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En Solidarité
Rapport Drummond : Comment fabriquer une crise
Diablogue, SEFPO
Ça fait des années que Don Drummond nous dit que la dépense publique de santé
est hors de contrôle et que si rien n’est fait, elle consommera bientôt 70 pour
cent du budget provincial. Depuis ces prévisions, la part des dépenses de
programmes provinciales des dépenses de santé a en fait baissé, passant de 46 à
42 pour cent.
Curieusement, en dépit d’une tendance qui va dans l’autre sens, Drummond
maintient ces prévisions.
Aujourd’hui commissaire à la réforme des services publics, il nous dit que si
nous n’entrons pas dans une période d’extrême austérité, nous deviendrons bien
vite la Grèce du Canada.
Ne sortons toutefois pas encore la sauce tsatziki.
Il est vrai que nous avons un déficit, mais il n’est vraisemblablement pas aussi
important que Drummond et Dwight Duncan, notre ministre des Finances, nous le
laissent croire.
Qu’est-ce qui nous fait dire ça? Drummond et Duncan se sont toujours montrés
très pessimistes dans leurs prévisions, lesquelles ont toujours été démenties le
jour du budget. Il n’y a rien de magique à ça et ce n’est pas le résultat d’une
bonne gestion – on a affaire ici à une manipulation publique des faits.
Le déficit réel en 2010-2011 était 43 pour cent inférieur à ce que Duncan avait
prévu un an plus tôt. C’est une grosse différence. Si leurs prévisions sont
aussi mauvaises qu’elles l’ont été jusqu’à maintenant, le déficit réel sera
vraisemblablement plus près de 12 milliards de dollars cette année.
Ce qui signifie que le raisonnement de Drummond est fondé sur des données
erronées.
Aussi, l’économiste Hugh MacKenzie dit que Drummond prévoit un taux d’intérêt
beaucoup plus élevé sur la dette de l’Ontario – en fait, Drummond s’attend à ce
que les taux d’intérêt doublent presque. Comment justifie-t-il ce raisonnement,
et plus particulièrement lorsque les États-Unis se sont déjà engagés à maintenir
leurs taux d’intérêt bas au moins jusqu’à la fin de 2014?
Avec des taux d’intérêt plus bas que jamais, l’Ontario ne paie pas plus pour
amortir sa dette aujourd’hui qu’il y a dix ans. Tandis que les obligations de la
dette viennent à échéance, de nouvelles obligations seront émises à un taux
d’intérêt beaucoup plus bas, réduisant encore davantage les frais associés au
service de la dette.
Fausses hypothèses, estimation largement exagérée des taux d’intérêt et intérêts
composés… et on a la recette parfaite d’une crise.
Drummond aime aussi féconder la peur en comparant des pommes à des oranges,
mettant en rapport les prévisions sur le taux de croissance « réelle » et les
dépenses publiques « nominales ». Qu’est-ce que cela signifie?
Les dépenses nominales ne correspondent pas toujours à la réalité économique
actuelle. Le chiffre de ces dépenses semble toujours plus élevé que les
prévisions de croissance « réelles » parce que la croissance réelle soustrait le
taux d’inflation.
Par exemple, pour illustrer combien notre situation actuelle est insoutenable,
Don Drummond peut parler d’une augmentation de 3,2 pour cent du coût des
programmes (nominal) alors que l’économie croît à un taux de seulement 2 pour
cent (réel). Et c’est ce qu’il fait depuis quelques semaines dans les médias.
Toutefois, si l’inflation est de 2,5 pour cent – comme on l’a mentionné ce matin
– et le taux de croissance réelle est de 2 pour cent, cela signifie que
l’augmentation nominale dans l’économie est de 4,5 pour cent. Les choses
paraissent fort différentes avec un tel scénario.
Les revenus du gouvernement ne croissent jamais moins que la croissance nominale
dans l’économie.
En fait, il n’est pas rare que les revenus du gouvernement augmentent légèrement
au-dessus du taux de croissance nominal.
Et maintenant, voici le véritable défi : la croissance économique provient de
deux sources – le secteur privé et le secteur public. Chaque dollar dépensé par
le secteur public peut avoir un effet d’entraînement dans l’économie d’environ
1,50 $. Si le secteur public supprime des emplois trop rapidement, le secteur
privé doit compenser cette perte ou courir le risque de nous voir entrer dans
une récession. C’est ce qu’on appelle le freinage fiscal. L’économiste Jim
Stanford nous dit que si les recommandations de Drummond de limiter les dépenses
sont acceptées, on pourrait voir un ralentissement de la croissance économique
d’entre 1,6 et 2,8 pour cent au cours des quatre prochaines années. C’est un
obstacle énorme à surmonter pour le secteur privé.
Si nous sombrons dans une récession, les revenus du gouvernement baissent encore
davantage, créant le besoin d’un autre cycle de réductions. C’est alors que nous
pourrons sortir la tsatziki.
À quel point sommes-nous responsables de notre malheur?
Tandis que le gouvernement cherche à nous faire comprendre que nous devons tous
faire des sacrifices, il n’a fait qu’insinuer la suspension de la dernière phase
de réductions des impôts des sociétés, même si nos taux sont déjà plus que
concurrentiels.
Fait-on vraiment un sacrifice en se forçant à ne pas sortir un autre biscuit du
pot?
Un véritable sacrifice pourrait par exemple impliquer de demander au secteur des
entreprises de remettre les biscuits qu’ils ont sortis du pot ces deux dernières
années, pour prélever 2,4 milliards de dollars supplémentaires en impôts. Un tel
montant ne manquerait pas de faire baisser le déficit.
En tout, les réductions d’impôts des gouvernements Harris et McGuinty se montent
à 16 milliards de dollars, 16 milliards de dollars que le gouvernement de
l’Ontario ne reçoit pas chaque année.
Seize milliards de dollars? Hmm… n’est-ce pas le déficit dont parlent
aujourd’hui Drummond et Duncan?
De toute évidence, on peut faire mieux. Comme un observateur l’a astucieusement
souligné, le rapport de Drummond a été écrit par les 1 pour cent pour les 1 pour
cent.
Quant à nous, il est temps que nous agissions si nous ne voulons pas voir notre
province vandalisée pour faire plaisir à quelques-uns.
Les conseils de
district jouent un rôle essentiel
Felicia Fahey, En Solidarité
À l'échelle de notre syndicat, il
est primordial que nous ayons la capacité de communiquer et de former des
réseaux. Dans notre rôle d'activiste, nous avons la chance de disposer de
plusieurs outils qui facilitent la communication, à l'instar des conseils de
district du SEFPO. Les conseils de district permettent aux présidents et
délégués locaux de se rencontrer pour faire progresser les idées et les plans du
mouvement syndical.
Les sections locales du syndicat
situées dans un district géographique donné peuvent former un conseil de
district. Une fois que le conseil de district est créé, on établit ses
règlements et on élit les membres de l'exécutif, comme pour une section locale.
Les réunions et leur format varient d'un conseil à l'autre et en fonction du
besoin et des décisions des membres. Les conseils se réunissent mensuellement,
bimensuellement ou trimestriellement.
Présents aux quatre coins de la
province, les conseils de district jouent un rôle de premier plan au SEFPO. Ils
permettent aux délégués des diverses divisions du SEFPO et d'un même district
géographique de se rencontrer. Le SEFPO tire également sa force de la diversité
exceptionnelle de ses membres. Venant de tous les services publics de l'Ontario,
ils possèdent les connaissances et l'expertise nécessaires pour s'entraider.
Grâce aux conseils de district, les
membres peuvent discuter avec d'autres activistes, informer d’autres sections
locales de leurs campagnes en cours et prochains événements communautaires et de
bienfaisance dans leur secteur géographique, comme les événements, comme la fête
du Travail, les grèves et les piquets de grève, qui doivent être organisés, puis
soutenus par l'action politique, des collectes de fonds, les débats des
candidats, et de nombreuses autres activités.
Avant le Congrès, les conseils de
district sont très occupés à rédiger les résolutions et les amendements
constitutionnels qu'ils doivent soumettre au nom de chaque district
géographique. Nombre de ces propositions sont débattues pendant le Congrès.
Le SEFPO soutient et encourage la
participation des sections locales en remboursant 90 pour cent des frais
d'affiliation de celles qui adhèrent à un conseil de district. Les frais
d'affiliation des sections locales sont perçus une fois par an, au mois de
janvier. Pour se faire rembourser, il suffit de télécharger le formulaire de
remise des frais d'affiliation au Conseil de district dans la section « services
aux membres » sur le site Web du SEFPO, à sefpo.org. Les sections locales et les
conseils de districts sont gagnants sur toute la ligne, puisqu’elle récupère la
majeure partie des frais d'affiliation. Les délégués locaux peuvent ainsi
rencontrer et rester en contact avec d'autres activistes et discuter de
questions importantes.
S'il n'y a pas de conseil de
district dans votre district géographique, parlez-en à votre représentant du
personnel ou à un membre de l'exécutif afin d'obtenir l'aide nécessaire pour en
mettre un en place. L'objectif est d'établir un conseil de district dans chaque
district de la province. S'il y a un conseil de district aux environs de votre
section locale, envisagez votre affiliation et assistez à l'une des réunions
afin de voir de quoi il s'agit. Vous ne le regretterez pas. À présent, il est
temps de s'impliquer!
Garder vos yeux sur la @#&%* route!
Lisa Bicum, En
Solidarité
Je n'aurais jamais pensé que je
souhaiterais un jour que les gens se remettent à téléphoner tout en conduisant.
Absurde, dites-vous? Mon trajet quotidien est très différent de celui que la
plupart des gens effectuent dans les centres urbains. Mon trajet se passe sur
une section de route de 30 kilomètres, large et à deux voies, avec quelques
virages, panneaux d'arrêt et feux de signalisation, ainsi que des vaches en
train de brouter dans les prés alentours. Je cours, cependant, le même risque
que la plupart d'entre nous — celui de me faire percuter par un automobiliste en
train d’envoyer un message texte. Quand les gens parlaient au téléphone, on
pouvait encore se rassurer en se disant qu'ils regardaient au moins la route.
