Mémo à la ministre de la Santé : visitez un labo de santé aujourd'hui
8 octobre 2010
Les ministres sont des gens occupés (ou du moins, c'est ce qu'on
nous dit). Chaque jour, ils doivent prendre des décisions importantes,
rencontrer des intervenants et diriger le navire de leur portefeuille.
Et puis, il y a le côté irritant de leur travail : répondre aux
questions des membres de l'opposition à la l’Assemblée législative.
Plus tôt ce mois, le député provincial NPD Gilles Bisson
(Timmins-James Bay) s'est levé pendant une assemblée législative et s'est
renseigné auprès de la ministre de la Santé, Deb Matthews, sur la fermeture
potentielle du laboratoire médical provincial à Timmins. En effet, les
professionnels de la santé de toute la province s'inquiètent largement du fait
que l'Agence ontarienne de protection et de promotion de la santé (AOPPS)
envisage de réduire le nombre de laboratoires publics.
Voici, en partie, comment la ministre de la santé a répondu à
Bisson :
« Les gens à qui je parle, lorsqu'ils songent aux soins
de santé, ils songent à nos travailleurs de première ligne, ils pensent à
nos médecins, à nos infirmières, à nos préposés aux services de soutien à la
personne; ils pensent aux gens qui donnent les soins. » (traduction libre)
Que la ministre n’ait pas répondu directement à la question de
Bisson n’est pas surprenant. Mais qu'elle estime que les médecins et les
infirmières sont les seuls travailleurs de première ligne de notre système de
santé est inexcusable. Son apparente ignorance relativement aux travailleurs du
système dont elle est responsable nous a tout simplement ébahis.
Mémo à Deb Matthews : Visitez un laboratoire de santé
aujourd'hui même et rencontrez ceux et celles qui représentent le pivot de notre
système de prestation de soins de santé.
En visitant un laboratoire, elle apprendrait par exemple que les
technologues de laboratoire sont des travailleurs de première ligne partenaires
essentiels du processus de diagnostic. Plus de 80 pour cent de tous les
diagnostics sortent de ces laboratoires.
L'ignorance de la ministre relativement aux tâches qu'effectuent
les technologues de laboratoire pourrait s'expliquer par la tendance ignoble du
gouvernement provincial de réduire le nombre de laboratoires médicaux publics,
un phénomène qui a commencé sous le régime de Mike Harris, lorsque le secteur
privé s'est emparé d'une grande partie des tests de laboratoire effectués à
l'extérieur des hôpitaux.
Les inquiétudes ont redoublé lorsque le laboratoire de la santé
publique de Windsor a littéralement été démoli pour faire place à un nouveau
tronçon d'autoroute. Nous espérons que cette image graphique ne se transforme
pas en métaphore pour notre système public d'examens médicaux.
Tandis que la ministre de la santé se désintéresse commodément
du rôle vital que jouent les technologues de laboratoire, leur rôle – et le rôle
que jouent des douzaines d'autres professionnels de la santé – n'est pas oublié
au SEFPO.
Un exemple typique est le scrutin de représentation syndical
prochain à l’Hôpital Grand River de Kitchener. Dans les descriptions de l'unité
de négociation, la classification de technologue n'apparaissait pas pour les
laboratoires ou l'imagerie diagnostique. Lorsque le SEFPO a soulevé cette
question avec l'employeur, on nous a dit que pour l'Hôpital Grand River, ces
postes entraient dans la catégorie des « techniciens autorisés ».
Les techniciens et les technologues jouent tous des rôles
importants au sein d’un hôpital. Mais il y a une nette différence dans le
travail qu'effectue chaque groupe, en raison des études distinctes qui sont
requises pour ces postes et du fait que les technologues sont réglementés par un
Ordre.
C'est une question d'éducation. Lorsque des décideurs clés comme
la ministre de la santé ou des administrateurs d'hôpitaux refusent d'en
apprendre plus sur le travail important qu'effectuent leurs employés, alors
c'est aux travailleurs et à leur syndicat de combler les lacunes.
À cet égard, je serais personnellement heureuse d'accompagner
Deb Matthews dans le cadre d'une visite d'un laboratoire de santé d'un hôpital
de son choix, de façon à ce qu'elle puisse en apprendre un peu plus sur ces
travailleurs.
Solidairement,
Patty Rout
Première vice-présidente/trésorière
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