Le système judiciaire attire l'attention sur la crise due
au sous-financement des organismes de santé mentale
(Toronto – 18 novembre 2010) – L'Ontario ne
répond désespérément pas à sa responsabilité de protéger et de réhabiliter les
patients en santé mentale pris dans le système de justice pénale, selon le
Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario.
Pour faire face à cette crise, le SEFPO
demande au gouvernement provincial d'assurer un financement immédiat, affecté à
des fins précises et durable pour permettre aux patients en santé mentale
d'accéder aux services dont ils ont besoin – loin des cellules de postes de
police et organismes de correction.
Le problème auquel cette catégorie de
patients en santé mentale fait face a été mis en lumière dans un article du
Globe and Mail daté du 16 novembre dernier, qui rapportait comment les juges de
la province avaient ordonné aux dirigeants des hôpitaux d'arrêter de renvoyer
les délinquants inaptes dans les prisons provinciales, où il leur est impossible
de recevoir un traitement approprié.
Les juges exigent désormais que les
dirigeants d'hôpitaux cessent de forcer les patients qui ont besoin de soins à
retourner dans les organismes de correction provinciaux. Les juges ont accordé
des frais juridiques contre la Couronne pour un « grave affront à l'autorité des
tribunaux et une grave obstruction à l'administration de la justice »
(traduction libre), selon ce que raconte le Globe.
Le gouvernement provincial coupe les coûts
dans les établissements psychiatriques depuis des années, promettant des
solutions de rechange au sein de la communauté, mais ne mettant pas ces plans en
œuvre, et laissant plutôt les délinquants atteints de maladie mentale croupir
dans les organismes de correction. Selon le ministère de la Sécurité
communautaire et des Services correctionnels, plus d'un tiers des personnes en
détention en Ontario souffrent d'une maladie mentale quelconque.
Les avocats et les intervenants pour les
délinquants atteints de maladie mentale espèrent que cette bagarre entre les
tribunaux et les hôpitaux donnera lieu à des modifications législatives qui
abordent ces questions. Tandis que l'hospitalisation des délinquants inaptes
ordonnée par les tribunaux constitue un pas dans la bonne direction, les lits
vides n'apparaissent pas comme par magie. Tant qu'on ne restaurera pas le
financement dans les établissements psychiatriques, les patients et les
délinquants ne recevront pas les traitements et la protection dont ils ont
besoin. |