Au cours des derniers mois, j'ai
profité de mon trajet quotidien pour mener ma petite enquête et observer le
comportement de mes concitoyens au volant. Mes conclusions ne sont pas très
encourageantes. Dans le temps, on voyait des gens en train de manger, se
maquiller, lire, ajuster la radio, ou parler au téléphone et on pensait que
c'était dangereux. Aujourd'hui, j'ai le sentiment que la situation s'est
dégradée comme jamais auparavant.
De nos jours, tout le monde sait
qu'il est interdit d'envoyer des messages textes en conduisant, mais certains
estiment probablement qu’ils sont capables de le faire sans courir de risque. La
courbe des statistiques indique pourtant le contraire.
Un sondage de la compagnie
d'assurance Liberty Mutual Insurance Group, effectué en 2006 auprès de
plus de 900 adolescents américains, a montré que 37 pour cent d'entre eux
estiment qu'envoyer un message texte est une activité très ou extrêmement
distrayante. Une étude menée par AAA a révélé que 46 pour cent des adolescents
avaient déjà envoyé des messages textes tout en conduisant.
D’après une étude de 2009 de la
revue automobile, Car and Driver Magazine, conduire en envoyant un
message texte est plus dangereux que de conduire en état d'ébriété. À une
vitesse de 70 miles à l'heure, un conducteur avec facultés affaiblies a parcouru
quatre pieds de plus pour arrêter son véhicule qu’un conducteur ayant tous ses
moyens. En revanche, un conducteur qui lisait un courriel a parcouru 36 pieds de
plus et celui qui envoyait un message texte 70 pieds.
Selon une étude de l'University
of Utah, le nombre d'accidents causé par un conducteur en train d’envoyer un
message texte a été multiplié par six.
Les résultats d'un sondage réalisé
en 2010 par la Fairleigh Dickinson University ont montré que 25 pour cent
des résidents du New Jersey en âge de voter ont admis avoir envoyé un message
texte tout en conduisant – en hausse par rapport à 15 pour cent en 2008. Plus de
35 pour cent des conducteurs du New Jersey âgés de 30 à 45 ans et 17 pour cent
des conducteurs de plus de 45 ans ont admis avoir déjà envoyé des messages
textes en conduisant, une augmentation de 5 à 10 pour cent depuis 2008.
Quelle est la situation au Canada?
Toutes les provinces ont interdit l'utilisation des téléphones cellulaires
portatifs, que ce soit pour parler ou envoyer des messages textes. Seuls les
Territoires du Nord-Ouest, le Nunavut et le Yukon n'ont pas encore promulgué de
lois en la matière. De nombreux états américains ont interdit les appareils
portatifs et de nombreux autres prévoit de faire la même chose.
En 2010, l'Alberta a introduit le
projet de loi 16, la première législation sur les dangers de la distraction au
volant dans cette province. Bien que le projet de loi n'ait pas encore été
adopté, le gouvernement et plusieurs médias ont discuté publiquement du texte de
loi.
Nous connaissons tous cette législation. On trouve en outre sur Internet
plusieurs vidéos et appels de gens dont un membre de la famille a, ou est
présumé avoir, été tué par un conducteur distrait ou en train d'envoyer un
message texte. De nombreuses organisations exhortent les gens à éviter les
distractions et à ne pas envoyer de messages textes lorsqu'ils sont au volant.
Puis, il y a ceux qui estiment que les gouvernements ne devraient pas se mêler
de leurs affaires quand ils sont au volant de leur voiture – plus ou moins les
mêmes arguments que l’on a entendus contre les législations sur les gilets de
sauvetage ou les ceintures de sécurité. Dans une autre mesure, des inventeurs
ont mis au point des systèmes empêchant les conducteurs ayant des capacités
affaiblies de démarrer leur voiture. Je pense que le moment est venu d'envisager
sérieusement cette possibilité.
En examinant mes messages-textes ou appels téléphoniques, je me suis rendu
compte qu’aucun n’était urgent. Aucun d'entre eux ne justifie le fait que je
prenne des risques pour y répondre. Pensez-y à deux fois quand vous êtes au
volant. Quand on y réfléchit, c'est vraiment plus sage d'être prudent.
Le travail des enfants – une série de trois articles
Le prix de l'or
Lisa Bicum, En
Solidarité
Au moment où j'écris ces lignes, je
suis éblouie par les décorations clinquantes et bombardée par le matraquage
publicitaire qui accable chaque consommateur à l'approche de Noël. Je m’efforce
de ne pas sombrer dans l'hystérie qui caractérise la période des Fêtes de fin
d’année. Je dois, toutefois, concéder que j’ai d’excellents souvenirs des noëls
de mon enfance, et que j'ai beaucoup de plaisir à aller voir mes enfants à
l'occasion des récitals et activités des fêtes de fin d'année. Notre société en
fait quand même un peu trop durant la période de Noël, surtout quand on pense
aux gens, ici et à l'étranger, qui vivent dans des conditions déplorables.
Puisque c'est la période de l’année
où les enfants reçoivent beaucoup d'attention, j'ai pensé qu'il serait approprié
de parler des conditions de vie des enfants qui sont forcés à travailler dans le
monde. Des groupes de défense des droits de la personne s’efforcent de dénoncer
cette situation. Informer constitue déjà un premier pas.
Un rapport, publié le 6 décembre
2011, sur le site Web de Human Rights Watch (www.hrw.org) donne un aperçu
des conditions affreuses et de l'environnement toxique des mines d'or du Mali où
travaillent des enfants de nos jours.
Des mines, artisanales et dénuées
de toute organisation, dans lesquelles travaillent des enfants, aussi jeunes que
six ans, qui portent des charges plus lourdes que leur propre poids, creusent
des puits, circulent dans des tunnels instables, touchent et inhalent du
mercure, l'une des substances les plus toxiques au monde. Plus de 20 000 enfants
travaillent dans ces mines non réglementées qui utilisent souvent des méthodes
rudimentaires pour extraire l'or.
Non seulement ces enfants
effectuent un travail dangereux pour leur dos, mais ils sont en outre exposés à
un très grave danger en étant en contact avec le mercure qui est utilisé pour
séparer l'or du minerai. Le mercure s'attaque au système nerveux central et
entraîne divers troubles neurologiques, y compris des tremblements, des
problèmes de coordination, de concentration et de la vision, des maux de tête,
et des pertes de mémoire. Tragiquement, les effets toxiques du mercure
n'apparaissent pas immédiatement, mais se développent au fil du temps. C'est
bouleversant de savoir que des enfants sont exposés à des doses importantes de
mercure.
L'exposition au mercure n'est pas
le seul danger de ces mines d'or. Les enfants mineurs souffrent de douleurs au
dos, à la tête, au cou, aux bras, aux articulations, ainsi que de problèmes de
toux et respiratoires.
Pourquoi est-ce que des enfants
vivent-ils dans ces tragiques conditions? La plupart d'entre eux travaillent
avec leurs parents pour compléter le maigre revenu de la famille qui vend son or
à des négociants locaux. Des orphelins se rendent également dans les mines et
sont exploités et maltraités par des proches ou des inconnus qui leur volent
leur salaire. Des filles sont victimes d'agression sexuelle pendant que d'autres
travaillent dans le commerce du sexe pour survivre. Ces mines attirent des
enfants de nombreuses régions du Mali, de la Guinée, du Burkina Faso, et
d'autres pays voisins.
Que font les gouvernements? En juin
2011, le gouvernement du Mali a adopté un plan d'action national pour mettre fin
au travail des enfants, mais le plan n'a toujours pas été mis en place. Il n'y a
aucune inspection périodique des mines artisanales et l'interdiction du travail
des enfants dans des conditions dangereuses (au contact du mercure) n'a pas été
mise en application. Le gouvernement n'a rien fait pour améliorer l'accès à
l'éducation des enfants-mineurs. Les écoles, qui sont souvent éloignées,
demandent des droits de scolarité et n'encouragent par la participation des
enfants qui viennent d'ailleurs. Curieusement, les fonctionnaires profitent
souvent de la vente de l'or.
Par ailleurs, un expert a souligné
le fait que les pays qui achètent cet or bon marché (Suisse, Émirats arabes unis
et Dubay) doivent assumer leur responsabilité et prendre des mesures afin de
veiller à ce qu'il ne provienne pas de mines où travaillent des enfants. Les
acheteurs d'or doivent exercer des pressions sur les gouvernements locaux et les
agences internationales pour éliminer le travail des enfants.
En regardant mes enfants, bien
nourris et instruits, je me dis que nous avons de la chance, même si je ressens
de la culpabilité. Bien que je n'achète pas très souvent de l'or, ces
informations m'encouragent à être une consommatrice informée, à chercher
l'origine des produits que j'achète pour ma famille, et à lire les
avertissements de Human Rigths Watch (www.hrw.org).
Le rêve de Shannen
La première voix d'Attawapiskat
Nancy
Hart-Day, En Solidarité
Nous avons tous entendu parler de
la réserve d'Attawapiskat dans les médias – une réserve autochtone située dans
le Nord de l'Ontario.
James Anaya, le Rapporteur spécial
sur les droits des peuples autochtones pour les Nations Unies, a publié une
déclaration sur le site Web de l'ONU que le Globe and Mail a également
repris le 20 décembre 2011 : « La situation sociale et économique de la
réserve d'Attawapiskat semble refléter les conditions de vie de nombreuses
communautés des Premières Nations à travers le Canada, des conditions de vie
proches de celles que l'on retrouve dans les pays du tiers monde »
(traduction libre).
Monsieur Anaya a souligné le fait
que parmi les 1800 résidents de la communauté, nombre d'entre eux vivent dans
des tentes ou des roulottes dépourvues d'eau et de chauffage. Il a expliqué que
la Première Nation d'Attawapiskat n'est pas la seule communauté autochtone à
vivre dans de telles conditions. En décembre, les chefs des Premières Nations
ont demandé à l'ONU de surveiller l'intervention du gouvernement du Canada dans
la réserve éloignée. Dans sa déclaration, M. Anaya a mis en évidence le fait que
les problèmes de pauvreté, de santé, d'éducation et d'emploi sont beaucoup plus
graves dans les communautés autochtones que dans le reste du Canada.
Shannen Noella Jane Koostachin, une
élève de huitième année de la Première Nation d'Attawapiskat, a été la première
à sonner l'alarme dans la Réserve d'Attawapiskat en 2008. Elle a écrit à une
lettre à Chuck Strahl, le ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien,
pour lui décrire les conditions de vie qu'elles et ses camarades de classe
devaient endurer dans leur école (Lire la lettre à www.shannensdream.ca).
