Les mesures d'austérité visent injustement les salariés à faible revenu
Dans tout le bruit qui accompagne cette
semaine la « consultation » avec les dirigeants syndicaux relativement au plan
de blocage des salaires du gouvernement, Dwight Duncan, ministre des Finances, a
manqué de reconnaître que les véritables victimes de sa campagne d'austérité
seraient les salariés à faible revenu du secteur parapublic.
Ces travailleurs sont ceux qui prennent soin
des personnes âgées, s'occupent des personnes atteintes de maladies mentales,
mènent à bien les programmes à l'intention des enfants et jeunes gens
vulnérables et trouvent des emplois précaires en marge de notre système de soins
de santé.
Je parle, par exemple, du travailleur des
services de développement à temps partiel qui gagne peut-être en moyenne
20 000 $ par année ou de l'employé de la Société d'aide à l'enfance, qui pose
sur sa table de cuisine un salaire net d'environ 30 000 $ - l'œil rivé sur les
faillites et sur le nombre toujours croissant de programmes éliminés dans les
agences de protection de l'enfance.
Une fois les choses tassées et les calculs
faits, on constate que ces travailleurs encaisseront une réduction de salaire,
après inflation, qui se monte à des centaines de dollars chaque année.
Entretemps, les gros bonnets de la rue Bay,
qui par leur gourmandise et incompétence ont contribué à la débâcle économique
globale et qui, par ricochet, ont poussé les gouvernements du monde entier à
financer leur déficit, ont reçu une carte de "sortie de prison" gratuite et ne
souffriront d'aucune perte de revenu personnel.
Mais attendez, ce n'est pas tout. Les
sociétés qu'ils dirigent ont reçu des réductions d'impôt qui se montent à des
milliards de dollars par année, sur lesquelles le ministre des Finances a dit ne
pas vouloir revenir. Ces réductions d'impôt sont des recettes fiscales qui
auraient pu être utilisées pour sortir d'une faillite certaine les SAE et
programmes pour enfants ayant besoin de services en santé mentale les plus
vulnérables.
Où est l'impartialité dans tout ça ? Où est
la justice ?
Le fait est qu'elles n'existent pas, tout
simplement. Juste la main glaciale du ministre des Finances s'acharnant sur les
travailleurs à faible revenu du secteur public, souvent seuls gagne-pain de la
famille, les moins aptes à supporter une réduction de salaire pendant cette
période fragile de reprise économique.
Perdu, aussi, dans le plan du gouvernement
visant à faire en sorte que ces travailleurs portent le fardeau des mesures de
réduction du déficit, est le fait que, essentiellement, la main-d'œuvre au sein
des services sociaux et du système des soins de santé est composée en majorité
de femmes. Ainsi, une fois de plus, nous constatons le résultat pitoyable d'une
directive gouvernementale qui vise injustement les femmes et leurs familles.
Dans son stratagème d'austérité malavisé et
injustifié, Dwight Duncan a découvert qui barrait le chemin à sa mise en œuvre.
Pour le moment, il vise des milliers de nos membres dans le secteur parapublic,
la majorité desquels étant des femmes. Nous ne pouvons pas nous permettre de les
abandonner.
Le SEFPO est actuellement à la table des
négociations ou s'y met pour débattre plus de 150 jeux de négociations
contractuelles, principalement dans le secteur parapublic. Aujourd’hui plus que
jamais nous devons nous tenir les coudes pour démontrer notre solidarité et nous
préparer à défendre nos intérêts. La lutte ne sera pas facile, mais je crois
qu'en bout de ligne nous pouvons aboutir à des résultats équitables et justes
pour nos membres les plus vulnérables.
Solidairement,
Patty Rout
Première vice-présidente/trésorière
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