La place légitime de la main-d’œuvre dans la relance économique
4 mai2009
La nouvelle de la faillite de Chrysler est le tout dernier rappel douloureux de
l'impact désastreux de la récession et de la crise financière globale sur les
travailleurs.
Mais Chrysler n'est pas la seule victime. La récession touche tous les secteurs
de l'économie et les retombées sont loin d'être réjouissantes. Le taux de
chômage augmente. Les pensions sont menacées. Les recettes publiques chutent.
Les services publics pourraient être la prochaine cible des coupures effectuées
pour contrôler le déficit.
Ce n'est pas joli à voir, mais la main-d’œuvre doit défendre sa place avec une
férocité encore jamais vue.
Il est évident que le gouvernement est à l'écoute du monde des affaires;
l'allègement fiscal de 4,5 milliards de dollars accordé par le gouvernement
McGuinty dans son récent budget le prouve. Si les entreprises crient dans une
oreille du gouvernement, la main-d’œuvre devrait crier encore plus fort dans
l'autre.
Au cours des quelques prochains mois, des groupes ouvriers et communautaires
uniront leurs forces comme jamais auparavant pour demander aux gouvernements en
quête de solutions aux graves problèmes économiques auxquels nous faisons face
d'accorder la priorité aux intérêts des familles ayant un revenu de travail.
Cette collaboration existe déjà. Le Congrès du travail du Canada a organisé des
rassemblements et des assemblées publiques locales partout dans le sud de l'Ontario
et j'encourage vivement lesactivistes et
les membres du SEFPO de montrer leur soutien en assistant à un de ces événements
dans leur région.
Nous surveillons de près l'impact qu'aura le nouveau projet d'harmonisation de
la taxe de vente sur les centaines de membres du SEFPO qui travaillent àOshawa pour le ministère des Finances. Jusqu'à maintenant, on n'a pas garanti
la préservation de tous les emplois une fois que l'administration de la taxe de
vente au détail sera confiée au gouvernement fédéral, le 1er juillet
2010.
En plus de cela, les rassemblements comme celui que l'on prévoit de faire à
Oshawa représentent de parfaites occasions de démontrer que les travailleurs ne
se laisseront pas intimider par la perte d'emplois et par la réduction des
effectifs au sein du gouvernement. Le CTC prévoit d'autres activités dans le
sud de l'Ontario, notamment à St. Catharines, le 27 mai, et à Toronto, le 13
juin.
Les événements publics comme ceux que le CTC organise transmettent un message
retentissant à l'élite dirigeante. Ils laissent entendre que la main-d’œuvre ne
se laissera pas faire, que ce soit pour ce qui est de l'assurance-emploi, de la
rééducation professionnelle, de la protection des pensions, de la mise sur pied
de nouveaux services publics, de la mise en œuvre d'une stratégie industrielle
ou de la surveillance des taux d'intérêt appliqués sur les cartes de crédit des
banques.
Les entreprises
et le gouvernement ne doivent pas à eux seuls être autorisés à façonner le plan
de relance économique. La main-d’œuvre a sa place autour de la table… pour
autant que nous frappions assez fort à la porte.
En toute sollidarité,
Patty Rout
Première vice-présidente / Trésorière
|