Shannen et ses camarades ont ensuite pris d’autres initiatives pour demander que
le gouvernement respecte sa promesse de construire une nouvelle école.
En consultant le site Web de
Shannen, on découvre combien ça peut être difficile d'apprendre dans une école
située dans une réserve sous-financée. La seule école élémentaire de la réserve
d'Attawapiskat, qui accueillait 400 enfants, avait dû fermer ses portes après la
contamination du sol de l’école par un déversement de plusieurs milliers de
gallons de carburant diesel. À titre de solution temporaire, le gouvernement
fédéral avait fait installer des portatives dans la cour de récréation de
l'école contaminée en attendant la construction d’une nouvelle école. Neuf
années ont passé et il n’y a aucun signe d'une nouvelle école en construction et
toujours pas d'eau courante en raison des contaminants dans le sol.
Shannen avait décrit l'état de
décrépitude des portatives qui se détérioraient un peu plus chaque année. Les
portes déformées, le chauffage souvent en panne et les enfants obligés de sortir
dans le froid glacial pour aller se réfugier dans une autre portative. Puis, les
enfants d'Attawapiskat ont alors lancé la Campagne de l'École d'Attawapiskat et
demandé aux enfants non-autochtones de tout le Canada d'écrire au gouvernement
fédéral afin qu'il construise une nouvelle école à Attawapiskat.
Sur le site Web, vous découvrirez
comment les élèves ont économisé de l'argent de leur voyage de remise des
diplômes aux chutes du Niagara, choisi trois d’entre eux pour aller porter le
message des enfants d'Attawapiskat à Ottawa, rencontrer le ministre des Affaires
indiennes et du Nord canadien et exiger une nouvelle école. Shannen était la
porte-parole de la Campagne de l'École d'Attawapiskat, un mouvement pour
demander des écoles plus sûres, avec plus de confort et une éducation de
qualité, ainsi que des programmes d’enseignement fondés sur la culture des
Premières Nations.
Shannen Koostachin a perdu la vie
dans un accident de la circulation, le 31 mai 2010. En sa mémoire, sa famille,
ses amis et sa communauté, poursuivent la campagne de Shannen, le rêve de
Shannen, afin de demander que les enfants des Premières Nations aient accès
à une éducation de qualité d'un bout à l'autre du Canada.
Shannen est – et restera – la
première voix d'Attawapiskat. Qui savait qu’elle deviendrait non seulement le
symbole de son école, mais aussi de sa communauté?
Le 13e premier ministre
du Canada, John Diefenbaker, a un jour déclaré :
« À l'intérieur même de nos frontières, nous devons rester vigilants et
veiller à la protection des droits de la personne et des libertés fondamentales
qui font partie intégrante de notre riche patrimoine. Nous ne pouvons pas
prendre pour acquis la pérennité de nos droits et libertés. »
(traduction libre)
Les droits et libertés de notre
pays sont menacés quand les membres des Premières Nations vivent dans les
conditions d'un pays du tiers-monde et que la voix de nos enfants résonne dans
le vide?
Nous ne pouvons pas rester sourds
aux appels au secours de nos enfants. Faisons en sorte de poursuivre le rêve
de Shannen, non seulement dans les écoles, mais également dans la
communauté. Continuons à soutenir son rêve et la communauté d'Attawapiskat.
Bob Dematteo :
Un chef de file de la santé et sécurité au travail
Terri Aversa,
Santé et sécurité
Imaginez que votre première tâche
de nouvel employé consiste à faire en sorte que des milliers de membres du SEFPO
soient couverts par la législation sur la santé et la sécurité au travail. C'est
ce qu'on a demandé à Bob Dematteo, le jour où il a rejoint les rangs du SEFPO, à
titre d'agent de recherche, en 1976.
En raison de son expérience, il
était tout désigné pour mener à bien cette lutte qui visait à convaincre les
autorités que les membres du SEFPO faisaient face à des dangers bien plus graves
que de simples coupures de papier. Antérieurement, il avait été professeur au
Collège Humber, où il avait enseigné la science économique du travail et les
sciences humaines. Il avait en outre été délégué syndical en chef de la section
locale.
DeMatteo et le représentant du
personnel, Peter Slee, ont lancé une campagne d'envergure afin que les membres
du SEFPO soient couverts par une législation en matière de santé et sécurité. La
Couronne n'était pas assujettie par le projet de loi 70, la nouvelle législation
sur la santé et la sécurité au travail. Après leur enquête exhaustive sur les
dangers qui menaçaient les membres du SEFPO, DeMatteo et Slee ont mené une
campagne à l'échelle locale, mobilisant les membres afin d'exercer des pressions
sur les politiciens locaux et provinciaux, les dirigeants communautaires, dans
tous les secteurs, les médias, et même les syndicats industriels. Il s’agissait
de montrer que les membres du SEFPO faisaient aussi face à des dangers
importants pour leur santé et sécurité et d’exiger qu'ils soient couverts par
une législation sur la santé et la sécurité au travail.
Cette campagne est à l'origine du
premier programme de formation en matière de santé et sécurité au travail du
SEFPO. C'est ainsi que le SEFPO a mis en place son premier programme de
formation des activistes en matière de santé et sécurité à Port Elgin, en août
1976. Chaque fin de semaine, pendant plus d'un an, cent activistes ont suivi des
programmes de formation. DeMatteo était convaincu que ces programmes donnaient
aux membres du SEFPO un atout majeur pour faire face aux employeurs.
Dans un exposé intitulé Crisis
Behind Bars, il a également mis en évidence les problèmes de surpeuplement
dans les prisons de l'Ontario. L'exposé, qui a été ensuite réédité par la
Criminal Lawyers Association, a conduit à une révision majeure du système
carcéral et à des changements dans le milieu institutionnel. Bob a aidé la
Dre Jeanne Stellman, de l'Université Columbia, a mené une étude majeure sur le
stress subi par les travailleurs en milieu institutionnel – les prisons, les
hôpitaux psychiatriques et les services de développement. L'étude a failli être
arrêtée en raison de l'opposition du gouvernement. Grâce à l'organisation, à la
participation et aux efforts de mobilisation des membres du SEFPO, l'étude a
continué et permis d’apporter des améliorations.
Combattant le processus de
désinstitutionalisation, DeMatteo a dirigé des enquêtes importantes sur les
conditions de vie dans les établissements désinstitutionalisés, et publié ses
conclusions dans un livret intitulé Ontario’s Mental Health Care Breakdown.
Le livret a mené à l'inspection des conditions de vie des patients atteints de
maladie mentale à l'échelle de la province et à la rédaction du livre,
Madness, de John Marshall.
L'engagement de DeMatteo en matière
de protection de la santé et de la sécurité pour les travailleurs du SEFPO
n'avait pas de limite. Mis au courant d’une crise soudaine, il pouvait
raccrocher son téléphone et se rendre en toute hâte à la section locale pour
rendre service. Avoir Bob à ses côtés pour résoudre un problème de santé et
sécurité se traduisait souvent par un acquiescement rapide de la partie adverse.
Grâce à ses compétences universitaires et à son talent d'activiste, il a élaboré
des stratégies de premier plan afin d'atteindre tous les objectifs fixés en
matière de santé et sécurité dans tous les milieux de travail.
Dans les années 80, Bob rejoint
l'équipe des inspecteurs du ministère du Travail et du SEFPO et contribue à
mettre en évidence les faiblesses de l'application de la législation sur la
santé et sécurité. On décourageait systématiquement et politiquement les
inspecteurs de faire leur travail. Avec l'aide de DeMatteo, les inspecteurs ont
élaboré un rapport qu'ils ont présenté au ministre du Travail avec l'espoir de
renforcer l'application de la législation sur la santé et la sécurité. Le
rapport a fait les grands titres des journaux pendant plusieurs semaines et le
gouvernement a enfin consenti à déclencher une enquête qui a entrainé une
augmentation importante du nombre d'inspecteurs, l'amélioration de la formation
et l'embauche de plusieurs inspecteurs du mouvement syndical.
Bob est connu mondialement pour son
action concernant les changements informatiques et technologiques en milieu de
travail dans les années 1980 et 1990. Conformément à la Loi de 1993 sur la
négociation collective des employés de la Couronne, le syndicat n'avait pas
le droit de négocier ou même de discuter des changements technologiques. Le
gouvernement ne voulait même pas examiner les propositions en matière de santé
et sécurité concernant les nouvelles technologies. Comment DeMatteo a-t-il
réagi? Il a lancé une initiative majeure concernant l'impact des terminaux
d'affichage vidéo (TAV) sur la santé. Il a conduit une étude directement auprès
des employés de bureau afin d'étudier les impacts des TAV et écrit un manuel
reconnu mondialement, Terminal Shock. Avec ce manuel, qui a attiré
l'attention aux quatre coins du monde et qui s’est vendu à plus de 10 000
exemplaires, il a posé les jalons en ce qui a trait à la santé et la sécurité
des opérateurs de TAV au SEFPO et à travers le Canada.
Il est en outre à l'origine d'une
coalition avec d'autres syndicats qui a été reconnue à l'échelle internationale,
comme une source majeure d'information. Les toutes premières batailles
juridiques afin que les femmes aient le droit d'être affectées à d'autres tâches
pendant la grossesse et de refuser de travailler sur les TAV. Des modifications
à la règlementation et de nouvelles conventions collectives ont suivi, et, au
bout du compte, le droit de négocier un changement technologique ayant un impact
sur la santé et la sécurité.
DeMatteo a procuré son aide et des
conseils lors de la fermeture du palais de justice de Newmarket en raison de
moisissures, ainsi que des problèmes qui ont affecté l'édifice de
l'assurance-santé de Kingston qui avait été construit sur un site de goudron de
houille.
Peu importe la cause à défendre, on
pouvait compter sur Bob pour aider les travailleurs à aller de l'avant. Que ce
soit pour « déposer une dénonciation » auprès du juge de paix afin de
poursuivre des employeurs, faire progresser la cause de la santé et de la
sécurité ou simplement écouter, DeMatteo a toujours procuré le meilleur soutien
possible, pas simplement aux membres du SEFPO, mais également aux travailleurs
de partout.
