Parlons des bonnes taxes
25 septembre 2009
Maintenant que nos députés provinciaux élus
sont de retour à Queen’s Park, le sujet au cœur des discussions pour la session
d'automne est relativement évident. On parlera des taxes : comment elles sont
dépensées et comment elles sont prélevées.
D'une part, on parlera beaucoup de l’argent
des contribuables gaspillé sur les avantages accessoires de cadres supérieurs
d’organismes d'État tels que Cybersanté et OLG. D'autre part, les députés
provinciaux pèseront le pour et le contre du projet de taxe de vente harmonisée
(TVH) du gouvernement McGuinty.
Votre Conseil exécutif du SEFPO s'oppose à la
TVH. Cette nouvelle taxe a pour objet principal de transférer le fardeau fiscal
des sociétés ontariennes sur le dos des citoyens ordinaires. Malgré cela, ça
m'énerve quand j'entends des politiciens de l'opposition parler de cette taxe
comme d'une « taxe déguisée ». Pourquoi? Parce que ça donne l'impression que
nous sommes tous d'accord pour dire que les taxes, en général, sont une
mauvaise chose.
Et bien, je ne suis pas d'accord.
Les taxes financent les services publics. Pas
seulement dans les domaines de la santé et de l'éducation, mais aussi les
services sociaux, la protection environnementale, les routes et les transports
en commun et même (souvenons-nous), l'aide aux entreprises. Elles paient pour
des services dont nous avons toutes et tous besoin, pour des services dont
seulement quelques-uns d'entre nous ont besoin et pour des services dont
l'existence même nous est inconnue.
Nous avons besoin des taxes. Les taxes sont
une bonne chose. De mon côté, j'aime payer des taxes. Je sais qu'en les payant,
je soutiens des services qui me sont utiles, à moi et à chacun et chacune
d'entre nous.
Dans une
étude importante publiée cette année, les économistes Hugh Mackenzie
et Richard Shillington ont découvert que « même dans un ménage gagnant 80 000 $
à 90 000 $, les services publics reçus correspondent à l'équivalent d'environ la
moitié du revenu privé. Une famille à revenu moyen-élevé devrait consacrer la
moitié de son revenu annuel pour payer les services publics couverts par les
taxes. »
En d'autres termes, les services publics - et
les taxes qui les paient - sont des aubaines.
Entre aujourd'hui et le printemps prochain,
les discussions fiscales en Ontario auront lieu dans l'ombre du déficit
budgétaire provincial le plus important à date. Si personne ne parle des taxes
comme d'une bonne chose, la pression de réduire le déficit en coupant sur les
services publics sera énorme.
Nous ne pouvons pas nous fier aux politiciens
pour parler des bonnes choses que les taxes peuvent acheter. C'est à nous de le
faire.
Solidairement,
Warren (Smokey) Thomas
Président
|