Les femmes ne comptent pas sous le régime de Harper
25 février 2011
Une petite question : savez-vous quelle est
la ministre responsable de la condition féminine au gouvernement fédéral ?
Si vous êtes comme la plupart d’entre nous,
même ceux qui surveillent les affaires publiques, il est fort possible que vous
ne puissiez pas nous donner le nom de cette ministre. Ce n’est pas du tout
étonnant car sous le régime de Stephen Harper, l’attention accordée aux
problèmes qui touchent aux femmes a baissé à un niveau qu’on n’ait jamais vu
depuis les années 1950.
À mesure que nous nous préparons à fêter le
100e anniversaire de la Journée internationale de la femme le 8 mars, il est
profondément inquiétant d’examiner les mesures décisives que le gouvernement
Harper a prises depuis 2006 pour démanteler de nombreux projets à l’égard de la
législation, de la politique et au financement que les femmes ont cru avoir
réalisés au cours des 40 dernières années. On voit à peine la fin de la liste
et il n’y a aucun signe de changement sous notre premier ministre du Canada.
En tête de la liste se trouve l’annulation
d’un programme national de services de garde à l’enfance que Stephen Harper a
fait promulguer quelques mois après qu’il est entré en fonction en 2006.
Pourtant ce programme est le résultat des années de négociations entre Ottawa et
les provinces. Des groupes de femmes avaient obligé le gouvernement fédéral et
les gouvernements provinciaux de se réunir pour résoudre le problème. Alors
qu’il y a juste trois semaines, la ministre responsable des ressources humaines,
Diane Finley, a rejeté un programme national de services de garde à l’enfance en
disant que dans un tel programme, les parents seraient « obligés de faire élever
leurs enfants par d’autres gens ». Sur quelle planète vive-t-elle ?
À la place d’un programme national de bonne
qualité et bien réglementé, le gouvernement Harper a offert un paiement mensuel
imposable de 100 $ aux parents avec des enfants de moins de six ans.
Tout le monde se moque de nous. Dans un
sondage mené par les Nations Unies, parmi les 25 pays développés, nous sommes
absolument les derniers à propos de la prestation des services de garde à
l’enfance.
Pour les femmes, la situation peut seulement
se détériorer sous Harper et ses Conservateurs.
Depuis 2006, le gouvernement a fermé 12 des
16 bureaux régionaux de Condition féminine Canada d’un bout à l’autre du pays.
Il a supprimé le financement du Fonds de recherche indépendante pour la
Condition féminine.
Le gouvernement a refusé de faire avancer
encore l’équité salariale à moins qu’il ne soit exigé par la loi. Sans
audiences au comité législatif ni consultations avec les groupes de femmes,
Harper a tout simplement refusé l’idée présentée par un groupe d’étude du
gouvernement fédéral d’un « système d’équité salarial proactif ».
En fait, à propos de l’équité salariale, le
gouvernement fédéral a fait un pas géant en arrière quand il a introduit la Loi
sur l’équité dans la rémunération du secteur public qui, selon de nombreux
activistes des droits de la personne et de la condition féminine, réintroduit en
réalité la discrimination sexuelle dans les pratiques de la rémunération. Comme
l’écrivain Murray Dobbin a signalé dans The Tyee, la loi (qui a été
malicieusement cachée en petits caractères dans le budget de 2009) a introduit
des critères additionnels qui permettraient aux employeurs du secteur public de
prendre en considération les « demandes du marché » lorsqu’ils déterminent la
rémunération – assurant ainsi un salaire plus élevé pour les hommes même s’il
s’agit d’un travail de valeur égale.
Malheureusement, le gouvernement Harper voit
les questions relatives aux femmes à travers les anciens feuilletons télévisés
tels que Father Knows Best et le monde illusoire de la famille Cleaver dans
Leave it to Beaver. Peu de femmes occupent des postes importants au cabinet et
les quelques-unes qui commencent à se faire connaître comme Helene Geugeris se
font humiliées publiquement avant d’être chassées hors du cabinet. Sans aucun
doute, la situation se détériorera si Harper gagne la majorité des votes aux
prochaines élections fédérales.
Ce n’est certainement pas ce que les femmes
canadiennes s’attendent à se retrouver à la veille du centième anniversaire de
la Journée internationale de la femme. Pour un pays aussi riche dans les
ressources humaines, sociales et financières, c’est vraiment incroyable que
notre gouvernement fédéral n’accorde peu d’attention aux problèmes qui touchent
à plus de la moitié de la population. La condition féminine s’est améliorée au
cours des dernières décennies, mais le progrès a été brusquement interrompu sous
le régime de Stephen Harper.
Finalement, pour ceux qui se posent toujours
la même question, la ministre responsable de la condition féminine est Rona
Ambrose. Une dernière question : peut-on citer quelque chose qu’elle a fait
depuis qu’elle est entrée en fonction il y a 10 mois ? C’est bien ce que j’ai
pensé.
En toute solidarité,
Patty Rout
Première vice-présidente et trésorière
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