Aujourd'hui, on peut encore compter
sur lui pour nous rappeler que c'est en travaillant en équipe que nous irons de
l’avant. Il n’oublie pas de rendre hommage à tous ses collègues qui l'ont aidé à
mener ses combats – Peter Slee pour son rôle dans la mobilisation des
travailleurs et Katie FitzRandolph, du Services des communications du SEFPO, qui
a fait en sorte que son écriture maladroite soit comprise des lecteurs.
Vingt-six ans plus tard, même si
DeMatteo a pris la retraite du SEFPO, il reste toujours très actif. Il est
membre du conseil d'administration des Centres de santé des travailleurs de
l'Ontario. Il continue à faire de la recherche, à écrire des articles et à
mettre à profit son expérience afin de demander un système de santé et sécurité
qui protège les travailleurs. Même s'il est à la retraite, il n'est donc pas
étonnant que Bob DeMatteo continue à se dévouer à l'amélioration de la santé et
de la sécurité des travailleurs. Les activistes, que Bob a formés et guidés,
continuent de marcher sur ses pas.
Ce que j'ai appris du Mouvement d'occupation de Toronto
Don
Ford, Communications, SEFPO
Les Indignés qui ont occupé le parc
St. James l'automne dernier ont fait l'objet de beaucoup d'attention médiatique.
Au début du mouvement, de nombreux articles faisaient état du fossé sans cesse
plus profond qui sépare les plus riches, les 1 pour cent, du reste de la
société. Très vite, cependant, la plupart des commentaires ont pris une tournure
négative. Les articles, les éditoriaux, les lettres à l'éditeur, les carnets de
blogue et les sites Web ont condamné les Indignés, les traitant d'envahisseurs
rebelles et les accusant de tous les péchés, de perturbateurs et d’anarchistes.
En partenariat avec les autres
syndicats, le SEFPO a soutenu le Mouvement d'occupation en procurant des
ressources et de l'argent. Comme on pouvait s'y attendre, certains de nos
membres ont réagi sur-le-champ, téléphoné et envoyé quotidiennement des
courriels au siège social, furieux que leur syndicat dépense l'argent de leurs
cotisations pour soutenir une bande de « communistes non-syndiqués » qui ne
faisaient que déranger la société.
Comme tout le monde, j'avais
entendu parler du Mouvement d'occupation, mais je n'avais pas encore pris part
aux activités quotidiennes du mouvement local. Du personnel du SEFPO, des
membres du Conseil exécutif et des activistes étaient impliqués journellement.
Plusieurs d'entre eux rendaient quotidiennement visite aux protestataires. Le
SEFPO a produit des mises à jour sur le Web, élaboré des moyens de
communications, aidé à financer et à mettre en place les célèbres « yourtes » –
les grandes tentes du style de la Mongolie – qui sont devenues l’un des symboles
du Mouvement d'occupation.
Bien que je fusse en accord avec le
message des Indignés de Toronto et du reste du monde à l'égard de Wall Street,
je n'avais pas pris le temps d'en apprendre beaucoup sur le Mouvement
d'occupation à Toronto. Leur message était simple : 99 pour cent de la
population en ont assez que la richesse du monde soit aux mains de 1 pour cent
de la population. Les grandes sociétés gèrent désormais le monde, gagnent des
millions et des milliards pendant que les travailleurs triment pour joindre les
deux bouts. Un système que le SEFPO combat au quotidien en luttant pour de
meilleures conditions de travail et de vie pour ses membres.
Environ une semaine ou plus avant
la fin du Mouvement d'occupation, j'ai eu l'occasion de passer du temps au parc
St. James. Ma première impression n'était pas très bonne : des tentes, de la
boue, des panneaux déchirés, des abris de fortune, des rangées de toilettes
portables, des sans abri souffrant de maladies mentales…le tout formait une
communauté pour le moins chaotique.
Une impression négative qui s’est
dissipée très vite – dès ma première rencontre avec deux dirigeants du mouvement
de protestation : une jeune femme et un jeune homme. Ébouriffés, débraillés et
évidemment très fatigués, mais calmes, intelligents et instruits, avec une
étincelle dans leurs yeux où brillaient toute leur détermination. Cette même
détermination que j'ai déjà remarquée chez nos activistes syndicaux les plus
aguerris.
Une belle surprise pour moi qui en
étais arrivé, je l'admets, à avoir une piètre opinion de la jeunesse. J'étais
apparemment devenu le grincheux que j'avais JURÉ ne jamais devenir.
Jeune, je me moquais pourtant de ces grincheux-là. Vingt-cinq ans plus tard,
j’en étais arrivé à penser que les jeunes ne s’intéressent plus qu’à leurs
smartphones, Facebook, et à tout ce qu'ils peuvent s'acheter pour eux-mêmes
(sans jamais se soucier des autres). J'ai appris depuis que des calomnies
semblables étaient gravées sur les murs des Pyramides, mais je m'écarte du
sujet.
Retournons aux Indignés. Il y avait
là des jeunes qui ne luttaient pas que pour leur gain personnel. Ils étaient là
pour défendre leurs convictions. Ils étaient là, malgré tous les sacrifices et
les désagréments, pour transmettre un message au public. Leur niveau
d'organisation n'avait rien à envier à une armée. Dans les trois yourtes, ils
avaient mis en place une infirmerie, une bibliothèque et un centre de
communications et de presse avec des ordinateurs. Des volontaires ramassaient
les déchets, d'autres recevaient les livraisons de nourriture, pendant que
plusieurs autres fabriquaient des bannières et des pancartes. Un autre groupe de
bénévoles animaient des séminaires quotidiens dans le parc concernant les
problèmes légaux, les enjeux économiques et sociaux. Ce qui ressemblait à un
chaos de l'extérieur était en réalité une communauté tout à fait autonome.
J'ai été vraiment impressionné par
le règlement de leurs réunions quotidiennes qu'ils appelaient « assemblées
générales ». Ceux qui voulaient prendre la parole devaient s'inscrire sur la
liste des orateurs. Par le truchement de différents signaux de la main,
l’audience pouvait exprimer son approbation ou sa désapprobation avec le
problème en question. Tout le monde pouvait faire entendre sa voix et
l'organisation et le respect prévalaient. Chaque décision était prise après
consensus. D'une manière ou d'une autre, ça marchait. Subitement, j'ai eu une
toute autre opinion de ces jeunes gens. Je me suis dit qu'il y avait de l'espoir
pour la jeune génération.
Bien sûr, les médias n'ont jamais
parlé de cet espoir. Choquant, je sais. Les médias, particulièrement à Toronto,
préféraient insister sur le désordre, le bruit et le fait que les résidents aux
alentours ne pouvaient plus profiter de leur parc, et bien sûr sur les objectifs
futiles que ces jeunes cherchaient à atteindre.
Alors, permettez-moi de poser la
question : pourquoi le SEFPO a-t-il soutenu ce groupe? Ayant rencontré les
Indignés, je suis plus à même de répondre à cette question. C'est parce que ces
jeunes représentent notre avenir. Dans vingt ou trente ans, quand un bon nombre
d'entre nous seront à la retraite ou sur le point de la prendre, ils seront
devenus nos chefs de file. Ils ont montré qu'ils ne pensent pas qu'à leur propre
personne et qu'ils ont la volonté de faire des changements pour le bien des
travailleurs partout dans le monde. En d'autres mots, ils seront les activistes
et les syndicalistes de demain.
J'estime que le soutien que le
SEFPO a apporté au Mouvement d'occupation à Toronto a permis de répondre à un
besoin immédiat, mais surtout d'investir dans l'avenir. Peut-être que ces jeunes
appartiendront demain à un syndicat, ou qu'ils voudront rejoindre un mouvement
syndical. Demain, ils seront les voix qui guident leurs collègues, défendent
leurs droits, combattent les employeurs injustes, et rassemblent leurs
concitoyens autour d'eux afin de bâtir une vie meilleure pour toutes et tous. Le
bon souvenir qu'ils ont du SEFPO restera graver en eux pour toujours.
Nombre de ces jeunes femmes et
jeunes hommes sont les activistes syndicaux de demain. Ce que j'ai vu me
conforte dans l'idée que notre avenir est dans de très bonnes mains.
De retour à la demande
générale et … juste à temps pour le Congrès ...
Les non-règles du débat parlementaire
Un petit
compendium des non-règles afin que vous puissiez participer pleinement au
prochain Congrès du SEFPO!
RÈGLE CONCERNANT LA CRISE DE COLÈRE
À tout moment du
débat, tout participant incapable de contrôler sa colère a le droit
d'interrompre un autre membre sans attendre la permission du président, et de
vociférer afin de se faire entendre.
RÈGLE CONCERNANT UNE INTERRUPTION HORS DE PROPOS
Sans tenir compte
de la motion débattue, tout participant a le droit d'interrompre le débat pour
une période de cinq minutes au maximum pour discourir d'une question dont la
pertinence échappe à tous les autres membres.
RÈGLE CONCERNANT LES ATTAQUES
PERSONNELLES
En réponse à un
point de vue mis de l'avant par un de ses pairs, un participant a le droit de
répliquer par des attaques personnelles. À aucun moment, il n'est obligé
d'aborder le sujet de discussion.
RÈGLE CONCERNANT DES RELATIONS CONFLICTUELLES
Un participant a
le droit de mettre en doute la solidarité d'un autre membre en alléguant qu'il
avait, a, ou aurait, un troisième cousin ou des arrière-petits-enfants qui
pourraient être membre(s) d’une organisation qui se consacre à l'anéantissement
de la section locale ou du syndicat.
RÈGLE CONCERNANT LE MÉPRIS
Un participant a
le droit de grogner, de jeter des papiers sur la table, de secouer
vigoureusement sa tête, ou d'afficher ouvertement son mépris à l'égard du
décorum.
RÈGLE CONCERNANT LE HARCÈLEMENT
Un participant a
le droit de déposer des motions malvenues dans le seul but de retarder le débat.
On ne peut avoir recours à la règle concernant le harcèlement qu'au moment où le
résultat d'un vote important est imminent.
RÈGLE CONCERNANT LES RENSEIGNEMENTS SUPERFLUS
À ne pas confondre
avec la règle concernant « la question de renseignement ». Tandis que la règle
concernant la question de renseignement permet au président d'obtenir des
précisions, la règle concernant les renseignements superflus autorise un
participant à parler de choses que l'auditoire connait déjà.
