Le calme de l'été avant la tempête
Le travail syndical s'arrête rarement, mais l'été est une saison
pendant laquelle de nombreux membres trouvent de bonnes raisons de ralentir un
peu le rythme. La perspective de chaudes journées d'été et de vacances en
famille ou avec des amis est trop tentante pour y résister.
Malheureusement, les brises d'été ne suffisent pas à dissiper
les défis très sérieux auxquels nous nous heurtons. Plus que jamais, les
travailleurs du secteur public et les services sont dans le viseur des
gouvernements qui se battent pour équilibrer leurs budgets et rattraper les
dépenses de stimulation qui avaient été nécessaires suite à la débâcle
économique de 2008 – une crise financière qui, nous le savons, n'avait rien à
voir avec les travailleurs.
Mais les gouvernements sont résolus à faire en sorte que les
familles ayant un revenu de travail paient cher la gourmandise et l'incompétence
de l'industrie internationale des services financiers responsable de la Grande
récession.
La décision clé atteinte par les leaders du G20 à Toronto de
couper de moitié les déficits de fonctionnement du gouvernement d'ici à 2013
devrait nous alarmer. Ce scénario est loin de nous être inconnu. Lorsque les
gouvernements prêchent la sobriété budgétaire, ce dont ils parlent vraiment,
c'est de l'élimination des services publics sur lesquels des gens ordinaires
comme vous et moi comptons tous et toutes.
On peut presque s'imaginer Stephen Harper et Jim Flaherty les
yeux rivés sur une liste des services publics qu'eux et leurs copains de la rue
Bay estiment trop généreux pour les contribuables qui pourtant les ont payés de
leur propre poche.
La situation n'est pas très différente ici en Ontario, où le
budget du printemps signalait l'intention de Dalton McGuinty et Dwight Duncan
d'équilibrer le budget aux dépens des travailleurs. Le gel des salaires à la
fonction publique et dans le secteur public élargi – qui, si l'on tient compte
de l'inflation, se traduit vraiment par des réductions de salaire – les coupures
au niveau des services et la privatisation des précieux biens de la Couronne
font tous partie du menu du parti libéral d'une soi-disant prudence financière
qui porte préjudice aux travailleurs et à leurs familles de façon
disproportionnée.
Au lieu de cela, le premier ministre et son ministre des
Finances s'occupent à mettre en œuvre des coupures au niveau des impôts des
sociétés du secteur privé, une politique d'allégement fiscal malavisée qui s'est
rarement montrée utile pour créer des emplois mais qui plutôt tend à dépouiller
les fonds publics des revenus nécessaires aux services liés à l'éducation, aux
soins de santé et autres.
On peut dire la même chose de l'audacieuse manœuvre visant à
créer une soi-disant « super société » des biens de la Couronne – la LCBO, Hydro
One, Ontario Power Generation et la Commission des loteries et des jeux – et à
vendre 20 pour cent de cette nouvelle société au secteur privé, un peu comme
Mulroney avait fait avec Petro-Canada, il y a de cela 20 ans.
Aujourd'hui, PetroCan est une société extrêmement rentable au
sein du secteur de l'énergie domestique, mais plus rien ne reste entre les mains
du public. On peut s'attendre au même scénario si on autorise ces messieurs
McGuinty et Duncan à aller de l'avant avec leur « super société ».
Où tout cela laisse-t-il le mouvement syndical ? Plus que jamais,
nous devons redoubler nos efforts pour lutter contre des politiques qui,
clairement, sont contre l'intérêt des familles ayant un revenu de travail.
Nous devons nous mobiliser pour défendre nos intérêts chaque
fois que des leaders du gouvernement et leurs acolytes du secteur privé et des
médias du monde des affaires nous attaquent parce que nous sommes soi-disant
surpayés et ne travaillons pas assez. Mais oui, c'est ça !
Dites-le donc aux travailleurs des services de développement qui
se battent pour fournir des soins aux enfants vulnérables. Dites-le donc aux
travailleurs chargés de la sécurité publique qui peinent dans des établissements
correctionnels instables, ou à ceux qui combattent les incendies de forêt ou
encore à ceux qui inspectent des lieux de travail dangereux.
Nous savons que le bien public dépend des services publics.
C'est un message que je vous recommande vivement de partager avec votre famille
et vos amis cet été.
Entre temps, je souhaite à tous les membres du SEFPO une saison
estivale sans danger, en bonne santé et reposante.
Solidairement,
Patty Rout
Première vice-présidente/trésorière
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