La main-d'œuvre au premier plan, jour après jour!
Avec la dernière longue semaine de l'été qui arrive et les étudiants qui se préparent à retourner en classe, il est facile d'oublier l'importance de la fête du Travail, symbole des luttes passées et des progrès réalisés au nom des travailleurs.
Nous avons fait du chemin depuis le 15 avril 1872, alors que la Toronto Trades Assembly organisait une manifestation pour soutenir 24 dirigeants du Toronto Typographical Union qui avaient été jetés en prison pour avoir exigé une semaine de travail de 58 heures.
La manifestation, que l'on reconnaît aujourd'hui comme étant la première « fête du Travail » en Amérique du Nord, avait attiré 10 000 spectateurs et conduit à une manifestation similaire à Ottawa plus tard la même année. Elle avait encouragé Sir John A. MacDonald à adopter une législation pour éliminer une loi qui décrétait que les syndicats étaient des conspirations.
Je cite cet instantané historique pour rappeler que le travail organisé a été et demeurera un instrument puissant de changement au sein de la société. Comme nous nous plaisons à le rappeler à tout le monde, le travail organisé vous a apporté la fin de semaine!
Mais le travail organisé a fait bien plus que cela. Imaginez ce à quoi ressembleraient nos vies si ce n'était des changements positifs apportés par la main-d'œuvre aux lois sur les conditions de travail, la santé et la sécurité au travail, l'équité et toute une gamme d'autres accomplissements sociaux et économiques.
Adoptant un front uni, les travailleurs syndiqués ont été les bénéficiaires de ces luttes. Les gains ne se sont pas arrêtés pas là toutefois. Ces efforts ont profité à tous les travailleurs, syndiqués ou pas, à leurs familles et à nos communautés. En tant que travailleurs du secteur public, nous voyons les liens directs entre le maintien d'emplois de qualité et le maintien de communautés saines et sûres. Songez seulement à certains des services dont l'Ontario dépend, comme les hôpitaux, les établissements d'enseignement, les services sociaux communautaires, les magasins d'alcool et les services de santé et de sécurité publiques.
Avec tous ces accomplissements à notre ceinture, il serait facile de nous accrocher à ce qui a été fait et de nous en contenter. Ce serait notre fin. Nos adversaires au gouvernement, dans le secteur privé et parmi les gens d'affaires et leurs acolytes des médias ne lâcheront pas l'os.
Le progrès, tel que défini par nos adversaires, se réduit à des salaires et prestations, à des baisses au niveau des normes de santé et de sécurité, à des contrats fragilisés, à des obstacles à l'organisation des droits et à un écart économique toujours plus grand entre les travailleurs et l'élite ontarienne. Dans un monde marqué par la rareté, ils tentent de tirer parti de niveaux de vie de plus en plus bas pour les travailleurs.
Comment répondre à ces menaces? Nous y répondons en faisant de chaque jour une journée de défense des droits que nous avons acquis pour nous-mêmes, pour nos familles et pour nos communautés.
Nous sommes confrontés aujourd'hui même aux manœuvres du gouvernement McGuinty, qui cherche à imposer un gel salarial dans nos conventions collectives. On pourrait simplement y consentir, au nom du partage des responsabilités, pour équilibrer le budget provincial.
Agir ainsi voudrait dire que les employés du secteur public syndiqués – des travailleurs de partout – font partie du problème. Mais ce n'est pas le cas. Nous ne sommes pas responsables de la débâcle économique globale qui a poussé les gouvernements à avoir des déficits d'exploitation. Nous ne sommes pas responsables des coupures qui ont été faites au niveau des services publics qu'utilisent la majorité des familles en Ontario. Nous ne sommes pas les bénéficiaires des réductions d'impôt accordées aux sociétés, qui, par définition, ne bénéficient qu'à l'élite du monde des affaires.
Les faits parlent d'eux-mêmes. En termes simples, pour relier les deux bouts du plan gouvernemental, on nous pousse à accepter un gel salarial, lequel permettra de couvrir les réductions d'impôt accordées aux sociétés.
En tant que mouvement syndical, nous devons nous opposer obstinément à tout cela, non seulement pour défendre les accomplissements passés, mais aussi pour défendre les accomplissements de l’avenir. Nous y parviendrons en grossissant les rangs des travailleurs syndiqués, en mobilisant tous les membres du syndicat et en établissant des liens de solidarité avec d'autres groupes progressistes.
Nous devons rappeler au grand public que les plans et actions du gouvernement se doivent de répondre équitablement aux besoins de la majorité des gens en Ontario. On répond mieux aux besoins communautaires en améliorant les services publics, pas en réduisant les impôts.
Plutôt que de nous apitoyer sur notre sort, nous devons chercher les occasions, nous montrer forts et agir ensemble pour aller encore plus loin. C'est avec inspiration et engagement que nous continuerons d'aller de l'avant, comme l'a toujours fait le SEFPO!
Dans l'esprit du Toronto Typographical Union, qui a défendu sa position il y a 138 ans, je vous fais parvenir mes sincères salutations, à vous et à vos familles, à l'occasion de cette fête du Travail 2010.
Solidairement,
Patty Rout
Première vice-présidente/trésorière
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