RÈGLE CONCERNANT L'EXAGÉRATION
Une motion qui
autorise un participant à intervenir pour soulever un sujet de discussion qui a
déjà été abordé par l'un des cinq orateurs précédents.
RÈGLE DE L'ODIEUX MENSONGE
Une motion qui
autorise un participant à utiliser n'importe quelle règle de droit afin de faire
valoir son point de vue, bien qu'une citation exacte le contredise.
RÈGLE CONCERNANT LA RANCUNE
Autorise un
participant à soulever une question, ayant été débattue par l'organisation dans
les cinq années précédentes, pour laquelle le participant n'a toujours pas
pardonné les membres qui l'avaient contredit.
RÈGLE CONCERNANT LA CONFUSION MENTALE
Elle peut être
utilisée quand un membre a perdu le fil de la discussion à force de digressions.
Exemple :
On vient de
voter une motion pour annuler la portion de route que la section locale
a « adoptée ». Après plusieurs minutes de discussion, le débat porte
essentiellement sur l'attitude des membres (serments d'allégeance, exigences,
etc.). À partir de ce moment, le membre "X" invoque la :
RÈGLE CONCERNANT LA CONFUSION MENTALE!
Mais de quoi parlons-nous au fait?
RÈGLE CONCERNANT LA BIZARRERIE
Elle peut être
utilisée quand un membre estime que le sujet de discussion est d'une nature
extrêmement bizarre.
Exemple : On discute pour savoir si le
président de la section locale n'aurait pas meilleure mine s'il se couvrait de
mortadelle ou se badigeonnait de gelée de raisin. À partir de ce moment, le
membre "X" invoque la : RÈGLE CONCERNANT
LA BIZARRERIE! La discussion a pris une tournure vraiment bizarre.
La fabrication de la bière, un service essentiel?
Union
internationale des travailleurs de l'alimentation, de l'agriculture, de
l'hôtellerie-restauration, du tabac et des branches connexes/Association
canadienne de la presse syndicale
>Les tribunaux
de la Lituanie ont statué que la production de bière est un service essentiel.
Dans un conflit de travail qui dure depuis l'été dernier, la brasserie
internationale Carlsberg a reçu le soutien du système judiciaire de la Lituanie.
>En juin 2011,
les membres du syndicat lituanien des producteurs d’aliments (LPMS) ont voté en
faveur d’une grève à la brasserie Carlsberg en Lituanie afin de soutenir leur
demande d’une convention collective décente conclue au niveau de l’entreprise.
>Cherchant à
mettre fin à la grève, la direction a lancé une pétition afin que le Tribunal du
district invalide la procédure de vote de grève et déclare la grève illégale, et
demandé des compensations financières pour frais de litige. Non seulement
l'entreprise a voulu mettre fin à la grève en la faisant déclarer illégale, mais
elle a en outre mis en avant le fait qu'aucune grève ne pouvait être déclenchée
avant la fin de la saison estivale.
>Le Tribunal a
reporté de 30 jours le début de la grève prévue, arguant que la production de la
bière était « d’une importance vitale » en Lituanie. Le 5 juillet, le Tribunal
du district a statué que la grève était légale. La direction de Carslberg
Lituanie a fait appel de cette décision et le Tribunal régional a annulé, le 5
août, la décision du tribunal inférieur statuant que la grève annoncée dans la
brasserie en juin était en effet illégale.
>Pour déclarer
la grève illégale, le Tribunal régional a mis en avant les raisons étonnantes
suivantes : « La convention collective est en conformité avec le Code du
travail puisque les salaires des employés de Carlsberg sont au-dessus de la
moyenne du marché, les emplois sont maintenus et les salaires ne sont pas
réduits ». En déclarant la grève légitime illégale, le Tribunal régional
justifiait la tentative de Carlsberg de geler les salaires pendant trois ans.
>Le syndicat a
interjeté appel auprès d’un tribunal supérieur en vue d’obtenir l’annulation de
la décision du Tribunal régional, qui est toujours frappée d'appel, et a, en
outre, déposé une plainte auprès de l’Organisation internationale du Travail
(OIT) qui a reçu le soutien formel de l'Union internationale des travailleurs de
l'alimentation, de l'agriculture, de l'hôtellerie-restauration, du tabac et des
branches connexes – qui sera examinée par le Comité de la liberté syndicale. Il
est fort peu probable que le Comité de la liberté syndicale de l'OIT décide de
déclarer le secteur des brasseries comme un service essentiel. On s'attend à ce
que l'OIT condamne la décision du tribunal qui a suspendu une grève pour une
période déraisonnable, dans la mesure où la suspension du droit de grève pendant
une période si longue viole les normes de l’OIT.
Union
internationale des travailleurs de l'alimentation, de l'agriculture, de
l'hôtellerie-restauration, du tabac et des branches connexes
Sur la trace des minières canadiennes!
En direct du Chiapas
Kaylan
Bartholomew, vice-présidente, Comité provincial des jeunes travailleurs et
travailleuses
Le Fonds pour la justice sociale du
SEFPO vient en aide aux personnes les plus vulnérables en Afrique, dans les
Caraïbes, en Amérique latine et en Asie. Cette année, l'équipe Solidarité du
SEFPO a visité l’État du Chiapas, au Mexique.
Accompagnée de Emily Visser, agente
des communications au siège social du SEFPO, j'ai eu le privilège de rencontrer
les populations locales et des représentants d'agence humanitaires au Chiapas,
un État situé dans le Sud du Mexique, du 6 au 15 février 2012. J'aimerais vous
parler de deux communautés en particulier : Chicomuselo et Fray Bartholome. Le
voyage était organisé par Horizons of Friendship, une organisation de
développement internationale, qui travaille en équipe avec d'autres organismes
partout en Amérique centrale.
L'un des moments marquants du
voyage a été notre rencontre avec des activistes d'une petite ville du Chiapas,
Chicomuselo. Jose Luis Abarca nous a parlé de Blackfire, une minière canadienne
qui exploitait un gisement dans les montagnes au-dessus du village. En 2009, les
gardiens de sécurité de Blackfire ont assassiné le père de Jose Luis, Mariano, à
une époque où il mobilisait sa communauté pour bloquer les routes du village.
Aucune loi ne sanctionne les
pratiques minières irresponsables des entreprises canadiennes dans les pays
étrangers. Le Parlement a rejeté le projet de loi C-300, la Loi sur la
responsabilisation des sociétés à l'égard de leurs activités minières,
pétrolières ou gazières dans les pays en développement, en octobre
2010. Lorsque la société Blackfire s'est installée à Chicomuselo, elle a promis
des emplois, de meilleurs services sociaux et routes. Des promesses alléchantes
pour une petite communauté en difficulté. Malheureusement, la minière a fait
bien pire que de briser ses promesses. Blackfire a infligé des dommages graves à
la communauté et à l'environnement. La société minière a contribué à creuser les
inégalités, à diviser, et à causer des tensions – même dans les familles. Jour
après jour, Blackfire a contribué à accroître les problèmes écologiques et
sociaux dans cette région.
Blackfire nie toutes les
accusations en bloc, mais les populations locales, menacées par une montagne
précaire de terre extraite en équilibre instable au-dessus de leur village, ont
développé des maladies en se baignant dans les ruisseaux contaminés et en buvant
de l'eau polluée par les coulées de boue pendant la saison de pluie. Des preuves
documentaires montrent que Blackfire a acheté les autorités locales et que ses
véhicules sont passés sur des terres protégées en toute illégalité. Traversant
le centre du village, des camions de la minière, chargés jusqu'à 80 tonnes, ont
causé de nombreux dégâts aux ponts, maisons, et routes. Les efforts de Mariano
Abarca pour mobiliser sa communauté et bloquer le passage de ces camions ont
immédiatement attiré l'attention des agents de sécurité embauchés par Blackfire.
D'abord arrêté, relâché, puis suivi et battu, il a ensuite été assassiné par des
agents de sécurité qui portaient des chemises avec le logo de Blackfire.
Depuis cette tragédie, le soutien
international pour la lutte de Chicomuselo n'a pas cessé de grandir, mais la
bataille continue. Des activistes ont voyagé jusqu'à quatre heures dans chaque
sens, pour raconter leur histoire et combat à notre délégation. Nous avons
expliqué à Abarca et à ses compagnons que le SEFPO et le mouvement syndical ont
leur propre manière de montrer leur solidarité aux travailleurs en lutte et nous
avons fait « circuler le chapeau » – « pasear el sombrero » – en signe de
solidarité syndicale.
Un autre moment fort de notre
tournée au Chiapas a été notre visite dans un village zapatiste autonome, Fray
Bartholome, où habitent seulement neuf familles. Les Zapatistes sont un
mouvement de gauche formé de populations indigènes. En 1994, le soulèvement
zapatiste a mis sur le devant de la scène la lutte pour défendre les droits des
populations indigènes et réclamer leurs droits de propriété territoriale et des
ressources locales. Deux ans plus tard, le gouvernement fédéral et les
Zapatistes ont conclu un accord, « les Accords de San Andres ». Ces accords
visaient à préserver les droits et à faire progresser la cause des populations
indigènes au Chiapas. Du fait que le gouvernement mexicain n'a pas tenu
plusieurs de ses engagements, les Zapatistes ont mis en place des communautés
autonomes. Ces communautés ne reçoivent aucun soutien ou assistance sociale du
gouvernement. Gérées par les Zapatistes, elles ont leur propre système de
gouvernement – le Conseil de bon gouvernement. Le pouvoir de décision est entre
les mains de membres de la communauté qui changent tous les trois ans.
Toute la communauté de Fray
Bartholome s’était réunie dans sa petite école d'une pièce pour nous accueillir.
Nous avons salué tous les membres de la communauté et les avons remerciés de
nous avoir accueillis si chaleureusement et permis d'en apprendre plus sur leur
vie quotidienne. Les communautés zapatistes sont généralement fermées aux
étrangers et il faut obtenir la permission du Conseil de bon gouvernement avant
de pouvoir s’y rendre. L'agriculture biologique constitue la principale activité
économique des familles de Fray Bartholome qui cultivent du maïs, des haricots,
la courge, les pois, et d'autres produits locaux. Sur leurs petits lopins de
terre, les familles ne produisent pas assez pour nourrir toute la communauté,
mais elles échangent des articles ou des services pour obtenir d’autres
produits. La communauté essaie de devenir autosuffisante en apprenant de
meilleures pratiques agricoles grâce à des séances de formation, qui sont
procurées par le programme de développement social et économique des populations
indigènes au Mexique (DESMI), auxquelles toute la communauté assiste. Le SEFPO
et Horizons of Friendship soutiennent DESMI.
