Soins de santé à deux paliers : ruraux contre urbains
On n'en a pas parlé
autant qu'on aurait dû dans les médias de la grande métropolitaine, mais on
devrait exiger de chaque député provincial à Queen's Park et de chaque cadre
supérieur d'hôpital de la province qu'ils lisent le rapport récemment publié sur
l'état des soins de santé dans les régions rurales et les petites villes
ontariennes.
Si on avait besoin
de preuves supplémentaires pour réaliser qu'un système de soins de santé à deux
paliers est en train d’émerger à l'intérieur même de notre province, un qui met
en parallèle les conditions dans nos grands centres urbains et celles de nos
plus petites communautés, alors ne regardons pas plus loin parce que les
conclusions du rapport préparé par l'Ontario Health Coalition offrent toutes les
preuves qu'il faut.
Dans un effort
visant à déterminer comment les coupures sur les soins de santé affectent la
prestation des services médicaux dans les villages et villes éloignés, l'OHC a
mis sur pied un groupe d'experts de premier ordre pour conduire une série
d'audiences publiques. Son mandat consistait à entendre le témoignage de
personnes qui ont passé entre les mailles du filet de notre système de soins de
santé et de faire des recommandations pour apporter des améliorations
essentielles.
On peut consulter
le rapport intégral (en anglais seulement), intitulé Toward Access and
Equality: Realigning Ontario’s Approach to Small and Rural Hospitals to Serve
Public Values, à l'adresse
www.ontariohealthcoalition.ca
D'une communauté à
l'autre, de Welland, au sud, à Cobourg, à l'est, et à New Liskeard, au nord, le
groupe d'experts a entendu la même rengaine : les coupures massives dans le
financement de la santé ont gravement paralysé les soins de santé que devraient
pouvoir s'attendre de recevoir tous les patients au sein du système de santé
canadien soi-disant universel financé par le public – quel que soit l'endroit où
ils vivent.
« On nous a parlé
de pratiques de soins médiocres dues aux coupures au niveau des lits dans les
hôpitaux où des patients avaient été obligés de sortir de l'hôpital trop tôt
pour libérer un lit; par la suite, ces mêmes personnes passent souvent une bonne
partie de leur temps aux urgences, sans véritable qualité de vie, en attendant
de mourir », a déclaré Natalie Mehra, directrice générale à l'OHC, dans une
déclaration suivant la publication du rapport.
Le rapport de l'OHC
comprend plusieurs recommandations clés, notamment :
· Démanteler les Réseaux
locaux d'intégration des services de santé (RLISS);
· Restaurer les conseils
d'administration d'hôpital démocratiques, qui favorisent une surveillance plus
étroite, la responsabilité communautaire et le mandat de publier l'information
financière et relative à la planification des services;
· Des niveaux de services
minimaux dans les hôpitaux de toutes les régions de l'Ontario;
· Mettre un frein à la
fermeture des petits hôpitaux et des hôpitaux ruraux;
· La responsabilité
législative et des procédés appropriés en ce qui concerne les changements
majeurs au niveau des services et la restructuration;
· Un financement provincial
des soins de santé qui reflète davantage la moyenne nationale.
Il faut noter que
c'est l'OHC qui a organisé les 12 audiences publiques. Plus de 1 100 résidents,
représentants locaux élus, leaders spirituels, fournisseurs de services sociaux
et représentants des secteurs économique et agricole ont assisté aux audiences.
Près de 500 présentations orales et écrites ont été soumises au groupe impartial
composé de six membres.
L'effort de l'OHC
est de loin supérieur à ce que, dans le cadre de réunions privées, un groupe du
gouvernement chargé d'examiner les services de santé et la prestation dans les
régions rurales et du nord de l'Ontario a pu faire. L'an dernier, après une
série de fermetures d'hôpitaux, le ministère de la Santé a accepté à contrecœur
de créer son propre groupe d'experts pour étudier la question, mais, à ce jour,
aucune audience publique n'a été organisée et on ne s'attend pas à en voir.
C'est honteux. La
responsabilité de conduire de telles audiences ne devrait pas incomber à un
organisme sous-financé aussi dévoué que l'Ontario Health Coalition. C'est le
travail d'un gouvernement provincial qui insiste pour dire qu'il veut continuer
de mettre à la disposition de tous un système de santé financé par le public.
Mais à moins que les constatations de l'OHC
ne soient renversées, il semble clair que l'Ontario se dirige sur le chemin d’un
système de soins de santé à deux paliers : un pour les grandes villes et un
autre, un système anémique, pour les communautés rurales.
Solidairement,
Patty Rout
Première vice-présidente/trésorière
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