La crise des marchés monétaires financiers au cours des deux
dernières années a frappé les régimes de retraite particulièrement fort. Ça ne
devrait jamais arriver à ce point-là.
Les travailleurs qui ont investi dans des régimes de retraite –
en attendant que ces régimes paient des dividendes une fois qu’ils partent à la
retraite – se trouvent soudainement victimes, alors qu’ils n’ont absolument rien
fait de mal, des gestionnaires monétaires dont l’incompétence et l’avarice ont
sérieusement compromis la sécurité financière éventuelle des milliers et des
milliers de travailleurs au Canada et dans le monde entier.
Dans le passé, ces travailleurs et travailleuses s’attendaient à
prendre la retraite avec un certain confort financier, alors que de nombreuses
victimes de ce désastre seraient obligées de continuer à travailler après l’âge
de 60 ans ou même 70 ans juste pour joindre les deux bouts.
En tant que membres d’un syndicat, quelles sont leçons que nous
avons apprises ? Quelles sont les mesures que nous pouvons prendre pour assurer
que ce genre de situation ne se reproduira jamais ?
Il semble très clair maintenant que trop de confiance a été mal
placée dans les marchés monétaires du secteur privé. Pendant trop long temps on
supposait que les soi-disant génies de Wall Street et de Bay Street savaient
vraiment qu’ils faisaient pour protéger – et faire accroître – la valeur des
régimes de retraite. Péniblement, la preuve nous a confirmé le contraire.
Pour assurer que ce genre de désastre ne se reproduira plus,
nous devons recommencer en nous basant sur le principe qu’un niveau de vie
décent à la retraite est un droit – non pas un privilège. Cela veut dire que le
gouvernement doit assumer le rôle de chef de file pour faire valoir ce droit car
ce n’est pas dans l’intérêt du secteur privé de le faire tout seul.
Avec cette idée en tête, le conseil exécutif du SEFPO a adopté
une résolution le mois dernier qu’il présentera le mois prochain à l’assemblée
annuelle de la Fédération du Travail de l’Ontario (FTO).
La résolution fera appel à la FTO de « faire tous ses efforts
pour lancer une campagne de grande envergure pour un système de retraite
amélioré et un Régime de pensions du Canada (RPC) élargi. »
Il est important de souligner la nécessité de refaçonner le RPC.
Seulement un sur cinq des travailleurs du secteur privé peut s’attendre à une
rente de retraite. En l’absence d’un régime privé, c’est la responsabilité des
gouvernements d’augmenter les prestations de retraite pour que ces travailleurs
puissent avoir droit à un niveau de vie décent quand ils prennent leur retraite.
À l’occasion de la présentation de la résolution à la FTO, il
vaut la peine de renforcer la position prise par les syndicat depuis longtemps :
le secteur privé ne doit pas être le seul pour surveiller les régimes de
pensions. Tous les secteurs – gouvernements, commanditaires, syndicats et
membres des régimes de retraite – ont tous un intérêt dans l’avenir d’un système
de retraite bien établi et bien géré.
À mesure que nous prenons des mesures pour réparer le dommages
subis par les régimes de retraite au cours des deux dernières années,
engageons-nous dans un plan d’action qui regroupe toutes les parties du secteur
des pensions pour qu’aucun travailleur qui prend la retraite ne soit obligé de
faire face à un avenir incertain rempli de doutes et de craintes.
En toute solidarité,
Patty Rout
Première vice-présidente / Trésorière