En tant que travailleuse auprès des
enfants et des jeunes, j'étais très intéressée d'en apprendre plus sur la vie
des enfants dans cette petite communauté. Les enfants vont à l'école
quotidiennement pour apprendre les langues, les mathématiques, les sciences
humaines, la santé, l'agriculture, l'histoire, et les sciences. Un éducateur de
la Junte dispense l'enseignement à tous les élèves dans une pièce. Étant donné
que la communauté a très peu d'argent, les fournitures scolaires sont rares.
J'étais ravie d'en avoir quelques-unes avec moi pour les distribuer. Après
l'école, les enfants aident leur famille avec les taches ménagères, la garde des
tout-petits, la cuisine, et le travail de la terre.
Après le discours à l'école, nous
avons eu droit à une visite de la communauté avec les dirigeants et les adultes.
Sauf qu'Emily et moi-même avons été kidnappées en chemin par les enfants pour
participer à des jeux et cueillir des fleurs. Il semble que nous sommes les
seules de la délégation à avoir eu droit à une visite détaillée de la
communauté. Les enfants étaient très fiers de leur village et de nous montrer
leurs maisons et le bétail. Ils se sont également beaucoup amusés à m'enseigner
des mots en espagnol. Bien que les enfants ne parlaient pas anglais et que je ne
parle pas espagnol, nous avons communiqué par gestes et avec des sourires. Je
leur ai chanté des chansons et enseigné quelques jeux de main. Après tant de
bons moments, j'étais bien triste de devoir partir. La visite s'est terminée par
des rires et des étreintes. J'étais très touchée par le fait qu'au moment de
dire au-revoir aux enfants, ces derniers couraient après moi pour une dernière
étreinte et m'offrir des fleurs.
Les familles de Fray Bartholome
étaient extrêmement reconnaissantes de notre visite et du soutien que nous leur
apportons par le truchement du programme de DESMI. Leurs remerciements m'ont
aidé à comprendre l'importance du travail que le SEFPO accompli avec ses
organismes partenaires par le biais du Fonds pour la justice sociale. « Savoir
que nous ne sommes pas seuls nous donne de la force. Les gens des communautés
voisines ont remarqué que vous êtes venues nous soutenir ici,
chez nous. Tous les gens des alentours savent que nous avons un soutien
international. Merci. »
Pour de plus
amples renseignements et savoir ce que vous pouvez faire pour soutenir des
communautés comme Chicomuselo, consultez www.miningwatch.ca. Le Fonds pour la
justice sociale soutient Mines Alerte Canada qui œuvre pour que les
minières canadiennes adoptent des pratiques responsables à l'étranger.
Pour en savoir
plus sur le mouvement de Zapatista :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_zapatiste_de_lib%C3%A9ration_nationale
Pour consulter les photos et les
rapports du voyage de Solidarité du SEFPO au Chiapas, veuillez consulter le
blogue
http://www.opseu-chiapas.blogspot.com.
Le Centre de
ressources du SEFPO
Premier contact
Il est 8 h 02, et le téléphone sonne déjà en ce mercredi matin. Une agente du
Centre de ressources prend son premier appel de la journée.
« Pourriez-vous me dire si mon chèque de remboursement des dépenses m'a été
envoyé? », demande le membre à l'autre bout du fil. Une question de routine pour
l'agente du Centre de ressources. Une fois qu'elle a vérifié le nom du membre,
son adresse et numéro de section locale, il lui suffit de quelques clics de
souris pour lui dire que sa demande a été traitée deux jours auparavant et que
le chèque est dans le courrier.
Le Centre de ressources du SEFPO, qui a ouvert ses portes il y a sept ans, a
fait beaucoup de chemin depuis sa création. Répondant à des centaines d'appels
par jour, les agentes du Centre de ressources sont les premières personnes du
SEFPO avec qui les membres, le personnel et le public entrent en contact. Ne
croyez pas qu'il s'agisse d'un standard téléphonique de haute technologie. Les
agentes du Centre de ressources sont formées pour répondre à toute une panoplie
de questions : statut des griefs, remboursement des dépenses, ressources
disponibles au syndicat, aide pour remplir des formulaires, trouver des
informations dans le site Web, dates et lieux des réunions, membres retenus pour
une séance de formation, etc.
La tâche la plus ardue est parfois de mettre en contact l'appelant avec le
membre du personnel ou le dirigeant élu pertinents. C’est parfois compliqué,
explique Nicole, qui travaille au Centre des ressources depuis trois ans : « Il
arrive souvent que des membres demandent à parler à Smokey Thomas parce que
c'est la personne qu'ils connaissent alors qu'ils ont en réalité besoin de
parler avec un membre du personnel de l'Unité de santé et sécurité. Il s'agit
d'obtenir les renseignements pertinents de notre interlocuteur et de lui
expliquer brièvement le fonctionnement du syndicat. »
Expliquer aux membres le fonctionnement du SEFPO, sa structure et la prestation
des services constitue une partie importante de notre travail. Un travail qui
s'avère payant à long terme. Marisa, agente des ressources, explique qu’il est
fréquent que les membres ne savent pas vers qui se tourner quand ils ont besoin
d'aide. « Notre rôle est de les guider à travers les différentes étapes : les
mettre en contact avec les dirigeants de leur section locale, ou en fonction de
leur problème avec leur délégué du personnel. Nous passons plus de temps avec
les membres qui n'ont pas de contact régulier avec le syndicat afin qu'ils
comprennent la démarche à suivre. »
Indépendamment de la nature de l'appel, notre première priorité est de garantir
la discrétion et la confidentialité des renseignements des membres. Ceci
entraine parfois de la frustration chez nos interlocuteurs, mais c'est une
partie essentielle du processus. « L'une des plaintes les plus fréquentes
concerne le fait que nous devons identifier le membre et mettre à jour ses
renseignements personnels avant de traiter son appel », indique Cynthia, l'une
des premières agentes du Centre de ressources. « Si la personne ne donne pas son
nom, nous ne savons pas qui à nous parlons, et nous ne pouvons pas répondre à
ses attentes. Nous devons nous assurer que nous parlons bien à un membre, et non
pas à un employeur ou à une personne extérieure au syndicat ou à quelqu'un des
médias. »
Mettre à jour les renseignements des membres reste une priorité absolue. Les
agentes doivent le faire avec chaque membre afin que le syndicat dispose de
renseignements à jour. « Pendant la grève du personnel de soutien des CAAT, on
s'est aperçu que les coordonnées de nombreux membres n'étaient pas à jour »,
ajoute Cynthia. « Nous avons reçu de nombreux appels de membres qui se
plaignaient de ne pas recevoir des informations essentielles. Beaucoup croient
que l'employeur communique au syndicat leurs adresses postales et électroniques,
numéros de téléphone. Ce n'est pas le cas. » La majorité des communications
syndicales se fait désormais de manière électronique. Notre problème le plus
courant est que les membres nous procurent seulement l'adresse électronique de
leur travail. Les membres doivent savoir que de nombreux employeurs bloquent les
courriels du SEFPO et qu'ils ont légalement le droit de contrôler les comptes de
courrier électronique de leurs employés.
Quel que soit la question ou le problème, les agentes donnent le meilleur
d'elles-mêmes pour garder leur calme et sang-froid pendant les appels. « Il
arrive que les membres qui nous appellent soient mécontents ou bougons », ajoute
Toni, agente du Centre des ressources. « Nous le comprenons. Nous essayons de
les calmer, et de faire tout notre possible pour les aider. »
Le Centre de ressources reçoit aussi quelques appels que l'on peut qualifier de
bizarres. Un membre a appelé pour s'inscrire au cours de bowling organisé par le
SEFPO. Ça nous a pris un peu de temps pour comprendre qu'il parlait en réalité
d'un cours sur le harcèlement. D'autres ont appelé pour demander quelle couleur
du formulaire de grief ils devaient télécopier au SEFPO.
« Les personnes qui nous étonnent toujours sont celles qui appellent pour
demander un numéro de téléphone », raconte Carol, employée depuis 12 ans au
Centre des ressources. « Dès que nous commençons à donner le numéro, elles nous
interrompent : “Attendez! j'ai besoin de trouver un stylo!‘’ Comme si elles ne
pouvaient pas y penser avant? » « La championne toute catégorie reste toutefois
une femme qui voulait adhérer au SEFPO parce que les membres obtiennent de
bonnes remises sur les abonnements de téléphones cellulaires. Bien que le SEFPO
accueille toujours avec plaisir de nouveaux membres, cette nouvelle adhésion
était problématique, car cette dame travaillait à son propre compte. Ce n'est
qu'au moment où je lui ai demandé avec qui le SEFPO négocierait sa convention
collective qu'elle a enfin compris. »
Très souvent, il suffit d'avoir les connaissances, la patience et un peu de
compassion pour répondre aux attentes du membre. « Nous devons faire preuve de
jugement en ce qui concerne nos questions et le moment où nous devons arrêter »,
explique Sue, l'une des agentes bilingues. « Nous faisons tout notre possible
pour respecter la vie privée du membre, surtout en ce qui concerne l'équité, les
droits de la personne et le harcèlement. Nous rassurons régulièrement les
membres sur le fait que leurs renseignements personnels sont tenus strictement
confidentiels et que nous ne communiquons aucune information à l'employeur. »
Sue rappelle que les agentes doivent souvent expliquer les limites de leurs
fonctions. « Par exemple, nous pouvons dire aux membres où trouver certaines
informations dans leur convention collective, mais nous n'avons pas le droit de
donner des conseils ou opinions. C'est le travail des délégués syndicaux ou des
négociateurs. Nous n'avons pas le droit de communiquer les numéros de postes
téléphoniques des membres du personnel ou de téléphones cellulaires. Les membres
du personnel peuvent toutefois laisser leurs coordonnées de manière électronique
quand ils ne sont pas au bureau. Nous savons ainsi comment les contacter en cas
de besoin. De nombreux membres ne veulent pas laisser de message dans le système
de messagerie vocale et nous faisons tout notre possible pour les mettre en
communication avec un membre du personnel qui pourra les aider. »
C'est la raison d'être du Centre de ressources du SEFPO, qui a été créé en 2005
pour répondre à ce besoin : faciliter le contact personnel dans le syndicat.
