Surveillons bien les régimes de retraite
20 mars 2009
Si la déconfiture financière de l’année qui
vient de s’écouler nous à donné une leçon, cette dernière est que les régimes de
retraite – s’ils ne sont pas supervisés de très près et s’ils ne sont pas mis à
l’abri de la négligence des intérêts des sociétés – ils peuvent, trop souvent
malheureusement, réduire à néant tout rêve de retraite pour des dizaines de
milliers de familles de travailleurs.
Imaginez de contribuer pendant toute une vie
à un régime de retraite que vous espériez vous assurerait d’avoir un revenu au
cours de vos années de retraite seulement pour découvrir qu’il n’y a plus rien
dans la tirelire parce que ce que vous pensiez être un plan « garanti » a été
mal géré par des soi-disant gérants financiers et investisseurs à Wall Street ou
à Bay Street.
Cependant, c’est bel et bien la dure réalité
à laquelle doivent faire face trop de retraités aujourd’hui au Canada comme
ailleurs partout dans le monde. La période de leur vie qui aurait dû être un âge
d’or s’est avérée en fait n’être qu’un tas de rouille car tous ces retraités ont
été traités comme des pions dans un jeu mené par des profiteurs qui ne voient
des intérêts que dans ce qui finit dans leurs portefeuille.
Ceci étant dit, j’ai eu le plaisir de
représenter le SEFPO devant le panel fédéral d’examen des pensions à Toronto le
20 mars, où j’ai partagé quelques idées sur la façon dont les syndicats peuvent
mieux protéger les intérêts de leurs membres notamment lorsqu’il s’agit de la
gestion des régimes de pension.
Tout en exprimant notre soutien pour un
examen approfondi des régimes de retraite au Canada j’ai mis en garde contre les
mesures rapides pour remédier aux problèmes qui pourraient être satisfaisantes
temporairement mais qui ne régleraient pas les problèmes pouvant ressurgir plus
tard et nous hanter dans l’avenir.
Oui, nous sommes pris dans les turbulences
d’un tsunami financier au niveau des marchés financiers mondiaux, mais ne
prenons pas cette situation pour excuse pour mettre sur pied des subterfuges à
court terme qui ne résisteront pas à l’épreuve du temps.
Pour cette raison et d’autres le SEFPO
soutient intégralement une discussion très ouverte entre les parrains des
régimes de pension et les membres de ces derniers, les syndicats et les
employeurs ainsi que les gouvernements provincial et fédéral. Dans cet esprit
nous sommes entièrement en faveur de l’idée de la tenue, plus tard cette année,
d’un sommet national sur les régimes de retraite.
J’ai affirmé devant le panel que nous devons
nous tenir à l’écart des mauvaises pratiques de gestion au sujet de nos régimes
de pensions. Ce n’est que de l’hypocrisie manifeste de la part des employeurs
qui se dispensent de faire des contributions durant les périodes économiques
fastes alors qu’ils s’empressent de plaider subitement la pauvreté quand il
s’agit de faire des contributions à des régimes de pensions définis lorsque
l’économie connaît des ralentissements.
Contrairement à de nombreux syndicats comme
le SEFPO qui de façon délibérée met de côté des fonds pour les périodes de
vaches maigres, il y a trop d’employeurs qui choisissent d’ignorer une stratégie
prudente d’investissement qui va permettre à leurs régimes de pensions de tirer
leur épingle du jeu durant les périodes fastes comme durant les périodes
difficiles.
Au SEFPO nous mettons en place des fonds de
prévoyance, pourquoi le secteur privé ne fait-il pas de même?
J’ai souligné que ce n’était pas le moment
d’abandonner les pensions aux avantages définis. Les coûts pour les employés
seront élevés pour ce qui est de la perte en avantages sociaux, mais les coûts
pour les gouvernements seront élevés aussi. Qui d’autre, sinon le gouvernement
va apporter son soutien au grand nombre de retraités qui ont à faire face au
risque de prendre leur retraite dans la pauvreté?
Le point final que j’ai abordé devant le
panel a été le suivant : les régimes de retraite définis fonctionnent. Mais ils
fonctionnent d’autant mieux qu’ils sont gérés de façon responsable. Cela
signifie que la transparence devrait être la règle. Laissons tomber les petits
caractères et exigeons une divulgation intégrale en ce qui concerne de savoir de
quelle façon sont gérés les régimes de pension. Le SEFPO soutien pleinement la
fiducie conjointe des régimes de retraite afin d’assurer une gestion responsable
et éthique.
Au fur et à mesure que nous nous efforçons de
sortir de la tempête économique qui secoue les marchés financiers internationaux
nous ne devons par perdre de vue de maintenir la stabilité de nos régimes de
pension. Au SEFPO nous avons toujours opté pour le côté d’une gestion saine et
éthique. Nous sommes confiants qu’une telle approche sera à l’avantage de nos
membres à long terme et assurera ainsi nos membres retraités d’un avenir sans
soucis à ce sujet.
En toute sollidarité,
Patty Rout
Première vice-présidente / Trésorière
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