Message de la vice-présidente/Trésorière 

Traiter les pensions comme un droit, non un privilège

1er novembre 2010

Quand est-ce que les chefs politiques vont traiter les pensions comme un droit des travailleurs – avec les protections qui s’y rapportent – et non un privilège à accorder à quelques personnes chanceuses et non à tous et toutes ?

La question qui s’est posée la semaine dernière à de nombreux observateurs intéressés quand le projet de loi 120, la deuxième partie de l’ensemble de la réforme des pensions du gouvernement provincial, faisait l’objet de débat dans la deuxième lecture à Queen’s Park.

Alors que nous félicitions certains aspects du projet de loi 120, il reste des lacunes dans la législation qui demande de l’attention immédiate avant que ces réformes ne soient adoptées en faisant partie de la loi.

Commençons avec quelque chose si fondamental que c’est scandaleux que nous devrions en discuter dans l’année 2010.  Je fais référence au fait qu’aujourd’hui, deux des trois Ontariens et Ontariennes n’ont pas de régimes de pension au travail.  Corriger cette injustice doit être le point de départ de toute discussion importante sur d’autres aspects de notre système de pensions. 

Mais le projet de loi 120 N’a fait aucune mention de ce fait.  En revanche, il met l’accent sur les réformes alors que des centaines et des milliers de travailleurs font face à l’éventualité de se retirer avec leurs propres économies et le montant limité versé par le Régime de pensions du Canada car il n’y a pas d’autre exigence que les employeurs doivent faire inscrire leurs employés dans un régime protégé.

Il y a d’autres lacunes dans le projet de loi.

En vertu des propositions, il y a un changement perceptible du côté législatif du système de pensions, au côté politique.  Pour la première fois, les régimes du secteur public seront guidés par les règles, ce qui représente la responsabilité du cabinet, et non pas celle des membres élus de l’Assemblée législative comme elle devrait être.  C’est un changement dangereux car il  diminue la responsabilité vis-à-vis le grand public et doit être supprimé du projet de loi.

La législation proposée ignore aussi les changements requis pour le fonds de garantie des prestations des régimes de pension.  Le montant admissible reste fixé à 1 000 $ depuis 1980.  Le professeur Harry Arthurs, qui a examiné le système de pensions de l’Ontario pour le gouvernement, a recommandé que le montant soit augmenté à 2 500 $.  Mais le projet de loi 120 ne traite pas du tout ce point important en dépit du fait que seule l’augmentation du coût de la vie depuis 30 ans a déjà sérieusement limité la garantie des prestations.

Une autre recommandation du professeur Arthurs a aussi été ignorée.  Il a fait appel pour l’établissement d’une agence ontarienne de pensions avec un mandat de régler les problèmes de nombreux régimes de pensions.  Quand nous pensons à la crise de pensions touchant les retraités à Nortel, CanWest Global et AbitibiBowater, nous réalisons pourquoi nous avons désespérément besoin d’une agence dédiée à protéger les régimes de pensions qui ont des problèmes.

Le projet de loi Bill 120 représente un pas vers la bonne direction, mais le gouvernement a manqué l’occasion importante de boucher certains trous dans la législation.  En choisissant d’ignorer les lacunes d’aujourd’hui, nous contribuons à retarder jusqu’à demain le besoin inévitable de régler – une fois de plus – le système de pensions.

Maintenant c’est le moment de pousser la province à élargir le Régime de pensions du Canada (RPC) d’une façon remarquable non (modeste) et de répéter que l’option de contribution définie n’est pas une alternative.

Avons-nous besoin de rappeler le gouvernement qu’une fois de plus, ce n’est pas les travailleurs qui ont causé les problèmes actuels du système de pensions ?  Ne laissez pas ce groupe d’être victimes encore une fois et faites démarrer les réformes qui fonctionnent pour tout le monde d’une manière juste et équitable.

Solidairement,

Patty Rout
Première vice-présidente/trésorière

 

 

Patty Rout, Première vice-présidente et trésorière

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