« Fatigués par le manque de convivialité des nouveaux modes de communications,
les gens ne supportent plus d’avoir à appuyer sur de nombreux boutons pour
passer d'une application à une autre, à laisser des messages et d'être
incapables de pouvoir parler à quelqu'un de vive voix », explique Nadia. « Nous
souhaitons que les membres puissent toujours parler à quelqu'un qui les écoute
et les aide à trouver une solution à leur problème. C'est notre mission.
Même si nous ne pouvons pas satisfaire tout le monde, nous essayons de faire en
sorte que chaque communication téléphonique soit le plus agréable possible. »
Faire en sorte que ses 130 000 membres reçoivent le meilleur service possible de
la manière la plus agréable qui soit, c'est le but du Centre de ressources et du
SEFPO.
La Loi et la santé et sécurité au travail
On a le droit de savoir
Nancy Hart-Day,
En solidarité
Au mois d'octobre 2011, j'ai eu la
chance d'assister à un cours de deux semaines, la Loi et la santé et sécurité
au travail, au Centre de santé et sécurité des travailleurs et
travailleuses. En plus d'avoir une formatrice compétente, Noeline, je me suis
également faite des amis sur lesquels je peux compter pour m'aider avec les
questions de santé et sécurité. Dans ce cours, nous avons appris à décrypter le
libellé de la Loi sur la santé et la sécurité au travail.
Permettez-moi d'abord de vous
décrire le contexte. Je suis agente des services correctionnels dans une prison
à sécurité maximale. J'avais donc tout intérêt à ouvrir grands mes yeux et
oreilles afin d'en apprendre le plus possible. Les gens trouvent souvent que les
questions de santé et sécurité sont ennuyeuses parce qu'ils ont du mal à les
comprendre et qu'ils estiment qu'elles ne s'appliquent pas à leur domaine
professionnel ou qu'elles font partie du travail.
En tant qu'agente des services
correctionnels, je travaille au contact des détenus. On présume souvent qu'il y
a des situations que nous devons assumer nous-mêmes, car elles sont inhérentes à
notre travail. Oui, nous avons recours à des règles rigoureuses pour assurer
notre sécurité, mais rien n'empêche un détenu de couvrir la porte, les murs, et
le plancher de sa cellule, avec des excréments. Or, il n'y a aucune équipe
spécialisée pour nettoyer et désinfecter la cellule. Il est prévu qu'un membre
du personnel ou un détenu utilisera une trousse de protection contre les
biorisques pour nettoyer la cellule afin qu'elle puisse être réutilisée. Les
cellules ne sont pas construites en acier, mais avec du béton poreux. Vous voyez
ce que je veux dire?
Dans le passé, nous escortions les
détenus dans la communauté, via un service de taxi. En raison du combat mené par
le personnel courageux qui a dû endurer cette réalité (qui était perçue comme
« inhérente » à notre fonction), nous avons désormais des gilets pare-balles,
des vaporisateurs de poivre, des menottes, et des bâtons télescopiques pour
mener à bien cette mission. Toutes ces avancées sont le résultat du travail de
longue haleine accompli par le personnel – préoccupations, plaintes, refus –
dans le domaine de la santé et la sécurité. Le Comité mixte sur la santé et la
sécurité au travail s'est battu pour obtenir ces améliorations, mais les agents
des services correctionnels ont payé un lourd tribut en travaillant de longues
années dans des conditions dangereuses.
Dans les services correctionnels,
nous n'avons pas nos propres règlements au titre du Programme de santé au
travail et de sécurité du public, contrairement aux établissements résidentiels
et de santé, les enseignants, la construction, les mineurs, les agriculteurs et
les pompiers. Nous dépendons du règlement sur les établissements industriels
conformément à la Loi sur la santé et la sécurité au travail, mais il ne
concerne pas le travail très particulier des agents des services correctionnels.
Peut-être que cette situation changera un jour et que les établissements
correctionnels auront leurs propres règlements au titre de la loi. En attendant,
les gens doivent connaître leurs droits selon le Programme de santé au travail
et de sécurité du public. Au lieu de s'attaquer au problème de sécurité,
l'employeur blâme souvent le personnel pour un accident de travail.
L'un des éléments importants que
j'ai retenu de ce cours est le suivant : déterminer la cause de l'accident et
les dangers dans le lieu de travail en essayant de répondre à la question
"pourquoi" jusqu'à ce qu'on ne trouve plus de réponse, à l’instar de l’exemple
ci-dessous.
Question : pourquoi
l’employée est-elle tombée?
Réponse : parce que
l’employée a heurté une boîte qui se trouvait sur le passage.
Question : pourquoi la
boîte était-elle sur le passage?
Réponse : parce que
quelqu’un l’avait déposée à cet endroit.
Question : pourquoi
quelqu’un l’avait-il déposée à cet endroit?
Réponse : parce que
qu’il n’y avait pas d’autre endroit où la mettre.
Question : pourquoi n’y
a-t-il pas un endroit précis pour déposer ces boîtes?
Réponse : je ne sais
pas
Quelle est la raison de
l’accident? Le fait qu’il n’y a pas d’endroit précis pour déposer ces boîtes. Il
suffit parfois d’une courte analyse pour déterminer les causes d’un accident et
écarter un danger.
Le site Web du SEFPO est un outil
utile pour en apprendre plus sur vos droits. Une ressource pratique, utile et
instructive qui contient des liens pour accéder au Programme de santé au travail
et de sécurité du public, aux règlements et au guide du travailleur. Pour en
savoir plus sur vos droits, consultez le site Web, à
http://www.sefpo.org/hands/index.htm.
Protection syndicale pendant la période d'essai
Bill
Barry, directeur du Département d'études syndicales au Community College
Baltimore (MD) County
Même quand l'économie tourne au
ralenti, de nombreux employeurs doivent embaucher de nouveaux employés afin de
remplacer ceux et celles qui démissionnent ou prennent leur retraite. Une bonne
nouvelle pour les nouveaux employés, surtout si leur nouveau milieu de travail
est syndiqué. Tout nouvel employé doit, cependant, surmonter un problème décisif
: la période de probation.
Il existe un malentendu assez
répandu concernant les syndicats, les nouveaux travailleurs, les contrats et les
périodes d'essai. La situation est la suivante : chaque contrat prévoit une
période d'essai, habituellement d'une durée de 30 jours à deux ans. Le libellé
de la convention collective empêche le syndicat d'intervenir pour remettre en
cause le licenciement d'un travailleur pendant la période d'essai. La période
d'essai permet au patron d'avoir le temps d'évaluer ses nouveaux employés avant
de décider de les garder et au syndicat d'éviter les ennuis et les dépenses pour
défendre un travailleur « à problème ».
C'est ainsi que s'est répandue
l'idée qu'un syndicat ne peut pas défendre un travailleur pendant la période
d'essai.
C'est faux.
En même temps, le fait qu'une
disposition de la convention collective oblige un nouveau travailleur à se
joindre au syndicat bien avant la fin de la période d'essai entraîne parfois des
critiques. Le travailleur à l'essai rétorque souvent : « Si le syndicat ne peut
rien faire pour moi, pourquoi devrais-je payer des cotisations? »
C'est également faux.
Il est important que les délégués
syndicaux, qui sont le premier contact des nouveaux travailleurs, comprennent
bien les tenants et les aboutissants de la convention collective qui constitue
la force du syndicat dans le lieu de travail. Les délégués syndicaux doivent
pouvoir expliquer de quelle manière les dispositions de la convention collective
s'appliquent – même pour un nouveau travailleur.
Décrire les
avantages
Dès qu'un nouveau travailleur
pointe pour la première fois, il bénéficie des avantages inestimables que lui
procure la convention collective. Les délégués syndicaux devraient être capables
d’expliquer les dispositions de la convention collective aux nouveaux
travailleurs.
Travailler dans un milieu de
travail syndiqué signifie que le salaire de départ est généralement beaucoup
plus élevé que le salaire minimum, avec une progression salariale garantie par
la convention collective. Parce que la convention collective l'exige, et non pas
parce qu'il est le préféré du patron, un travailleur peut bénéficier d'une de
ces augmentations salariales automatiques bien avant la fin de sa période
d'essai.
La plupart des conventions
collectives exigent une compensation salariale à un taux majoré de moitié pour
une journée de travail excédant huit heures. Tous les nouveaux travailleurs, dès
le premier jour de travail, sont ainsi payés en heures supplémentaires si leur
journée de travail excède le temps normal. En fait, en étant payé en heures
supplémentaires pour un seul quart de travail, un travailleur peut empocher plus
que ce que lui coûte sa cotisation syndicale mensuelle – un exemple qui illustre
bien la valeur en argent d'une convention collective.
De nombreuses conventions
collectives permettent à tous les travailleurs – y compris les travailleurs à
l'essai – d'être couverts par un régime d'assurance-maladie complémentaire, de
bénéficier de leur congé annuel payé et de tous les autres avantages économiques
que le syndicat a négociés. Rappelons, en outre, que la loi énonce seulement le
taux du salaire minimum que l'employeur peut verser à ses employés, le taux
horaire normal majoré de 50 pour 100 pour une semaine en sus de 40 heures, et le
versement des indemnisations.
Éduquer les
nouveaux travailleurs
Il est important que le délégué
syndical passe le temps nécessaire à expliquer le rôle du syndicat aux
travailleurs à l'essai. Surtout parce que les travailleurs ont souvent entendu à
la maison ou à l’école que les grandes organisations syndicales n'en voulaient
qu'à leur argent. On a endoctriné les nouveaux travailleurs afin de leur faire
croire que les avantages dont ils bénéficient sont des cadeaux du généreux et
bienveillant patron. C'est ainsi que la première pensée qui leur vient à
l'esprit est : « L'entreprise nous procure…»
Un délégué syndical perspicace
dénoncera fermement, mais pas agressivement, cette idée fausse. On conseille
également d'accueillir les nouveaux travailleurs, de leur distribuer une trousse
syndicale de bienvenue et de leur expliquer pourquoi chaque amélioration est le
fruit de négociations difficiles et parfois même le résultat de sacrifices,
comme une grève. Des étapes à franchir pour qu'un nouveau travailleur devienne
un membre actif du syndicat.
