La SÉFM nous jette de la poudre aux yeux
26 janvier 2010
Ça fait longtemps que je suis
activiste syndical et j'ai été témoin de nombreuses manœuvres de négociation
surprenantes de la part des employeurs. Mais ce qui se passe aujourd'hui à la
table entre la Société d'évaluation foncière des municipalités (SÉFM) et notre
unité de négociation mérite une mention spéciale.
Nous avons appris que l'employeur
voulait transformer en postes saisonniers 40 des 70 postes à temps plein
d'inspecteur des propriétés (IP) dans les régions du nord et rurales de la
province. Ces inspecteurs ne seraient donc employés que du 1er avril au 31
octobre chaque année et resteraient à la maison le restant du temps.
Vous vous demandez sans doute
pourquoi. Et bien, l'employeur nous dit qu'il arrive souvent qu'il neige dans le
nord de l'Ontario et que ça les empêche d'accéder à certaines communautés.
Qui aurait pu y penser ? Il neige
dans le nord de l'Ontario !
Aussi loin que remontent nos
souvenirs, ça n'a jamais constitué un problème pour la SÉFM; oui, il arrive
qu'il neige abondamment dans ces régions, mais ça n'a jamais sérieusement nuit
au travail de la SÉFM dans ces régions de l'Ontario. Ça fait partie de la
prestation des services publics dans toutes les régions de la province, quelles
que soient les conditions atmosphériques qui, à propos, peuvent être tout aussi
brutales dans l'est, le sud et le centre de l'Ontario en hiver.
On sait bien ce que la SÉFM mijote.
Elle cherche à faire des coupures au niveau des salaires et des avantages
sociaux, et elle s'attend à ce que Mère Nature l’aide à les faire. Elle l’a dit
pendant les négociations. L'employeur nous a clairement fait savoir qu'il
réaliserait son objectif grâce à l'attrition, en recourant à des bénévoles et,
finalement, en mettant à pied des employés.
Notre équipe se bat – et ce, pour de
nombreuses bonnes raisons.
La personne qui occupe un poste à
temps plein, avec 12 mois de travail par année, et qui se retrouve tout à coup
avec un poste saisonnier, voit son salaire coupé de 40 %. C'est sans compter
les impacts négatifs sur les avantages sociaux et les pensions. Contrairement à
l'affirmation de l'employeur, à notre connaissance, aucun employé de la SÉFM n'a
demandé à ce qu'un tel réarrangement radical ne soit apporté à leur situation.
Ce n'est rien de moins qu'une attaque délibérée sur les conditions d'emploi.
Personne n'a jamais rien demandé de tel.
Ce n'est pas tout. La SÉFM fait
également du bruit en ce qui concerne les emplois à temps plein aux services des
finances, de la technologie de l'information, de l'administration de bureau et
de la qualité de service, qu'elle veut transformer en postes à temps partiel.
C'est de la pure mise en scène de la
SÉFM, qui tente de jeter de la poudre aux yeux de nos membres et du public.
La SÉFM exige de nos membres des
concessions qui ne sont pas raisonnables et qui sont fondées sur des raisons on
ne peut plus douteuses – les conditions atmosphériques locales.
La SÉFM veut réduire des services
collectifs sur lesquels les résidents locaux comptent.
Pour le reste d'entre nous qui luttons
pour protéger nos bons emplois et nos solides communautés, la leçon est claire :
il faut mettre un frein aux manigances d'employeurs comme la SÉFM.
Solidairement,
Patty Rout
Première vice-présidente/trésorière