les collèges ont laissé tomber les négociations collectives du
personnel scolaire à temps plein pour lui imposer une convention collective.
Les collèges entravent intentionnellement le
droit des Ontariens de se faire entendre et de faire entendre leurs désirs. Ils
piétinent le droit des travailleurs de se joindre à un syndicat et de négocier
collectivement. La démocratie est déniée.
Les collèges de l'Ontario sont hors de
contrôle. Il est temps que Dalton McGuinty fasse quelque chose à ce propos.
Solidairement,
Warren (Smokey) Thomas
Président
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