Les autres
avantages
Les travailleurs à l'essai
bénéficient tout de suite de la protection du syndicat dans le lieu de travail.
Le délégué syndical est ainsi le mieux placé pour :
·
protéger un nouveau
travailleur contre des conditions de travail dangereuses ou un superviseur
irrespectueux – et ce dès le premier jour de travail!
·
expliquer au
travailleur à l'essai sa rémunération ou son droit à prendre des périodes de
repos et,
·
veiller à ce qu'elle
ou qu’il ne soit pas la victime d’une forme de discrimination telle qu’indiquée
dans la convention collective.
Des avantages qui valent bien la
peine de verser une modeste cotisation syndicale, même si la convention
collective comprend des limites en ce qui concerne l'intervention du syndicat
dans les cas de licenciement.
Ainsi, un délégué syndical
diligent informera les nouveaux employés des modalités et conditions de la
convention collective et leur expliquera que les avantages qui en découlent ne
sont pas un cadeau du patron, mais bien le résultat d'un long travail, des
sacrifices et de l'organisation efficace du syndicat. Un travailleur à l'essai
devrait se réjouir de bénéficier des avantages – et de payer les cotisations
syndicales en retour.
Le symbole de l'Arc-en-ciel
Lisa Bicum, En
Solidarité
Au mois de juillet 2011, je me
promenais avec mes enfants dans le quartier de Church-Wellesley Village, à
Toronto, peu de temps après les célébrations de la Fierté 2011. Le quartier
était décoré aux couleurs des drapeaux arc-en-ciel.
Mes enfants ont remarqué les
innombrables et magnifiques drapeaux et m'ont demandé pourquoi on avait choisi
l’arc-en-ciel. Je leur ai dit que les familles ont différentes tailles,
origines, formes et que les célébrations de la Fierté de Toronto mettaient en
lumière cette réalité. « Cool! », qu'ils m'ont répondu. Mais, ils m'ont posé une
autre question à laquelle je n'avais pas de réponse : Pourquoi avait-on choisi
l'arc-en-ciel?
J'ai trouvé la réponse quelques
mois plus tard en lisant le dernier numéro de la revue Mental Floss (à
lire absolument!), qui relatait l'historique du drapeau arc-en-ciel.
À la fin des années1970,
Gilbert Baker, un militaire à la retraite, habitant en Californie, qui avait
appris à coudre tout seul, fabriquait des costumes pour des spectacles de
travestis et des bannières pour les événements organisés pour défendre les
droits des homosexuels. Il s'est lié d'amitié avec l'organisateur politique
Harvey Milk, qui lui a demandé de créer un symbole pour le mouvement de défense
des droits des homosexuels de l'époque. Baker a trouvé que l'arc-en-ciel
refléterait la diversité de la communauté LGBT.
Le drapeau arc-en-ciel a flotté
pour la première fois lors du défilé de la Fierté Gay, organisé à San Francisco,
le 25 juin 1978. Quelques mois plus tard, Harvey Milk était assassiné et le
drapeau arc-en-ciel est devenu le symbole des droits des homosexuels.
Les bourses d'études : un coup de pouce à la prochaine génération
On prévoit que plus de 30 pour cent
de la main-d'œuvre actuelle pourraient partir en retraite dans les cinq
prochaines années. Selon Statistique Canada, la proportion entre les
travailleurs actifs et inactifs passera de 5 pour 1 à 2 pour 1, d'ici 2040.
Avec des prévisions aussi
stupéfiantes, il est à craindre que la transmission des connaissances ne puisse
se faire au moment où tant de travailleurs quitteront le lieu de travail –
emportant avec eux leur savoir. Assurer l'avenir du mouvement syndical pour les
années à venir, c’est aussi transmettre le savoir, les valeurs de solidarité et
de responsabilité à la prochaine génération et aux futurs activistes.
Le SEFPO, le Syndicat national des
employées et employés généraux du secteur public (SNEGSP) et la Fédération du
travail de l'Ontario (FTO) offrent des bourses, qui concernent principalement
les enjeux du monde du travail et de justice sociale, aux enfants des membres
qui suivent des études postsecondaires. La rédaction d'une composition ou
dissertation peut faire partie des exigences pour présenter une demande. Les
dates-limites de présentation des demandes varient en fonction des bourses.
Le SEFPO dispose de cinq fonds de
bourses d'études :
·
Le Fonds de bourses d'études
Solidarité globale du SEFPO
met l'accent sur les initiatives concernant la lutte contre le VIH/sida et la
solidarité internationale entre les travailleurs. La date-limite pour présenter
une demande à cette bourse de 1 000 $ est le 15 juin de chaque année.
Le Fonds de bourses d'études Larry
Cripps a été créé en
hommage à la mémoire de Cripps, un agent correctionnel et syndicaliste de longue
date, qui est décédé en 2004. La bourse de 2 000 $ récompense des étudiants du
niveau postsecondaire qui suivent un programme sur les services correctionnels
ou policiers. La date-limite pour faire une demande est le 15 juin de chaque
année.
Le Fonds de bourse d’études Curt
Bishop met l'accent
sur les questions de la santé et de la sécurité dans le lieu de travail. La
date-limite pour faire une demande pour cette bourse de 1 000 $ est le 1er
août de chaque année. Bishop a passé plus de deux décennies à lutter pour
améliorer la santé et la sécurité au travail. Membre de la section locale 678
(Algoma Treatment and Remand Centre), Curt est décédé en juin 2008.
Le Fonds de bourses d'études de la
Division des professionnels hospitaliers (DPH)
offre sept bourses d'études (une par région) par année aux étudiants qui
choisissent un programme d'études dans le domaine des professions hospitalières.
La date-limite pour faire une demande est le 1er septembre de chaque
année.
La bourse d'études Carol McGregor
est ouverte aux
étudiantes ou étudiants ayant un handicap visible ou invisible. Les demandes
pour cette bourse de 3 000 $ doivent être reçues avant le 15 septembre de chaque
année. Carol McGregor, militante de longue date sur les questions des droits des
personnes handicapées, est décédée en 2006.
Pour en savoir plus sur les bourses
d'études du SEFPO, y compris sur les exigences et la présentation des demandes,
consultez :
http://www.sefpo.org/notices/opseuscholar.htm#CurtBishopScholarship
Le Syndicat national des employées
et employés généraux du secteur public (SNEGSP)
offre quatre bourses d'études d'un
montant de 1 500 $ chacune. La date-limite pour présenter une demande est le 30
juin de chaque année.
·
Le Fonds de bourses
d'études Tommy Douglas
Les
étudiantes et étudiants doivent expliquer comment Tommy Douglas a contribué à
faire du Canada une société plus juste et équitable.
·
Le Fonds de bourses
d'études Terry Fox
Les
étudiantes et étudiants doivent expliquer pourquoi des services publics de
qualité sont essentiels pour améliorer la qualité de vie des personnes
handicapées.
·
Le Fonds de bourses
d'études des Canadiennes et Canadiens d'origine autochtone
Les
étudiantes et étudiants doivent expliquer pourquoi des services publics de
qualité sont essentiels pour améliorer la qualité de vie des Canadiennes et
Canadiens d'origine autochtone.
·
Le Fonds de bourses
d'études des membres d'une minorité visible
Les
étudiantes et étudiants doivent expliquer pourquoi des services publics de
qualité sont essentiels pour améliorer la qualité de vie des membres des
minorités visibles.
Pour en savoir plus sur les bourses
d'études du SNEGSP, y compris sur les exigences et la présentation des demandes,
consultez :
http://www.nupge.ca/scholarshipshttp://www.nupge.ca/scholarships.
La
Fédération du travail de l'Ontario
offre deux bourses d'études d'une valeur de 2 000 $ chacune. Les renseignements
concernant les bourses, les exigences et les dates limites seront disponibles au
début du mois d'avril 2012. Pour de plus amples renseignements, consultez
www.ofl.ca.
S'engager pour la santé et la sécurité
Lisa Bicum, En
Solidarité
Blessure ou décès par suite d'un
accident du travail : des mots qu'aucun d'entre nous ne souhaite entendre. Mais
les chiffres nous rappellent la dure réalité : en 2009, les commissions de
l'indemnisation des accidentés du travail ont enregistré 939 décès de
travailleuses et travailleurs suite à un accident du travail à travers le Canada
(Nombre de décès par juridiction, 1993-2009). Malgré les efforts pour améliorer
la sécurité, des accidents se produisent et les employés courent toujours le
risque d'être frappés d'invalidité par suite d'un accident du travail ou d'une
maladie professionnelle.
On peut se demander quoi faire de
plus. En plus de donner la priorité à la sécurité dans notre travail quotidien,
nous pouvons également prendre le temps de commémorer la mémoire de celles et
ceux qui ont été blessés, qui sont malades, ou qui ont perdu la vie à cause de
leur travail. Le Jour de deuil national, célébré chaque année le 28 avril, a été
officiellement reconnu par le gouvernement fédéral en 1991. Chaque année, on
organise des événements commémoratifs dans les collectivités pour marquer cette
journée de deuil. Le drapeau canadien est hissé à mi-mât seulement sur la
Colline du Parlement. Les travailleurs allument des bougies, portent des rubans
et des brassards noirs, et se recueillent en silence pendant quelques minutes.
Le Centre canadien d'hygiène et de
sécurité au travail (CCHST) souhaite que les travailleurs prennent le temps de
se recueillir à l'occasion de cette journée annuelle et les encouragent à
adopter des conditions de travail plus saines et sécuritaires. Pour faire la
promotion de cette journée importante, le CCHST a créé plusieurs ressources afin
de faciliter la transmission du message.
Nous pouvons tous faire notre
part : participer aux activités locales, contacter le CCHST pour demander une
affiche ou quelques articles promotionnels, et s’impliquer pour promouvoir un
milieu sain et sécuritaire au travail en souvenir de celles et ceux qui sont
décédés, malades ou ont été blessés à cause d'un milieu de travail dangereux.
Pour en savoir plus, veuillez communiquer avec le CCHST en composant le
1-800-668-4284 ou visitant http://www.ccohs.ca/ccohs/inquiries. Une recherche
rapide sur Google vous aidera à trouver les activités qui sont organisées dans
votre communauté.
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