Combattre l’attaque imminente
23 octobre 2009
Chères consœurs, chers confrères,
L’économie mondiale qui bat de l’aile est
rentrée au perchoir à Queen’s Park hier.
Le ministre des Finances Dwight Duncan a
annoncé que le déficit budgétaire de cette année va atteindre les 24,7 milliards
de dollars. Ces nouvelles, bien qu’elles ne viennent pas comme une surprise,
ont choqué malgré tout. C’est un chiffre énorme. Cela a des conséquences
considérables pour chaque membre du SEFPO.
Le ministre à promis un « examen exhaustif »
des dépenses du gouvernement. Le premier ministre Dalton McGuinty n’a pas voulu
exclure qu’il y ait des journées de mise à pied sans paye pour un million
d’Ontariens et d’Ontariennes qui gagnent leur vie dans le secteur public de la
province. En outre le spectre de la privatisation plane maintenant sur chaque
travailleur du secteur public.
Le plan des Libéraux est de nous faire payer.
Il ne fait aucun doute que le déficit est
réel et qu’il est énorme. Il équivaut à environ 1 900 $ pour chaque personne
habitant en Ontario. Pour donner un autre exemple, il équivaut au montant total
du revenu fiscal que la province à recueilli l’an passé à titre de l’impôt sur
le revenu sur les personnes.
En tant que province, nous allons devoir
régler ce déficit. La question qui se pose est la suivante, qui va payer?
Dwight Duncan n’aura pas beaucoup de chance
dans ses recherches de gaspillages dans les services publics (excepté, bien
entendu, pour ce qui est des centaines de millions de dollars dont il a fait
cadeau aux expert-conseils privés). Nous avons déjà eu un « examen exhaustif »
de dépenses dans le services publics de 1995 to 2003. C’est ce qui est connu
comme la Révolution du bon sens et les services publics n’ont encore pas
récupéré du traumatisme brutal causé lors de ces années-là.
En ce qui concerne les journées de congés
sans paye, beaucoup d’entre nous se rappellent malheureusement du « Contrat
social » de Bob Rae. Mais bien des choses ont changé depuis ce qu’on appelle
désormais les Journées Rae.
D’une part, le Contrat social serait condamné
par les tribunaux de nos jours. En 2007, la Cour Suprême du Canada a émis un
jugement déclarant que le premier ministre de la C.-B.,Gordon Campbell avait
fait une erreur en faisant fi des conventions collectives des travailleurs des
services de santé de cette province. Depuis lors, les négociations collectives
ont été reconnues comme un droit protégé par la Charte canadienne des droits et
libertés.
McGuinty ne peut légiférer une sortie de
cette situation. S’il veut utiliser les employés de la fonction publique pour
payer la sortie de l’Ontario de la récession, les deux choix qui se présentent à
lui sont a) la privatisation; et b) des mises à pied massives.
La privatisation, c’est une idée stupide.
Elle coupe les services, elle détruit les emplois, et elle vient toujours avec
de grosses dépenses coûteuses. Du point de vue d’un budget, la vente des biens
tells que la LCBO – que les partisans de droite aboient après déjà – tuerait
l’oie qui pond des œufs d’or.
Quant aux mises à pied massives, elles
peuvent seulement affaiblir l’économie locale, détruisent les services dont les
gens ont besoin, et feront des manchettes que les Libéraux ne veulent vraiment
pas lire.
Alors quel est leur plan ? J’essaie de le
deviner : ils pensent que rien que la menace de mises à pied et de privatisation
obligera les employés de la fonction publique d’accepter les réductions de
salaires ou les « Journées Dalton » qu’il désire en avoir.
Autrement dit, c’est un nouveau Contrat
social.
Le problème avec la version 1993 du Contrat
social n’était pas la tentative de faire payer pour le déficit que tous les
Ontariens et Ontariennes doivent. Le problème, c”est qu’il a mis la
responsabilité de le faire sur un seul groupe : les travailleurs du secteur
public.
Comment peut-on justifier qu’une secrétaire à
temps partiel dans un collège communautaire, qui fait peut-être 27 000 l’année,
soit obligée de payer pour le déficit alors que le banquier de la rue Bay ne le
soit pas ?
Qu’est-ce qui est le plus important, donner
de l’aide professionnelle à un enfant souffrant d’une maladie mentale ou
accorder de l’abri fiscal pour les impôts sur le revenu aux sociétés rentables
et des primes obscènes à leurs présidents et directeurs généraux ?
Les services publics ne sont pas uniquement
pour les employés de la fonction publique. Ils existent parce que nous en avons
tous besoin. Et c’est la raison pour laquelle que protéger les services publics
n’est pas uniquement le travail des employés de la fonction publique.
Nous choisissons des carrières dans les
services publics non pas pour devenir riches, mais parce que nous nous
préoccupons – des gens, des familles et des communautés. Il est temps que notre
dévouement obtienne le respect qu’il mérite.
Nous avons déjà planifié une stratégie
audacieuse pour combattre l’attaque imminente. Cela prendra du courage, de
l’engagement, des cerveaux, des ressources, et des qualités de chef. La bonne
nouvelle, c’est qu’il n’y a aucun autre organisme au Canada qui soit mieux
équipé pour diriger ce combat que notre syndicat, le SEFPO.
Travaillons ensemble comme nous avons fait
tant de fois dans le passé, je sais que nous ferons tous qu’il faudra faire.
Solidairement,
Warren (Smokey) Thomas
Président
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